Corsets anciens et crinolines volumineuses font leur retour, à en croire la collection printemps-été 2027 de Khaite. Le label prisé célébrait son dixième anniversaire avec un défilé organisé dans un entrepôt minimaliste du Brooklyn Navy Yard. Sur le morceau rageur Rid of Me de PJ Harvey, Kaia Gerber a ouvert le show dans une jupe midi en cuir, dotée d’un laçage façon corset dans le dos, et un soutien-gorge blanc sculptural. Sous des projecteurs spectaculaires, les mannequins ont défilé dans des robes d’inspiration ancienne, accessoirisées de ceintures à basque, et des vestes ajustées en cuir sculptural aux épaules pointues. Les crinolines déjà évoquées étaient elles aussi omniprésentes. Elles constituaient la base de presque toutes les pièces. Venise a également servi de point de départ à la collection, donnant lieu à un travail artisanal d’une grande finesse et à une célébration du rituel de l’habillage.

« En réalité, il ne s’agissait pas de la silhouette », a expliqué Catherine Holstein en coulisses après le défilé. « La silhouette n’est venue que plus tard. L’idée était de construire les vêtements de l’intérieur. » Holstein a présenté cette collection comme la plus personnelle qu’elle ait créée à ce jour. Elle s’est inspirée de sa propre quête stylistique après avoir eu des enfants. Malgré l’anniversaire imminent, cette étape n’a, selon elle, joué aucun rôle dans la conception. « Mon mari et moi nous sommes mariés à l’hôtel de ville », a-t-elle raconté. « Tout ce cérémonial autour des célébrations, ce n’est pas pour moi. J’aime assister aux fêtes des autres, mais je n’ai vraiment pas besoin d’en organiser pour moi, vous voyez ? »

Model walking the runway in a layered black outfit with sheer detail and flowing skirt. Model walking on the runway in a black oversized jacket and white dress, showcasing a fashion design.

La Big Skirt Energy battait son plein. Des volants sculpturaux côtoyaient des ourlets froncés et d’amples jupes inspirées des années 50. Les robes nuisettes à l’esprit nineties ont été réinterprétées, tandis que les jupes midi révélaient des détails de corseterie ajourés. Les codes d’une féminité sombre ont été détournés. Les signatures de Khaite, à l’image des vestes en cuir oversize, ont été retravaillées, rehaussées, raccourcies et affinées. Les épaules pointues sont apparues lors de récents essayages. La taille basse des années 20, dont les podiums ne semblent pas se lasser, s’est elle aussi déclinée dans une version typiquement Khaite. Holstein a également cité les années 40 parmi ses principales sources d’inspiration. L’association de cheveux ébouriffés et de coiffures bouffantes punk avec des jeux de transparence, des silhouettes victoriennes et des crinolines sous des mini-robes portait indéniablement la griffe Khaite. Une proposition éditoriale mais portable, avec juste ce qu’il faut d’étrangeté.

« Mon mari et moi avons passé beaucoup de temps à Venise », a expliqué Holstein. « Nous séjournions toujours au Gritti Palace. Un jour, je buvais un martini au Gritti en regardant le plafond. » De là sont nées les broderies artisanales très détaillées représentant des fleurs et des chevaux. « Je voulais ajouter tous ces détails particuliers que l’on ne remarque même pas au premier regard. Mais dès que l’on ouvre les vêtements, on constate que tout a été fini à la main. » Les ornements floraux tricotés à la main ont eux aussi été assemblés manuellement. Les dentelles complexes ont toutes été réalisées sur mesure. Quant aux éléments de corseterie inattendus, placés par exemple au dos des jupes, ils ont dominé le podium.

Model walking down the runway wearing a stylish outfit with a layered blouse and patterned skirt. Model walking the runway in a black leather cropped jacket and long black skirt with ruffled hem, under dramatic lighting.

Le plus surprenant ? « La crinoline a été très importante pour nous cette saison », a ajouté Holstein. « À quoi ressemblerait la crinoline moderne aujourd’hui si elle existait encore ? » La créatrice l’a intégrée à des ceintures à basque et superposée en plusieurs couches dans les robes. « Je crois que mon équipe ne veut plus jamais entendre le mot “crinoline” », a-t-elle plaisanté.

Model walking down the runway wearing a brown top and white skirt, showcasing a fashion design in a dimly lit venue.

Ce n’est pas un hasard si le label s’est constitué une fidèle communauté en dix ans d’existence. Des sacs en cuir luxueux à la célèbre brassière en maille, en passant par tout ce qui se trouve entre les deux, l’esthétique et les récits de Khaite continuent de fasciner. Si quelqu’un peut convaincre toutes les fashion girls new-yorkaises de porter des crinolines, c’est bien Holstein.

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