Portrait : Paris Hilton héritière trash au passé trouble

Mis à jour le 20 janvier 2021 par Juliette Debruxelles et ELLE Belgique
Portrait : Paris Hilton héritière trash au passé trouble © Getty Images

ELLE revient sur le destin de femmes qui ont marqué leur époque... Qui est vraiment Paris Hilton ?

L’icône des années 2000, la première influenceuse de l’Histoire, la It-girl qui a lancé le concept même de it-girl et de selfie, c’est elle. Elle a fait ça bien avant Kim K (qu’elle a révélée en l’emmenant sous les spots avec elle) et avant toutes les autres (de Nabilla à Kylie) qui, parfois sans le savoir, sont moulées sur le même canevas de bombasses jouant à merveille les décérébrées pour bien surfer sur les clichés. Paris va avoir 40 ans. Son quotidien aujourd’hui : faire du blé le jour et des cauchemars la nuit. H24 en bikini ou en training. Ça, c’est ce que l’on apprend en regardant « This is Paris », le documentaire qui lui est consacré, sorti en septembre dernier. Paris, héritière des hôtels Hilton (pour résumer), créatrice de produits dérivés et de parfums cheap, est aussi la femme DJ la mieux payée au monde. Bosser serait sa seule manière de nager au-dessus des déceptions et trahisons. 

Son traumatisme le plus marquant ? Son enlèvement. Pas un coup fomenté par des truands ou des tarés, mais bien par ses parents. On situe pour éviter l’annonce racoleuse. Paris a 15 ans, elle vient de quitter la Californie et d’emménager à New York avec ses parents et ses trois frères et sœurs cadets, et elle fait la teuf toutes les nuits. Dans son entourage, on l’apprendra plus tard, des pédocriminels à la Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein. Pour « la protéger », ses darons l’envoient à Provo Canyon School. Une sorte d’école de redressement pour enfants jugés difficiles. Pas le genre de lycée comme on en voit dans les cool séries télévisées, puisque l’entrée à l’école s’accompagne d’un process odieux : un simulacre de kidnapping. Alors qu’elle dort, deux hommes débarquent et l’emmènent de force. Une fois sur place, les cris et humiliations commencent, ponctués de prises de cachetons. Elle est envoyée à plusieurs reprises en isolement, explique-t-elle : « Ils nous faisaient retirer nos vêtements et rester là-dedans pendant 20 heures. J’avais l’impression de devenir folle. J’étais frigorifiée, affamée, seule et effrayée. » Elle gardera le secret, avant de récemment libérer sa parole dans le cadre de la campagne « Breaking Code Silence » : une dénonciation collective de ces pratiques abjectes.

Après onze mois de brimades, elle rentre enfin à la maison et commence à construire le personnage qui fera d’elle une icône : une blonde superficielle et égocentrique à la voix consciemment modifiée pour devenir plus aiguë. Une caricature sur laquelle se refléteront bientôt les flashs des paparazzi du monde entier. 

À l’âge de 19 ans, elle devient mannequin dans l’agence de Donald Trump. À titre de comparaison, elle est alors la Gigi Hadid du nouveau millénaire. Iceberg Vodka, Guess, Tommy Hilfiger, Christian Dior et Puma l’affichent en grand. Avec sa BFF, Nicole Richie, elle devient star de la téléréalité avec son show « The Simple Life », dans lequel elle met en scène son incapacité à évoluer dans « la vraie vie ». 

Un nouveau trauma fait imploser un peu plus sa self-estime déjà bien altérée. Rick Salomon, son mec, diffuse leur sextape, horriblement baptisée « One Night in Paris ». Il prend un million de dollars pour la cassette. Elle subit alors un harcèlement et un slutshaming international. D’autres, plus tard, considéreront que cette méthode est le plus court chemin vers la célébrité. Paris, elle, n’était pas dans le coup et le revenge porn n’avait pas encore de nom ni de définition juridique précise.

La justice, en revanche, fera son job quelques années plus tard en la condamnant à 45 jours de prison ferme pour conduite en état d’ivresse et excès de vitesse. Elle restera « seulement » quelques jours en prison et fera les choux gras de la presse à scandales.

Elle sort son premier album, « Stars are Blind », classé numéro 1 aux States. En 2006, elle est considérée comme la people la plus exposée médiatiquement. Sa fortune personnelle passe de 2 millions de dollars à 7 millions de dollars entre 2004 et 2006. Ça paillette, ça lunette oversize, ça sautille dans les clubs. Les chirurgiens esthétiques sont submergés de demandes pour obtenir « ce » nez. L’augmentation croissante de mini-chiens portés dans des sacs en bandoulière roses et baptisés Tinkerbell,  comme le sien, inquiète les associations de défense des animaux. Facebook n’existe pas encore, mais les haters pullulent déjà comme des Gremlins et assistent, affamés, à ce qui ressemblera a une chute médiatique. Téléréalité foireuse, arrestation pour détention et consommation de drogue… les années qui suivent craignent sérieusement. Les chasseurs d’images choc se lassent.

Dix ans plus tard, Paris, avec ses 13,4 millions d’abonné.e.s, alimentent comme une grande un Instagram rose bonbon-licorne-sirupeux reflétant tout sauf son intelligence (il faut voir pour le croire ses montages d’elle-même muée en papillon de lumière sur fond de full moon arc-en-ciel), ponctué de posts déroutants révélant sa dépression. « Le vrai moi, c’est quelqu’un de brillant. Je ne suis pas une blonde idiote, je suis juste très douée pour faire semblant d’en être une. Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un de simplet, mais comme la femme d’affaires que je suis. » On aimerait bien aussi. 

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