On a épluché l’agenda culturel belge pour ne garder que le plus percutant, viscéral, impertinent. De Bruxelles à Anvers, en passant par le Grand-Hornu et Gand, voici les sept rendez-vous culturels où il faudra absolument poser les yeux cet automne.


1. Harry Potter™ : L’Exposition | Brussels Expo

Avis aux Moldus qui n’ont jamais digéré l’absence de lettre pour Poudlard. Après avoir parcouru plusieurs villes à travers le monde, Harry Potter™ : L’Exposition pose ses malles à Brussels Expo avec costumes et accessoires authentiques des films, décors inspirés des lieux emblématiques de la saga et une bonne dose d’interactivité. On choisit sa maison, sa baguette et son Patronus avant de préparer des potions, lancer des sorts, tester son adresse au Quidditch ou s’aventurer du côté de la cabane de Hagrid et de la serre d’Herbologie. Une expo pensée autant pour les fans qui connaissent les huit films par cœur que pour une sortie avec les kids.



Quand ? Ouverte depuis le 16 juillet, elle reste à Brussels Expo jusqu’au 8 novembre 2026.



2. Les Trésors de Toutânkhamon | DIVE, Anvers


Avec Les Trésors de Toutânkhamon, DIVE retrace l’histoire du plus célèbre des pharaons dans un parcours qui mélange archéologie, projections 360 degrés et technologies immersives. On y suit le jeune Toutânkhamon depuis son accession au trône jusqu’aux rites entourant son passage vers l’au-delà, avant de prolonger l’expérience avec une séquence en VR d’une douzaine de minutes. Plus qu’une exposition archéologique classique, le dispositif mise sur la narration et l’image pour rendre l’Égypte ancienne accessible à tous, kids compris.

Quand ? Ouvert depuis le 23 mai 2026, elle reste au DIVE jusqu’au 30 septembre 2026.

03. Ali Cherri, Soul Witness | WIELS, Bruxelles

Si vous ne deviez bloquer qu’une seule expo c’est celle-ci. Le Libanais Ali Cherri, Lion d’argent à la Biennale de Venise en 2022, investit le WIELS en réunissant pour la toute première fois ses pièces maîtresses. À travers sculptures hybrides, aquarelles, installations et vidéos, il démonte méthodiquement les mécaniques d’État, la propagande militaire et cette fâcheuse manie qu’ont les musées d’écrire l’Histoire à la place des vaincus.

Le détail qui tue ? Cherri est obnubilé par la boue, ce matériau biblique, archaïque et précaire qui s’effrite sous le doigt. Dans l’exposition, il télescope cette terre crue avec du bronze et du marbre impériaux pour inverser violemment les hiérarchies de pouvoir. L’occasion d’y découvrir aussi en première européenne son tout nouveau film, The Sentinel (2026). On y suit une jeune recrue de l’armée française, prise en étau entre la routine martiale de la caserne et des pérégrinations nocturnes qui font vaciller son appartenance à l’ordre militaire.

Quand ? Du 5 septembre 2026 au 3 janvier 2027 (Vernissage gratuit le jeudi 4 septembre)

4. Anne Teresa De Keersmaeker & Steven Fillet, Belle Île | MACS, Grand-Hornu

Prenez la papesse de la danse contemporaine flamande, un peintre obsédé par le paysage, plantez-les sur une falaise bretonne balayée par les vents de l’Atlantique, et donnez-leur une toile gigantesque de 5 mètres sur 20. Vous obtenez l’expérience la plus hybride et radicale de la saison. À l’automne 2024, Anne Teresa De Keersmaeker et Steven Fillet sont sortis de l’atelier pour dérouler 100 mètres carrés de tissu blanc au bord du vide à Belle-Île-en-Mer. Résultat ? Une œuvre totale où le trait est directement dicté par le souffle du vent, le choc des vagues et le piétinement de la danse.

Bref, ni de la peinture exposée, ni de la danse de théâtre, plutôt une matérialisation physique des éléments. Et l’architecture industrielle du Grand-Hornu offre un cadre assez dément à cette tempête.

Quand ? Du 6 septembre au 1er novembre 2026 (Vernissage & performance le samedi 5 septembre dès 18h)

5. Graciela Iturbide, Eyes to Fly With | FOMU, Anvers

 

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Attention, monument. Le FOMU frappe un grand coup en signant la première rétrospective majeure en Belgique consacrée à Graciela Iturbide, immense figure de la photographie mexicaine. On pense à sa célèbre Nuestra Señora de las Iguanas, cette femme fière portant une couronne d’iguanes vivants sur la tête. Élève du maître Manuel Álvarez Bravo, Iturbide sillonne depuis cinquante ans son Mexique natal, du désert de Sonora aux communautés matriarcales de Juchitán, capturant le rituel, la mort, l’identité et le sacré. De la très grande photographie humaniste, brute et poétique.

Quand ? Dès le 17 septembre 2026

6. Léonard Pongo, Dialogue with the Source | FOMU, Anvers

 

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Toujours au FOMU, changement de cap avec Léonard Pongo. Depuis près de dix ans, cet artiste belgo-congolais parcourt la République démocratique du Congo en posant une question presque mystique : et si au lieu de bêtement capturer la terre en photo, on se mettait enfin à l’écouter ? Pongo abandonne la posture du reporter traditionnel pour construire une expérience immersive.

Adieu toiles encadrées sur murs blancs. Son installation combine impressions textiles monumentales, projections vidéo, paysages sonores et textures organiques. Au passage, jetez aussi un œil à l’exposition de la jeune artiste Lola Pertsowsky (In the Mother Tongue) inaugurée au même étage, qui dissèque nos liens avec les plantes et objets du quotidien.

Quand ? Dès le 17 septembre 2026

7. M.C. Escher Beyond Infinity | Tour & Taxis, Bruxelles

Des escaliers qui ne mènent nulle part, des architectures impossibles et des images qui semblent défier les lois de la logique : l’univers de M.C. Escher débarque à Bruxelles dans une exposition réunissant plus de 150 œuvres originales. Le parcours retrace toute la carrière de l’artiste néerlandais, de ses premiers paysages italiens à ses célèbres métamorphoses, tessellations et jeux de perspective. Mais plutôt que de simplement aligner ses œuvres les plus connues, Beyond Infinity explore ce qui rend Escher toujours aussi fascinant aujourd’hui : sa manière de faire dialoguer art, mathématiques, illusion et perception. Pensée spécialement pour Bruxelles, l’exposition mise aussi sur une scénographie immersive pour plonger le visiteur dans ces images où l’œil comprend une chose pendant que le cerveau en affirme une autre. Une rétrospective à la fois accessible, ludique et suffisamment vertigineuse pour donner envie de regarder deux fois.

8. Reinventing Photography | Hangar, Bruxelles

2026 marque officiellement le bicentenaire de la photographie (en référence au premier cliché fixé par Nicéphore Niépce en 1826). Mais plutôt que d’empiler les tirages sépia, le Hangar prend le problème à revers. Associé au Centre national des arts plastiques français (Cnap), le centre d’art du Châtelain orchestre un choc frontal : d’un côté, une commande publique prestigieuse d’artistes confirmés ; de l’autre, la jeune garde dénichée via un appel à projets international.

Le fond du sujet : à une époque où l’intelligence artificielle génère des millions d’images à la seconde et où le moindre selfie subit douze filtres, que reste-t-il du « réel » ? L’exposition explore les nouveaux territoires du médium : impressions 3D, bugs numériques, réappropriations d’archives et procédés chimiques hybrides. Bref, un propos brûlant d’actualité.

Quand ? Du 18 septembre au 20 décembre 2026 (Vernissage le 17 septembre)

9. Meg Stuart, Ricochet Days | S.M.A.K., Gand

Si vous aimez les parcours fléchés, fuyez. Pendant sept semaines, la chorégraphe américaine icône des scènes belges Meg Stuart et sa compagnie Damaged Goods opèrent un véritable coup d’État artistique au S.M.A.K. Le mot « exposition » y est d’ailleurs totalement obsolète : la Grande Salle 1 du musée se transforme en squat d’expérimentation vivante réunissant plasticiens, cinéastes, musiciens et performers. D’ailleurs, c’est bien simple, l’expo change tous les jours. Vous pouvez y retourner trois fois et voir trois propositions artistiques totalement différentes.

Quand ? Du 21 septembre au 7 novembre 2026

10. Anita Molinero | BPS22, Charleroi

Courtesy Galerie Christophe Gaillard © Aurélien Mole

À 73 ans, Anita Molinero n’a rien perdu de son goût pour la casse. Figure majeure de la sculpture contemporaine française, l’artiste travaille à partir d’objets manufacturés récupérés puis malmenés jusqu’à devenir presque méconnaissables. Plastique chauffé, matière brûlée, tordue, lacérée ou compressée : chez elle, la sculpture naît autant de la destruction que du modelage. Derrière cette esthétique volontiers punk se dessine surtout une réflexion très actuelle sur nos sociétés saturées d’objets, la surproduction et l’épuisement des ressources. Pour sa première grande exposition en Belgique, le BPS22 lui consacre un vaste projet comprenant plusieurs œuvres inédites, réalisées notamment à partir de matériaux collectés dans la région de Charleroi.

Quand ? Du 26 septembre 2026 au 3 janvier 2027