Comment gérer les trolls sur le net ?

Mis à jour le 22 février 2018 par Juliette Debruxelles
Comment gérer les trolls sur le net ?

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Ils s’infiltrent dans les discussions, sur les blogs, les sites, les réseaux sociaux, et font tout pour nous rendre marteau. Pour clouer bec à ces nuisibles, on suit les conseils des pros.

  • C’est quoi un troll ?

Il s’agit de ces gens qui polluent nos statuts et les forums avec des remarques, critiques et attaques pleines de mauvaise foi.

Leur truc : lancer et nourrir la polémique.

Leur cible : tout et tout le monde.

Leur spécialité : faire déraper une conversation en ligne vers le pugilat à l’aide de commentaires provocateurs et la plupart du temps insultants.

Le hic : ils semblent ne jamais se fatiguer et ne savent pas que la liberté d’expression s’arrête là où commence la loi (notamment en matière de racisme, d’homophobie, d’islamophobie, d’antisémitisme…).

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  • Comment le reconnaître ?

La différence entre le gars qui a passé une mauvaise journée (et qui se défoule « accidentellement »), le flaming (prendre plaisir à insulter tout le monde, mais sans relancer ni argumenter), et le troll c’est que ce dernier peut polémiquer et ajouter de l’huile sur le feu pendant des heures (des jours, des semaines).

Le truc du troll : nuire à l’auteur d’un post ou d’un statut, ne jamais lâcher l’affaire, et perturber le fragile équilibre de la communauté, bien planqué derrière son écran.

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  • Comment réagir? 

On suit les conseils des pros des réseaux sociaux qui font face à ce genre de cas toute la journée.

« La première règle à retenir : ne jamais nourrir un troll. Comme les Gremlins, les trolls deviennent féroces si on leur donne des os à ronger. Le mieux, c’est de les ignorer s’ils se sont contenté d’écrire un message désobligeant (« Pauvre conne », « Grosse vache »...).»

Maud, community manager dans le secteur bancaire.

« On ne s’énerve pas. S’il s’agit d’une attaque clairement postée pour provoquer, on ne réagit jamais à chaud. On prend le temps de la réflexion et on tente une réponse fine et drôle, qui ne laisse pas de place au dialogue. “Merci pour votre avis, j’en parlerai à mes cheveux” plutôt que “Vous devriez avoir honte ! Comment pouvez-vous écrire de telles choses ?” »

Baptiste, développeur.

- « Si ça part vraiment en vrille, on censure, on efface, on bloque, on signale. Des mesures à prendre si on se sent vraiment blessé, voire en danger. Mais on garde à l’esprit que le troll censuré ou bloqué peut se sentir piqué au vif et revenir sous une autre identité avec encore plus de fiel à balancer. »

Anna, blogueuse engagée.

- « Oui à l’humour, mais gaffe aux trolls très très cons qui ne comprennent pas le second degré et voient dans une réponse décalée une occasion de relancer. Ce sont les mêmes qui ne font pas la différence entre information et opinion, et qui s’offusquent en lisant des articles tirés du Gorafi.»

Julie, journaliste web.

« Attention aussi aux trolls “éduqués”. Il en existe, et la subtilité de leurs provocations crée parfois des hésitations. Ils s’expriment sans fautes d’orthographe, détaillent leurs propos avec force références. Mais ce n’est pas parce qu’ils argumentent brillamment qu’ils ont le droit de balancer tout et n’importe quoi. Un propos raciste reste intolérable, même si la phrase commence par une majuscule. » 

Olivier, consultant en communication digitale.

- « Si, sur notre mur, la polémique prend entre plusieurs personnes et qu’on ne se sent pas concernée, on n’intervient pas tout de suite. On attend de voir comment ça tourne, et si ça dérape, on invite les intéressés à finir leur conversation ailleurs. »

Marie-No, community manager.

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On ne peut pas dire n’importe quoi, même sur internet. Les lois belges en vigueur sont aussi valables sur la toile. Reste à les faire appliquer. 

  • Que dit la loi ?

Si le troll se croit protégé par l'anonymat de son écran, il se plante.

Les lois contre l’incitation à la haine, à la violence, à la discrimination et au négationnisme sont les mêmes sur internet et dans la vraie vie.

En théorie, on ne peut pas dire n’importe quoi sur la toile, et il est toujours possible de retrouver l’auteur. On peut donc porter plainte si on est victime de ce genre de harcèlement ou insultes en ligne.

Exemple d’action concrète : Kif Kif, une ASBL flamande, incite les internautes à dénoncer les messages racistes sur la toile via www.wipe.be (pour le moment, uniquement en néerlandais). Leur volonté : créer une passerelle entre l’utilisateur et l’État afin de faciliter le dépôt de plainte.

« Le racisme (NDLR : et toutes les formes de discriminations) n’est pas une opinion, mais un délit. » On attend toujours une vraie loi spécifique contre le sexisme, même en ligne.