C’est un chapitre inédit que Louis Vuitton a ouvert fin août 2025, en lançant officiellement sa toute première collection de maquillage. Baptisée simplement La Beauté Louis Vuitton, la ligne fait entrer la Maison dans un secteur déjà très concurrentiel avec, fidèle à son style, une proposition radicalement luxueuse. Et un détail qui ne passe pas inaperçu : ses rouges à lèvres deviennent d’un coup les plus chers du marché.

Au cœur du projet, une figure qui n’a rien d’anodin. La direction artistique a été confiée à dame Pat McGrath, grande prêtresse de la couleur et des textures haute-performance, dont les collaborations backstage avec la Maison ne datent pas d’hier. Forte de ses 30 ans d’influence dans l’univers beauté et mode, McGrath insuffle ici une vision qui conjugue performance et audace.

© presse Louis Vuitton

55 rouges à lèvres, 55 déclarations

Le produit phare ? Une gamme de 55 rouges à lèvres, clin d’œil discret aux initiales «LV» en chiffres romains. Les nuances s’organisent en deux familles : creamy satin (27 teintes) pour un fini lumineux, et velvet matte (28 teintes) pour un résultat plus intense. Les formules, à 85 % composées de base soin, intègrent du beurre de karité, de l’acide hyaluronique et des extraits de fleurs signature comme le mimosa, la rose et le jasmin. La promesse est claire : hydratation jusqu’à 12h et tenue de la couleur pendant 8h.

Mais l’innovation ne s’arrête pas là. Pour la première fois chez Louis Vuitton, le parfum s’invite dans le maquillage. Chaque rouge à lèvres est infusé d’une signature olfactive conçue par Jacques Cavallier Belletrud, maître parfumeur de la Maison.

Les ombres et les baumes

La collection comprend aussi huit palettes de fards à paupières, les LV ombres, composées chacune de trois teintes faciles à porter et d’une quatrième, plus audacieuse. Les finis vont du mat profond au scintillant irisé, avec des formules enrichies en pigments purs, squalane végétal et extrait d’huile de caméline pour un rendu seconde peau. On retient notamment les harmonies Monogram rouge, Nude mirage ou Beige memento, qui traduisent la volonté d’ancrer le maquillage dans l’héritage de la Maison.

Du côté des baumes, dix teintes translucides prolongent le geste maquillage dans une version plus discrète et nourrissante. Ici aussi, le soin prime : 48h d’hydratation, fini flouté et confort maximal.

Objets du désir, prix très discutés

Tous les produits ont été pensés comme des objets à collectionner. Le designer industriel Konstantin Grcic a conçu des écrins en aluminium et laiton, rechargeables, avec une esthétique sobre mais immédiatement reconnaissable : anneau doré inspiré des malles Louis Vuitton, fermoir inspiré de la fleur iconique, raisin monogrammé, gravure de la teinte. Des détails qui contribuent à en faire des pièces quasi-bijou.

Mais cette ambition esthétique a un prix. Le rouge à lèvres complet est affiché à 140 €, les recharges à 60 €, les palettes à 220 € (recharge : 80 €). Des tarifs qui suscitent déjà des réactions, même dans un univers habitué au luxe. Certaines voix s’interrogent sur la frontière entre excellence artisanale et élitisme esthétique. Sans chercher à s’expliquer, la Maison semble assumer pleinement ce positionnement hors norme.

La beauté, toujours liée au voyage

Comme un écho à son passé de malletier, Louis Vuitton accompagne cette collection d’accessoires : une malle coiffeuse en édition ultra-limitée, hommage aux pièces créées dans les années 1920 pour des artistes comme la soprano Marthe Chenal ou le compositeur Jan Paderewski, ainsi qu’une série d’étuis miniatures en toile monogram pour pinceaux, papiers matifiants et rouges à lèvres. Trois pochettes exclusives (Monogram rouge, Rouge louis, Tender bliss) viennent compléter cette offre beauté qui s’étend aussi à la maroquinerie.

Avec ce lancement, Louis Vuitton ne cherche pas à séduire le plus grand nombre. La beauté LV s’adresse aux fidèles de la Maison, à celles et ceux pour qui le maquillage est un prolongement du geste couture, du voyage, du patrimoine et de la transmission. Chaque objet est pensé pour durer, être rechargé, gardé, transmis.

Que l’on adhère ou pas à son prix, l’ambition est claire : faire du maquillage une discipline à part entière dans l’univers créatif de la Maison.