10 autrices belges à mettre absolument dans sa bibliothèque

Mis à jour le 13 janvier 2020 par Elisabeth Debourse
10 autrices belges à mettre absolument dans sa bibliothèque Photo via Pexels

Qu’elles aient été sélectionnées pour un prix Goncourt ou qu’elles soient simplement les reines de nos tables de chevet, les autrices belges sont à l’origine de romans aussi passionnants que confrontants, qui méritent une place de choix dans nos bibliothèques. Petit tour d’horizon de notre scène littéraire féminine, en 10 autrices qui ont fait hier et feront demain.

Geneviève Damas

Geneviève Damas n’aura probablement pas assez d’une seule vie pour incarner toutes les femmes qu’elle souhaite être. Dans celle-ci, vous la retrouverez déjà sur les planches en tant que comédienne, mais aussi derrière comme metteuse en scène, ou encore devant son ordinateur, d’où elle a notamment écrit « Si tu passes la rivière », qui lui a valu en 2011 le Prix Rossel. L’œuvre de Geneviève Damas est implicitement tournée vers les autres : ceux qui n’ont pas droit à la parole, et dont les trajectoires singulières se racontent dans des romans qui marquent toutes les vies.

Un livre pour commencer : « Si tu passes la rivière »

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Caroline Lamarche

Au fil des ans et des romans, Caroline Lamarche s’est imposée comme l’une des grandes figures de la littérature belge moderne. Liégeoise passée par l'Espagne, mais aussi Paris — presque un pays en soi — et le Nigeria, elle est l’autrice d’une quinzaine de romans. Femme de radio presque autant que de lettres, tous ses livres comportent au moins la trajectoire d’un animal, en bonne protectrice des bêtes qu’elle est. Mais pour décrire son œuvre, on préférera ses propres mots : « On me demande souvent si mes histoires sont “purement imaginaires”. Plutôt que de m’empêtrer dans ces justifications bizarres que le public ne réclame qu’aux auteurs féminins, j’affirme qu’elles sont un “résultat”, à savoir : tout ce qui arrive, commence à exister à la suite et comme effet de quelque chose, avec un caractère durable. »

Un livre pour commencer : « Nous sommes à la lisière »

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Jacqueline Harpman

Jacqueline Harpman n’est plus, mais ses écrits restent. Une trentaine d’ouvrages, dont de nombreux primés, écrits entre deux consultations, puisque l’autrice était aussi psychanalyste. Dans une interview parue dans Le Soir en 2000, elle avoue même à demi-mot qu’il est fort possible qu’inconsciemment, certains de ses patients aient nourri ses récits. Ce qui est certain, c’est que Jacqueline Harpman s’abreuvait de la nature humaine pour écrire des livres dont on n’est pas spectateur, mais acteurs.

Un livre pour commencer : « Moi qui n’ai pas connu les hommes »

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Amélie Nothomb

Difficile de passer à côté de ce monument de la littérature, dont le talent et la notoriété ont largement dépassé les frontières de notre pays. C’est qu’il y a de quoi faire et de quoi lire, quand on sait que l’autrice publie un roman chaque année depuis « Hygiène de l'assassin », son premier livre. Si la personnalité de « la dame au chapeau » a parfois occulté son œuvre — marquée par le Japon —, il serait dommage de passer à côté des pages de « Stupeur et tremblements » ou de « Ni d’Ève ni d’Adam ».

Un livre pour commencer : « Stupeur et tremblements »

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"Tokyo fiancée" est l'adaptation du livre "Ni d’Ève ni d’Adam".

Lize Spit

Soyons honnêtes : ce n’est pas tous les jours qu’un roman flamand passe la frontière linguistique pour devenir un phénomène littéraire national — l’inverse est aussi vrai. C’est pourtant l’exploit de Lize Spit, à trente ans à peine, et de sa « Débâcle » — « Het smelt » en néerlandais. L’histoire, bien sombre, d’Eva et de ses amis d’enfance, deux garçons cruels qui la poussent à revenir dans son village natal un bloc de glace dans son coffre, treize ans après un été caniculaire qui a marqué sa vie.

Un livre pour commencer : « Débâcle »

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Myriam Leroy

Vivante, incisive, dure parfois, l’écriture de Myriam Leroy fait écho au monde qu’elle expérimente. Journaliste, chroniqueuse, autrice de pièces de théâtre, mais aussi femme dans des milieux qui ne les tolèrent guère, cette écrivaine belge se saisit de l’ère du temps pour la raconter acerbement dans ses romans. En bout de course, il y a ces livres qui tordent un peu le cœur, mais qui ajustent la vision, surtout : voilà ce qu’il ne faudrait plus ignorer sur notre société, au risque d’y perdre ses esprits les plus sensibles, singuliers, et donc précieux.

Un livre pour commencer : « Ariane »

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Adeline Dieudonné

Si vous êtes à la poursuite de romans sur « la vraie vie », ça tombe bien, Adeline Dieudonné en a fait le titre de son premier roman. Après plusieurs nouvelles, un « seule en scène » et des textes parus dans des ouvrages collectif, l’autrice s’est très justement faite remarquer pour un roman qui raconte à la perfection une violence banale, et pourtant profondément destructrice.

Un livre pour commencer : « La vraie vie »

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Isabelle Wéry

Avec des titres de livres comme comme « Poney flottant » ou « Marilyn Désossée », on s’en doute, Isabelle Wéry est une voie singulière de la littérature belge. Le parcours de cette autrice-créatrice liégeoise est intimement lié au théâtre, d’où elle a émergé notamment avec son adaptation des « Monologues du vagin » d’Eve Ensler. Chanteuse, danseuse également, ses talents s’étendent au-delà des planches jusque dans l’écriture pure, créative, de ses curieux romans oniriques et audacieux.

Un livre pour commencer : « Poney flottant »

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Victoire de Changy

C’est l'une des autrices belges à surveiller, et de près. Parce que son premier roman, « Une dose de douleur nécessaire » avait tout de suite enivré la critique et que son second, « L’île longue » — qui l’a suivi presque immédiatement —, la voyait explorer l’ailleurs et le politique avec une passion qui ne saurait mentir. Parce que Victoire de Changy n’a que 31 ans, aussi, et toute la vie devant elle pour rencontrer, changer et in fine, écrire pour le dehors tout ce qui se passe de si fascinant au dedans.

Un livre pour commencer : « L’île longue »

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Nathalie Skowronek

L’Histoire est si fascinante qu’il n'est pas étonnant qu’on veuille sans arrêt la réécrire. Fidèle aux faits, Nathalie Skowronek s’inspire de l’histoire juive pour accoucher de récits éloquents. En parallèle de « Max, en apparence » et de plusieurs essais sur la Shoah et la transformation de la culture juive, Nathalie Skowronek a également écrit « Karen et moi » sur la fascination d’une femme pour l’autrice danoise Karen Blixen, grand prix des lectrices du Elle.

Un livre pour commencer : « Karen et moi »

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