La mode belge s’invite une nouvelle fois sur la scène internationale. La créatrice anversoise Julie Kegels fait partie des vingt demi-finalistes du LVMH Prize 2026, un programme de détection de talents devenu, au fil des éditions, un véritable accélérateur de carrière. Cette short list agit souvent comme un passage obligé vers les investisseurs, les acheteurs internationaux et la presse mondiale.

Qu’est-ce que le LVMH prize?

Créé en 2013, le LVMH Prize for Young Fashion Designers s’adresse aux créateurs émergents à la tête de leur propre label. Chaque année, un jury international sélectionne vingt demi-finalistes parmi plusieurs milliers de candidatures. Ces derniers présentent leurs collections pendant la Fashion Week de Paris. Huit finalistes sont ensuite retenus, avant l’attribution de trois prix.

La récompense principale s’élève à 400 000 euros, assortis d’un an de mentorat intensif par les équipes du groupe LVMH. Deux autres prix de 200 000 euros saluent la créativité et le savoir-faire. Au-delà de l’enveloppe financière, le programme ouvre surtout l’accès à une expertise stratégique rare : production, distribution, développement et structuration d’un label à l’échelle internationale.

Un tremplin vers une reconnaissance mondiale

En une décennie, le LVMH Prize s’est imposé comme l’un des dispositifs les plus influents de l’industrie. Être sélectionné suffit souvent à conférer une crédibilité immédiate sur un marché saturé et ultra-concurrentiel. Pour les jeunes marques, cette visibilité peut faire la différence entre stagnation et véritable croissance.

Les anciens lauréats en témoignent. Marine Serre a bâti une esthétique hybride immédiatement reconnaissable, Thebe Magugu s’est imposé comme une voix incontournable sur les podiums internationaux, tandis que Nensi Dojaka a rapidement séduit par ses silhouettes sensuelles et précises. Le dernier lauréat en date, Soshi Otsuki, a été récompensé en 2025.

Qui est Julie Kegels?

Julie Kegels incarne cette nouvelle génération de créateurs belges capables d’émerger dans une industrie sous pression constante. Elle lance son label éponyme en 2024, peu après sa sortie de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, et s’impose presque immédiatement à Paris.

Julie Kegels SS26 - Launchmetrics Spotlight

Julie Kegels SS26 – Launchmetrics Spotlight

Son travail repose sur une approche très construite, nourrie par la recherche. Les pièces semblent souvent issues de mondes opposés : chic et sportswear, rigueur classique et détails inattendus. Une tension maîtrisée qui attire, saison après saison, un public de plus en plus large. Lors de son défilé printemps-été 2026, la présence de Rosalía au premier rang n’est pas passée inaperçue.

Julie Kegels LVMH Prize paris défilé

Julie Kegels SS26 - Launchmetrics Spotlight

Julie Kegels paris SS26

Julie Kegels SS26 - Launchmetrics Spotlight

Avant de fonder sa propre marque, la créatrice a affiné son sens de la coupe et de la construction chez Alaïa. Une influence perceptible dans l’exigence des finitions, contrebalancée par une dimension parfois légèrement surréaliste. L’élégance bourgeoise qu’elle convoque est régulièrement bousculée par des éléments plus bruts, presque rebelles.

Julie Kegels SS26 défilé paris SS26

Julie Kegels SS26 - Launchmetrics Spotlight

Julie Kegels SS26 défilé paris

Julie Kegels SS26 - Launchmetrics Spotlight

Julie Kegels SS26 runway paris

Julie Kegels SS26 - Launchmetrics Spotlight

Sur le plan de la production, Julie Kegels privilégie les ateliers locaux en Belgique. Elle défend une vision de la durabilité qui n’entrave pas la créativité, mais qui impose un rythme de croissance réfléchi. L’identité prime sur la vitesse.

En 2025, elle a été sacrée Emerging Talent of the Year aux Belgian Fashion Awards. Une distinction qui a renforcé sa visibilité au-delà des frontières et ouvert la voie à des plateformes internationales comme le LVMH Prize.

Une sélection à portée internationale

Être retenue parmi les vingt demi-finalistes est en soi un signal fort. Plus de 2 000 candidats sont évalués chaque année, pour une sélection finale représentant dix-sept pays. La présence de Julie Kegels dans cette liste confirme que son travail dépasse le cadre local et s’inscrit pleinement dans une conversation mondiale.

Pour la Belgique, cette reconnaissance reste rare à ce stade de la compétition. Elle souligne la capacité du label à rivaliser avec les propositions les plus pointues de la scène internationale.

Les vingt demi-finalistes présenteront leurs collections début mars, durant la Fashion Week de Paris, à La Samaritaine. Le jury désignera ensuite huit finalistes. Les lauréats seront annoncés en septembre. La liste complète des designers sélectionnés est disponible en ligne.