Sur TikTok, ils sont partout : ces petits filtres à visser sur le pommeau de douche qui passent du blanc immaculé au noir charbonneux en quelques mois d’utilisation. Une preuve visuelle, et plutôt parlante, que l’eau qui sort de notre robinet est loin d’être aussi neutre qu’on l’imagine. Vendus comme la solution pour une peau plus douce et des cheveux plus brillants, ils séduisent autant les beautystas que les jeunes mamans soucieuses d’épargner la peau fragile de leur bébé. Mais derrière la promesse, le filtre de douche tient-il vraiment ses engagements ?
Comment fonctionnent ces pommeaux nouvelle génération ?
Jusqu’ici, les pommeaux à billes, qui ciblaient principalement le calcaire, avaient la cote. Mais la nouvelle vague de filtres voit beaucoup plus large. « Le problème ne se limite pas au calcaire. Le chlore et les métaux lourds jouent aussi un rôle important dans l’agression de la peau et des cheveux », explique à « 20 Minutes » Jules Gerbi, fondateur de la marque Seoni. Concrètement, ces pommeaux combinent une micro-membrane et du calcium de sulfite, qui permettent de réduire le chlore, de neutraliser les métaux lourds et d’adoucir l’eau. Certaines marques vont même plus loin avec un système à double filtration, « deux barrières successives, pour maximiser l’efficacité », précise l’entrepreneur.
L’eau de la douche, ennemie silencieuse de la peau et des cheveux ?
« On sous-estime énormément l’impact de l’ eau sous la douche. Au quotidien, la peau et les cheveux sont exposés au chlore, au calcaire et aux métaux lourds », alerte Jules Gerbi. Selon lui, ces éléments « agressent la barrière cutanée, fragilisent la fibre capillaire et participent à la déshydratation ». Un discours qui résonne particulièrement chez les peaux sensibles, sujettes aux tiraillements et aux démangeaisons après la douche, comme chez celles et ceux qui voient leurs cheveux ternir au fil des lavages.
Le verdict de la dermatologue : utile, mais pas miraculeux
Bonne nouvelle pour les beautystas : la promesse n’est pas qu’un coup de marketing. « Je pense qu’une douche avec une eau bien filtrée peut être bénéfique pour la peau et les cheveux », confirme la dermatologue Martine Baspeyras, présidente de la Société Française d’Esthétique en Dermatologie. Moins bonne nouvelle : il ne faut pas s’attendre à une métamorphose. Les bienfaits restent « en surface, sans faire de miracles », nuance-t-elle. Pour espérer une vraie différence sur le long terme, le filtre seul ne suffira pas : il devra s’accompagner d’« une bonne routine et d’une hygiène de vie correcte ». En résumé, un coup de pouce notable, mais pas de quoi reléguer au placard votre crème hydratante ou votre masque capillaire.