Une nouvelle étude américaine a tenté de mesurer le temps qu’il faut pour que le lien affectif avec un.e ex s’efface vraiment. Alors, combien de temps pour oublier son ex ?

Il y a les séparations éclaires, les cassures nettes, les ruptures qu’on croit digérées après trois verres et une playlist de Ben Mazué. Et puis il y a les autres. Celles dont on se remet lentement, comme une forme de deuil en pointillés, où l’on croit aller mieux jusqu’à ce que son prénom surgisse dans une conversation, qu’une chanson vienne raviver un souvenir, ou qu’un message s’affiche, des mois plus tard, sur l’écran. Combien de temps met-on réellement à tourner la page d’une histoire d’amour ? Une nouvelle étude apporte une réponse chiffrée à ce drame que l’on a tous.tes vécu un jour ou l’autre.

4,18 ans pour se sentir à moitié détaché.e

Menée par les psychologues Jia Y. Chong et R. Chris Fraley de l’Université de l’Illinois, l’étude s’est intéressée à la stabilité émotionnelle des liens affectifs après une rupture. Le chiffre-clé ? En moyenne, il faudrait 4,18 années pour que l’attachement émotionnel envers un.e ex soit… à moitié dissout. Oui, vous avez bien lu. Pas tout à fait oublié.e, juste moins douloureux·se.

Et pour que le lien disparaisse complètement ? Huit ans. C’est le temps moyen estimé pour que l’ex ne soit plus qu’un souvenir flou, équivalent émotionnel d’un.e inconnu.e croisé.e en rue. Une éternité, donc. Avec bien sûr, de fortes fluctuations d’une personne à l’autre. Certain.ees y parviennent en quelques mois. D’autres ne s’en remettent jamais tout à fait.

Les ex peuvent-ils ou elles devenir des inconnu.es comme les autres ?

L’étude est rigoureuse. Les 328 participant.es interrogé.es, âgé.es en moyenne d’une trentaine d’années, avaient tous.tes vécu une relation de minimum deux ans, et terminée depuis au moins quelques mois. À l’aide de plusieurs questionnaires, les chercheur.ses ont mesuré l’intensité de l’attachement émotionnel, en comparant les sentiments envers l’ex à ceux éprouvés pour un.e parfait.e inconnu.e.

Résultat : le lien émotionnel avec l’ex finit, statistiquement, par se dissoudre. Bonne nouvelle pour les cœurs brisé.es : le temps, même long, fait bien son œuvre. Moins bon pour celles et ceux qui espéraient que retomber amoureux.se d’une autre personne suffirait à tout effacer.

Nouvelle relation, même nostalgie

L’un des enseignements les plus frappants de cette étude, c’est que démarrer une nouvelle relation n’accélère pas forcément le processus de détachement. Le fait d’avoir retrouvé quelqu’un.e ne semble donc pas jouer un rôle déterminant dans la durée de l’oubli.

Le vrai facteur-clé est le contact prolongé avec l’ex. Continuer de se parler, se voir ou même se suivre sur les réseaux sont autant de manières de garder le lien artificiellement vivant, ce qui empêche la relation de cicatricer. L’autre facteur déterminant ? Le style d’attachement. Les personnes dites “anxieuses” – celles qui ont peur d’être rejetées ou abandonnées – mettent plus de temps à tourner la page que celles au profil plus détaché.

Et les enfants dans tout ça ? Paradoxalement, avoir eu des enfants ensemble renforce le lien émotionnel initial… mais accélère aussi son extinction. Peut-être parce que la réalité logistique du co-parenting tue progressivement les restes de passion. Ou que les liens se transforment plus rapidement en partenariat fonctionnel qu’en nostalgie romantique.

Faut-il forcément « oublier » son ex ?

Ce que montre aussi cette étude, c’est que le détachement n’est pas une ligne droite. Certain.es resteront attaché.es pendant dix ans, d’autres deviendront ami.es, d’autres encore n’éprouveront plus rien dès les premières semaines. Et c’est ok.

On peut continuer à ressentir des choses, sans que cela signifie une incapacité à passer à autre chose. On peut pleurer quelqu’un tout en étant heureux.se dans une nouvelle relation. Et surtout, on peut décider que certains ex ne sont pas à « oublier » mais à intégrer autrement dans sa vie, comme un chapitre qui compte, même s’il est clos.

Bref, ce que cette étude nous rappelle, c’est qu’il n’y a pas de date limite pour cesser d’aimer, de se souvenir, de se demander ce qui aurait pu être. Et qu’on peut avancer même sans avoir tout laissé derrière. Inutile de culpabiliser donc si vous pensez encore à votre ex deux ans après la rupture. Oui, vous avez le droit de ressentir encore des choses. Et surtout, vous n’êtes visiblement pas seul.e.