Dormir dans un bâtiment qui a traversé plus d’un siècle, s’offrir un spa parmi les plus impressionnants de la ville, dîner à une nouvelle table italienne signée par un grand chef… Et si le Corinthia Londres était moins un hôtel de prestige qu’un art de vivre à part entière.

Inauguré en 1885 sous le nom de Metropole Hotel, il a d’abord accueilli une clientèle fortunée en quête de modernité. Plus tard, le bâtiment est devenu un centre de pouvoir, notamment pendant les deux guerres mondiales, utilisé comme bureaux gouvernementaux. En 2011, il retrouve enfin sa vocation hôtelière, après une rénovation qui respecte son caractère historique tout en l’adaptant aux exigences contemporaines.

On le sent dès l’entrée. Les volumes sont amples, les plafonds hauts, les colonnes imposantes. Les références victoriennes sont là, mais jamais figées. Ce n’est pas un décor de musée. Plutôt un lieu qui assume son âge, tout en parlant le langage du confort actuel. On circule dans ces espaces avec l’impression que les murs ont beaucoup à raconter, sans jamais l’imposer.

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Un emplacement privilégié

Whitehall Place d’un côté, la Tamise de l’autre. Trafalgar Square, Covent Garden et le South Bank à quelques minutes à pied. Difficile de mieux faire pour explorer Londres sans perdre de temps dans les transports. Ce qui surprend, en revanche, c’est le calme du quartier. À peine la porte franchie, l’agitation semble filtrée, comme mise à distance.

On peut passer la journée à arpenter les musées, longer la rivière, s’attarder dans les théâtres ou les librairies… et rentrer le soir dans un endroit qui ne donne jamais l’impression d’être un simple point de chute. Ici, le séjour commence vraiment quand on revient.

Le confort sans démonstration

Ce qui marque dans les chambres, c’est d’abord l’espace. Même les catégories les plus accessibles sont vastes pour Londres. Le décor mélange bois, textiles soignés, teintes apaisantes. Rien d’ostentatoire, mais une vraie sensation de qualité. Les salles de bain en marbre, souvent équipées de chauffage au sol, donnent le ton. La literie est irréprochable. Les peignoirs sont épais. Les détails font la différence sans appuyer l’effet.

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Dans les suites et les penthouses, on change d’échelle. Terrasses avec vue, volumes presque résidentiels, espaces pensés pour rester, travailler, recevoir. On s’y installe vite comme dans un appartement temporaire, avec cette impression rare d’avoir trouvé un équilibre entre hôtel et refuge personnel.

Le spa, le cœur battant du lieu

Le spa opéré est une destination en soi. Réparti sur plusieurs niveaux, il alterne bassins, saunas, espaces de repos et cabines de soins. On y vient pour récupérer après une journée de marche, pour s’offrir une vraie pause, ou simplement pour s’extraire du rythme de la ville.

Ce qui fonctionne particulièrement bien ici, c’est la manière dont le bien-être s’intègre au reste de l’hôtel. On peut passer d’un soin à un tea time dans un salon feutré, prolonger avec un cocktail au bar, s’attarder dans un lounge pour lire ou travailler. Le Corinthia cultive une élégance qui ne cherche jamais à impressionner. Il garde une forme de retenue, presque britannique, mais sans rigidité. C’est ce mélange qui le rend attachant.

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Mezzogiorno, le sud de l’italie s’invite à Westminster

Depuis novembre 2025, une nouvelle énergie traverse l’hôtel avec l’ouverture de Mezzogiorno, le restaurant imaginé par le chef Francesco Mazzei. Originaire de Calabre, il signe ici une cuisine résolument tournée vers le sud de l’Italie, généreuse, solaire, ancrée dans les produits et les traditions.

À la carte, l’Italie se décline sans filtre. Des pâtes fraîches, façonnées chaque jour, des recettes de famille, des classiques romains maîtrisés à la perfection. On y trouve aussi bien le crabe écossais accompagné d’une panzanella toscane que des tortelli au tartufo blanc, une Bistecca alla Fiorentina à partager ou encore un tiramisu au marsala qui assume pleinement son côté spectaculaire. La saison guide les assiettes, les produits parlent d’eux-mêmes, les saveurs sont franches.

La décoration prolonge cette idée de voyage. L’inspiration vient des palazzi baroques du sud de l’Italie. Couleurs terracotta, matières minérales, parquet, marbre, lustres en verre de Murano. L’ensemble crée une atmosphère chaleureuse, presque intime, loin de l’image parfois froide des grandes tables d’hôtel. Et c’est sans doute là que l’équilibre du Corinthia devient particulièrement intéressant. À l’élégance feutrée de l’hôtel répond désormais la convivialité méditerranéenne de cette nouvelle table.

Un hôtel pour séjourner ou pour vivre

Le Corinthia n’est pas seulement une adresse où dormir. C’est un lieu où l’on peut venir passer un après-midi au spa, un soir pour dîner, un moment pour boire un verre, même sans y loger. Il a cette capacité rare d’attirer une clientèle variée, sans perdre son identité.

Alors, est-ce encore un hôtel, ou déjà une destination dans la destination ? Peut-être les deux. Ce qui est sûr, c’est que dans ce coin discret de Westminster, le luxe prend une forme moins démonstrative. Celle qui consiste à prendre son temps, à soigner les détails, à savourer un repas, un bain chaud, un silence, une conversation. Finalement, à Londres, le vrai privilège n’est peut-être pas d’être au centre de tout, mais de savoir s’en extraire, juste quand il faut.

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