Si vous pensiez que Zara s’était calmée après ses œillades appuyées au luxe (coucou Stefano Pilati et le clan Meisel), détrompez-vous. La bombe vient de tomber ce mardi 17 mars : John Galliano débarque chez le géant espagnol pour un bail de deux ans.

Le créateur aussi clivant que magnétique va pimper nos futurs passages en cabine. Pas pour une simple collection capsule, mais pour un véritable « partenariat artistique ». Pour cela, Galliano a pour mission de plonger ses mains de maître dans les archives récentes de Zara pour les « déconstruire et les reconfigurer ». En clair : prendre le prêt-à-porter de masse, le fragmenter, et le recréer avec un œil haute couture. Un recyclage de luxe, un re-authoring textile qui promet de rendre le banal absolument divin.

L’acte III de l’Enfant Terrible

Après son départ de chez Maison Margiela en 2024 et son dernier show Artisanal qui avait cassé l’internet, John Galliano s’était fait discret. Des marches en forêt sans iPhone, des errances dans les musées… Une détox digitale pour mieux préparer ce que le couturier de 65 ans appelle son « troisième acte ».

L’apercevoir au premier rang du défilé Dior haute couture de Jonathan Anderson en janvier dernier sonnait déjà comme une prémonition. On sentait que le manège allait repartir. Mais le voir atterrir chez Zara ? Une manœuvre stratégique signée Marta Ortega Pérez. La présidente d’Inditex confirme une fois de plus son flair pour les alliances inattendues.

 

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Rendez-vous en septembre ?

Au-delà du prestige, c’est le défi technique qui interroge. Galliano possède cette capacité à insuffler de la théâtralité là où on ne l’attend pas, et s’attaquer à une plateforme globale comme Zara est un exercice de style titanesque. « Proposer la mode à une telle échelle, c’est grisant », confie le créateur. Pour le public, c’est surtout l’opportunité d’accéder à l’écriture visuelle de Galliano sans devoir franchir les portes de la haute couture.

Tout se trame actuellement dans la discrétion d’un atelier parisien. Les premières silhouettes, attendues pour septembre 2026, lèveront le voile sur cette relecture des archives. Reste à voir comment la patte du couturier survivra à la production à grande échelle.

Le mot de la fin ? Il revient à John : « On dit que le troisième acte d’une vie est le plus important… et peut-être aussi le plus amusant. » La réponse en boutique, cet automne.