Faut-il avoir peur du vaccin contre le cancer du col de l’utérus ?

Mis à jour le 16 février 2018 par ELLE Belgique
Faut-il avoir peur du vaccin contre le cancer du col de l’utérus ?

vaccin

On nous a vanté ses effets, on a encouragé les jeunes filles à se faire vacciner. Aujourd’hui, six Françaises portent plainte pour des effets secondaires graves. Qu’en disent les médecins ? Et qu’en pensez-vous ?

 Un vaccin aux effets indésirables ?

Sophie, 27 ans, comptable

« J’ai été vaccinée au Gardasil [NDLR : l’un des deux vaccins contre le cancer du col de l’utérus avec le Cervarix] à l’âge de 18 ans. Je n’ai jamais eu aucun problème. J’ai lu qu’en France, des jeunes filles avaient développé après vaccination des pathologies lourdes comme des scléroses en plaques ou des inflammations du système nerveux. J’avoue que je ne sais plus quoi penser. »

Docteure Delphine Hiroux, gynécologue et obstétricienne au CHIREC de Braine-l’Alleud

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« Un vaccin n’est jamais safe à 100% mais cela est valable pour n’importe quel médicament. Les cas français sont sporadiques. Il faut les relativiser. Les Etats-Unis et l’Australie ont débuté la vaccination bien plus tôt que nous et les retours sont bons. Si des effets secondaires graves étaient avérés, le vaccin serait de toute façon retiré du marché. »

Audrey Divers, experte en Santé environnementale (ULB)

«Tous les vaccins sont composés d’adjuvants en aluminium. Chez des personnes prédisposées, ces derniers peuvent avoir des conséquences potentiellement graves. Entre autres : pour le cerveau. Il est donc important d’informer le patient sur les composantes d’un vaccin, les risques encourus et les bénéfices de celui-ci. »

Eduquer à la sexualité plutôt que de vacciner ? -->

1/

Moïra, 30 ans, ingénieure

« De un, ce vaccin coûte horriblement cher. De deux, il ne protège pas contre tous les types de papillomavirus. De trois, je pense qu’éduquer à la sexualité et au préservatif serait bien plus efficace que de vacciner. »

Elodie, 46 ans, psychologue

« Le frottis de col détecte le papillomavirus. J’encourage ma fille à en faire un de manière régulière et je pense que c’est bien suffisant. Pourquoi la faire vacciner à tout prix ? »

Virginie, 35 ans, professeure

« En plus de l’éduquer à la sexualité, je sensibiliserai ma fille à l’utilité de ce vaccin. J’ai contracté un papillomavirus en 2004 et pourtant, je n’ai eu que deux partenaires sexuels dans ma vie. On m’a opérée. On m’a enlevé la partie du col qui était infectée afin d’éviter un cancer. J’ai eu une hémorragie et j’ai bien failli mourir. Ma fille n’avait que 7 mois. »

Docteure Delphine Hiroux, gynécologue et obstétricienne au CHIREC de Braine-l’Alleud

« Premièrement, l’éducation à la sexualité n’est bien évidemment pas suffisante. Il faut savoir que le préservatif ne protège pas contre le papillomavirus. Deuxièmement, seulement 50% des femmes vont réaliser des frottis de manière régulière. Ce qui veut dire que les 50 autres ne se feront jamais dépister. Troisièmement, le vaccin est gratuit jusqu’à l’âge de 18 ans. Personnellement, je le recommande surtout pour les jeunes filles vierges car dans leur cas, la couverture est de 70 à 80%. »

Les écoles font-elles pression sur les jeunes filles ? -->

2/

Dominique, 51 ans, assistante administrative

« Nous ne voulions pas que notre fille se fasse vacciner car nous sommes, par définition, contre toute forme de vaccination. L’infirmière scolaire a appelé plusieurs fois ma fille dans son bureau en disant qu’elle devait le faire. Je suis scandalisée ! »

Aurore Dierick, porte-parole de Fadila Laanan, ministre de la Santé pour le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

« Il faut savoir que le vaccin est mis à disposition gratuitement des jeunes filles de deuxième secondaire. Celui-ci est recommandé mais si les parents ne le souhaitent pas, leur décision doit être entièrement respectée. Leur autorisation est d’ailleurs toujours sollicitée préalablement.»

Diane (nom d’emprunt), responsable d’un centre de Promotion de la Santé à l’Ecole (PSE) en Région wallonne

« Chaque médecin d’antenne PSE est responsable de son personnel. Je ne peux pas assurer que certaines infirmières ne font pas pression sur les jeunes filles. Néanmoins, ça relève de leur propre initiative. De notre côté, nous informons les parents et les jeunes filles en leur précisant que ce n’est pas obligatoire et en leur énonçant les effets positifs comme négatifs de cette vaccination. »

Et pourquoi ne pas vacciner les hommes ? -->

3/

Lucie, 29 ans, coordinatrice d’une asbl

« Vu que ce sont les hommes qui transmettent le virus, n'y aurait-il pas moyen de créer une médication qu'ILS prendraient et qui rendrait le virus inoffensif pour les femmes ? Cela permettrait au moins aux femmes de ne pas prendre de risques supplémentaires. On sait que le poids de la contraception est déjà porté par les femmes, c'est bon quoi ! »

Docteure Delphine Hiroux, gynécologue et obstétricienne au CHIREC de Braine-l’Alleud

« Il est en effet impossible de savoir si son partenaire est infecté. C’est pourquoi, en Australie, les autorités vaccinent les hommes et les femmes. Elles ont d’ailleurs enregistré une belle diminution des condylomes [NDLR : verrues génitales] chez les deux sexes. Ce qui expliquerait en partie cette baisse du nombre de cas de cancer du col. Chez nous, à l’heure actuelle, le Gouvernement ne donne pas les moyens d’organiser un dépistage massif pour identifier quels hommes sont porteurs du papillomavirus. »

 

Perrine Pigeon