Surfer, c’est se concentrer entièrement sur les vagues, renforcer sa confiance et calmer ses pensées. Pour Joke Devreese, surfeuse et coach, le surf est avant tout une forme de thérapie. « En se connectant aux vagues et à sa respiration, on crée un espace pour s’observer, guérir et évoluer », raconte-t-elle.

La surf thérapie : comment ça marche ?

Pour Joke, le surf est un véritable mode de vie, une bouffée d’air pendant les tempêtes personnelles. Originaire d’Ostende, la mer a été son refuge dans les moments difficiles. Cette expérience l’a poussée à transmettre cette force aux autres. Avec North Sea Surf Sisters, elle a créé une communauté de femmes passionnées, tout en développant un coaching holistique qui mêle surf, yoga et bien-être global. « Le surf m’a appris à lâcher prise, à vivre l’instant présent et à apprivoiser mes peurs », confie-t-elle. « Ce n’est que plus tard que j’ai découvert qu’il existait une vraie discipline autour de la surf thérapie, avec des professionnels formés. C’est là que j’ai compris que je voulais partager tout ça. »

Née au début des années 2000 en Australie, Afrique du Sud ou Royaume-Uni, la surf thérapie combine les bienfaits apaisants de la nature sur le corps avec un accompagnement psychologique. Initialement dédiée aux jeunes en difficulté ou aux vétérans, elle s’adresse aujourd’hui à un public beaucoup plus large et commence même à être reconnue par le monde médical.

 

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La science valide-t-elle vraiment ces bienfaits ?

« La recherche en est encore à ses débuts, mais les résultats sont encourageants. Au Royaume-Uni ou en Australie, le surf est aujourd’hui reconnu comme une forme de “blue care”, c’est-à-dire un soin qui se pratique au contact de la mer. Des initiatives comme The Wave Project permettent même à des médecins de prescrire le surf comme thérapie aux jeunes. Les études montrent des améliorations notables sur l’humeur, le stress, la confiance en soi et la résilience. C’est cette combinaison d’effort physique, de connexion avec la nature et de plaisir qui crée un terrain idéal pour la santé mentale. »

Ce fameux “flow state”, c’est ce qui rend le surf thérapeutique ?

Oui, exactement. Le « flow state », c’est cet état de concentration totale où vous êtes complètement plongé dans ce que vous faites. Sur la vague, il n’y a plus que le moment présent qui compte. Si votre esprit s’égare, vous ratez la vague ou tombez. Cette concentration intense transforme le surf en une forme de méditation active. C’est ce qui aide à dénouer les blocages, à retrouver la concentration et une forme de calme intérieur.

Comment se passe une séance de surf coaching ?

On commence toujours par un échange pour faire le point sur votre état du moment, qu’il soit physique, émotionnel et mental. Pas besoin d’avoir un problème particulier, parfois c’est juste une émotion ou un souvenir qui remonte, et ça oriente la séance. Ensuite, on entre dans l’eau. Je guide les mouvements, l’attente de la bonne vague, puis la prise. On finit par un temps de réflexion et de respiration.

surf thérapie

© Monica Monte

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Le surf m’a appris à lâcher prise, à vivre l’instant présent et à apprivoiser mes peurs.

Pourquoi un coaching santé, surf et yoga ?

Je suis formée en coaching bien-être et yoga, coach de surf, et je m’intéresse aussi à la réflexologie plantaire. Ces disciplines se complètent et aident à se reconnecter profondément à son corps, sa respiration, son mental. Je ne me considère pas comme thérapeute, mais comme coach holistique. Ce qui m’importe, c’est la personne dans sa globalité (corps, esprit, émotions, énergie), pas seulement le problème.

À qui s’adresse la surf thérapie ?

Au départ, elle ciblait surtout les personnes souffrant de PTSD, burn-out, deuil ou trauma. Aujourd’hui, elle s’adresse à tou·te·s celles et ceux qui vivent du stress, de l’anxiété, de la dépression, ou qui cherchent simplement à retrouver douceur et force intérieure. Pas besoin d’être expert·e en surf, la technique est secondaire. Moi, je travaille surtout avec des surfeurs et surfeuses modéré·e·s qui cherchent à aller plus loin.

Vous proposez des séances en groupe ou individuelles ?

Les deux. Les séances individuelles permettent d’aborder des enjeux très personnels, tandis que le groupe met en valeur la force du lien et du partage. C’est ce que je vois au sein de North Sea Surf Sisters, la communauté féminine que j’ai créée. Être ensemble dans l’eau crée une forme de reconnaissance et de soutien.

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À droite : Joke Devreese, surfeuse et coach. © Lies Vermeulen

Quels effets observez-vous sur les participant·e·s ?

Ils·elles retrouvent souvent une paix intérieure profonde et une confiance renforcée. Beaucoup renouent avec eux·elles-mêmes et la nature, et puisent une énergie nouvelle pour affronter leurs défis. Je pense à une femme qui me disait : « Je suis trop vieille, je ne connais pas la mer, je ne sais pas surfer. » Pourtant, elle a plongé. Elle a pagayé, hésité, pleuré, mais elle est restée. Deux sessions plus tard, elle glissait avec un sourire sur une petite vague. Elle m’a confié : « Je me suis retrouvée, pas parce que j’ai surfé cette vague, mais parce que j’ai regardé ma peur en face et que je suis allée jusqu’au bout. » Pour moi, c’est ça qui compte : ce que le surf met en mouvement à l’intérieur de nous. 

Joke Devreese propose ses séances en Belgique (Ostende). Il s’agit d’une séance privée d’environ 2 heures, à réserver sur son site Northseasurfsisters.com. Le prix est sur demande.