On peut le dire, il y a quelque chose de jubilatoire à voir les codes du luxe se faire bousculer par la rue, le cuir et l’asphalte. Jusqu’ici, l’or noir était réservé aux initiés de la scène gothique-chic ou aux créateurs d’avant-garde. Alors quand Rihanna débarque à Paris pour le Gala des Pièces Jaunes dans un total look cuir, parée de diamants montés sur des structures couleur nuit, le message est clair : la tendance bijoux n’est plus qu’à l’éclat solaire, mais aussi au mystère.
C’est quoi, au juste, l’or noir ?
Tout simplement une petite prouesse d’alchimiste urbain. Techniquement, il s’agit d’une base d’or blanc (ou gris) 18 carats, que l’on vient napper d’un traitement de surface : le ruthénium ou le rhodium noir. Résultat ? Un gris anthracite profond, un noir bitume ou un brun “espresso” qui ne brille pas par sa clarté, mais par son intensité.
Contrairement à l’or jaune qui cherche la lumière, l’or noir la capture. Il offre un contraste magnétique aux diamants blancs qui, sur ce fond ténébreux, semblent flotter dans le vide avec une pureté presque agressive.
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Pourquoi on craque
L’or jaune, c’est rassurant. C’est le luxe de nos mères. L’or noir, lui, a un goût de bitume, de club privé et de liberté. Il est anti-mièvre. C’est la pièce que l’on porte avec un jean brut et une veste oversize, ou pour casser le côté trop “demoiselle” d’une robe de soirée. En 2026, le chic ne réside plus dans le fait de montrer son compte en banque au bout de son doigt, mais dans la capacité à porter de la haute joaillerie comme si c’était un accessoire de mode expérimental. C’est le luxe qui ne se prend pas au sérieux, mais qui fait un max d’effet.
Les maîtres du côté obscur
Si Repossi (dont Rihanna et Kim Kardashian sont les ambassadrices officieuses) mène la danse avec sa ligne Serti sur Vide ou ses ear cuffs en or noir qui semblent tatoués sur l’oreille, d’autres maisons ont déjà embrassé la tendance.
Parmi elles, Boucheron. Sa collection Quatre Black Edition est sans doute le classique du genre. Le mélange du motif clou de Paris en PVD noir avec l’or blanc est la quintessence du chic rock-minimaliste. Il y a aussi Messika, qui décline de plus en plus ses lignes iconiques (comme la Move) en titane noir ou en or rhodié sombre pour une allure unisexe et ultra-contemporaine.
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Spinelli Kilcollin est quant à lui le chouchou des concept-stores de Los Angeles à Anvers. Leurs anneaux liés utilisent souvent le rhodium noir pour donner ce côté “indus” qui matche si bien avec les diamants. La créatrice new-yorkaise Eva Fehren a fait de l’or gris et des finitions sombres sa signature. Pour une version plus poétique et méditerranéenne du noir, où les diamants semblent incrustés dans du charbon précieux, il y a Yannis Sergakis.
Verdict
Alors, l’or jaune est-il fini ? Bien sûr que non. Les classiques ne meurent jamais, ils prennent juste une pause. Mais pour celles qui veulent sortir du cadre, l’or noir est la petite révolution esthétique qui nous rappelle que, même en joaillerie, c’est dans l’obscurité que l’on brille le mieux. Alors, prête à passer du côté obscur de la force ?
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