La fille du vendredi : l’écrivaine Christelle Dabos

Mis à jour le 19 novembre 2020 par Alice Herman et ELLE Belgique Photos: Chloé Vollmer-Lo
La fille du vendredi : l’écrivaine Christelle Dabos © Chloé Vollmer-Lo

Elle a écrit une des sagas fantastiques les plus géniales et merveilleuses de la décennie et il faut bien l’avouer, depuis Harry Potter, on n’avait rien lu d’aussi addictif. Avec sa tétralogie « La Passe-miroir », Christelle Dabos enchante les soirées lecture des ados mais aussi des adultes qui s’y plongent avec délice.  

Rencontre avec Christelle Dabos, cette écrivaine qui a le vent en poupe.

Racontez-nous pourquoi vous vous êtes lancée dans l’écriture d’une saga fantastique et pas dans un roman réaliste.

Je ne sais même pas si je suis capable d’écrire de façon réaliste car j’ai une imagination extrêmement débordante, et ce, depuis toute petite ! Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été une rêveuse. Je me rappelle que je voulais toujours me coucher tôt pour pouvoir me tourner vers le mur et y projeter mon théâtre intérieur. Mon papa nous enregistrait plein de dessins animés et je me suis reconnue très rapidement dans ces univers magiques.  

Quels sont les romans ou les films qui vous ont inspirée pour créer cet univers magique ?

Mon déclic d’écriture est venu bien avant « La Passe-miroir », pendant mes études d’espagnol. J’ai eu un véritable coup de cœur pour le réalisme magique sud-américain. « La Maison aux esprits » d’Isabel Allende, « Casa de campo » de José Donoso, « Fictions » de Borges, Garcia Marquez... ça m’a passionnée, cette cohabitation entre le merveilleux et le réalisme, ce n’était pas incompatible ! Ensuite, il y a eu Harry Potter, je ne fais pas exception à la règle ! Et je crois que finalement, « La Passe-miroir » est née parce que d’autres œuvres sont arrivées entre mes mains, notamment « À la croisée des mondes » de Pullman et les films d’animation du Studio Ghibli. Tout s’est imbriqué et « La Passe-miroir » a beaucoup hérité de tout ça.

Votre héroïne, Ophélie, est capable de traverser les miroirs. Pourquoi ce pouvoir ? 

C’est presque une question psychanalytique ! J’étais dans le petit bois près de chez moi et une vision m’est apparue : celle d’un visage sortant d’un miroir. C’était une évidence, je voulais faire quelque chose de ce rêve éveillé. Le rapport au miroir est très intéressant sachant que moi-même, je n’ai jamais eu une relation facile avec les miroirs, et encore moins dans les mois qui ont suivi le début de l’écriture de la saga, quand j’ai dû me faire opérer d’un cancer de la mâchoire. Les miroirs étaient devenus mes pires ennemis. À travers l’écriture, ça a été une longue reconstruction, une réconciliation.

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Dans la vraie vie, vous croyez à la magie et au surnaturel ou vous êtes plutôt quelqu’un de rationnel ?

Ni l’un ni l’autre, je suis ouverte à tout et son contraire. Quand j’étais petite, j’y croyais dur comme fer ! Dans la bibliothèque de mes parents, j’étais tombée sur des bouquins qui parlaient de projection astrale, de voir les auras, ce genre de trucs. J’y croyais puisque c’était écrit dans un livre ! Puis j’ai essayé de me projeter hors de mon corps, je n’arrivais à rien, c’était très frustrant. Du coup, j’ai décidé de lâcher prise et de me dire que tout est possible. Je n’exclus pas qu’il puisse exister des choses paranormales, comme je n’exclus pas que ça puisse ne pas exister. 

Vous avez quitté le sud de la France et habitez en Belgique depuis une quinzaine d’années. Est-ce que vous puisez une inspiration particulière ici ? 

Le tout premier hiver que j’ai passé en Belgique, j’ai fait la connaissance du brouillard et rien que ça, c’était une expérience incroyable ! Je pense que c’est de là que vient la mer de nuages entre les arches. J’adore aussi les ambiances décalées de mon village. Là, par exemple, ils organisent un jogging des sorcières pour Halloween. Je trouve ça improbable et extraordinaire ! Le décor presque versaillais du château de Seneffe m’a aussi beaucoup inspirée pour mes atmosphères de cour et le Mémorial de Babel est inspiré du Mundaneum de Mons, avec son énorme globe terrestre. C’est déformé et transformé dans mon imaginaire, mais je trouve qu’il y a vraiment quelque chose ici, en Belgique. On bascule vite dans l’étrange… 

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