L’impossible cocooning

Mis à jour le 29 décembre 2019 par Elisabeth Clauss
L’impossible cocooning Illustration : Marie Morelle

Entre votre pression interne et le reste du monde qui semble s’être ligué contre votre paresse, vous n’arrivez jamais à décompresser. Plongez dans votre bain un magazine à la main : on vous propose 5 façons décomplexées de coincer la bulle, sans la faire éclater.

1. Vous êtes une perfectionniste auto-flicante

Dès que vous vous asseyez, une petite voix complexante surgit du fond de votre esprit pour vous rappeler tout ce que vous devez encore bouclez avant la fin de la journée. Pourtant, vous aviez tout prévu : vous levez à l’aube pour avoir traité 180 mails avant les pancakes de vos triplés, fait les courses pour le dîner juste après les avoir jetés devant l’école à 8h30, et complété avant midi les dossiers entamés avant de vous coucher. Cette demi-heure à glander sur les réseaux sociaux, sur un quelconque e-shop ou devant une ineptie à la télé, vous l’avez durement gagnée. Pourtant, vous avez l’impression de trahir la pointilleuse obsédée qui sommeille entre vos oreilles et qui gère ses angoisses en se tenant occupée.

Que faire, pour vous autoriser à ne rien faire ?

Utilisez cette énergie débordante pour dresser la liste des mercis que vous recevrez pour récompenser toute l’énergie investie à satisfaire les autres. Aucun ? Exactement. Alors surfez, dormez, shoppez, sans mauvaise conscience. Ils finiront tous par sentir la différence, et vous supplier de rempiler. Et en attendant, le monde continuera probablement de tourner.

2. Vous êtes une météo-culpabilisée

Depuis que vous payez vous-même vos vacances, vous connaissez le prix d’un rayon de soleil. En conséquence de quoi, dès qu’il ne pleut pas des cordes, vous vous sentez obligée de sortir de chez vous le samedi et le dimanche, pour une vivifiante promenade en Forêt de Soignes / au bord de mer à Knokke / n’importe où dans les Ardennes / autour du Lac de Genval. Et respirant à pleins poumons, vous vous ennuyez terriblement. Vos enfants n’en voient pas la fin. Votre chien se traîne. Inlassablement, vous argumentez « vitamine D », « diabète » et « phlébite », devant un auditoire qui soupire et s’en fout. Vous attendez tous seize heures, que cette fichue nuit tombe enfin, pour rentrer zoner devant Netflix, votre ambition de vie depuis ce matin.

Comment vous autoriser à tirer les rideaux à cause du soleil ?

Pensez radicaux libres, pollution en zones rurales (oui, le Parc Royal peut rentrer dans cette catégorie), essence consommée pour vous y traîner, voire pluies acides en fin de journée. Les vertus de la nature sont amplement surfaites, et personne ne s’est jamais foulé la cheville en changeant de chaîne vautré sur un canapé. Le soleil vous gêne pour regarder la télé ? Fermez les volets, et riez sous cape de la foule qui respire du diesel en file indienne, attendant de se garer de guingois pour se presser au bois, alors qu’il va flotter.

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Illustration : Marie Morelle

3. Vous êtes atteinte du syndrome de la compagne et/ou mère parfaite

A chaque fois que les vôtres mettent les pieds sous la table d’un air enjoué et impatient, vous sentez la pluie de bons points auto-attribués qui pleuvent sur vos mèches impeccablement brushées. Puis ils se lèvent sans débarrasser – par votre faute, vous les avez habitués à tout ranger vous-même – et là, vous être prise d’une irrépressible envie de leurs jeter les restes des boulets sauce lapin à la figure. Vous faites couler des bains mousseux et parfumés pour les autres, puis pétez les plombs quand vous vous retrouvez à suspendre vous-mêmes les serviettes détrempées qui moisissent au sol. Dans un monde idéal, cet(te) amoureux(se) que vous chouchoutez avec passion, vous idolâtrerait, ivre de reconnaissance, jusqu’à la fin des temps. Ces mouflets, que vous nourrissez de frais, local et bio, que vous torchez ensuite, vous soutiendraient avec tendresse et dévouement, tout le reste de vos vieux jours (après 36 ans).

Comment gagner votre médaille d’indignité ?

Dans la vraie vie, le premier va vous tromper parce que vous avez perdu votre mystère, et les seconds vous fuir, parce qu’ils vous trouvent collante. Cessez d’être naïve : votre responsabilité est d’anticiper. Laissez-les tous se débrouiller avec leurs propres insuffisances, prenez un abonnement au spa, et prenez soin de la seule personne qui vous en rendra grâce. Celle-là même qui en a marre, là, dans votre miroir.

4. Vous êtes la meilleure amie qui soit

Toujours dispo pour écouter les copines se plaindre chaque dimanche soir de leur vie qui les insatisfait (résultat de leurs propres choix, mais vous ne le dites pas), vous êtes aussi celle chez qui on organise les barbecues du 15 avril au 15 octobre, soit-disant parce que vous avez un grand jardin, mais en vrai, c’est parce que vous ne demandez jamais d’aide pour nettoyer. Vous mettez un point d’honneur à incarner l’hôtesse parfaite, l’oreille jamais bouchée, l’épaule toujours disponible sous un chemisier repassé. Mais le jour où vous avez un coup de blues ou pire, un moment d’euphorie, on ne vous prend plus au téléphone, et vous apprenez par des voies détournées que vous êtes devenue « plombante » ou « nombriliste ».

Comment les rembarrer avec diplomatie ?

Imitez les stars. Plus elles sont capricieuses, odieuses et inaccessibles, plus elles ont de fans. Ne répondez aux messages que très tard. Vos interlocuteurs s’estimeront heureux que vous leur accordiez enfin de l’attention. Ne soyez évidemment plus disponible pour rien : le niveau de qualité des invitations augmentera proportionnellement. Ensuite, avec vos proches, appliquez le principe des essuient-glace : tu me suis / je te fuis, et ne revenez pas trop vite non-plus. Vous serez impressionnée par l’efficacité du tri naturel qui va s’opérer.

5. Vous bataillez pour donner le meilleur de vous-même

… mais vous ne savez pas pourquoi. Quand est-ce que ça vous a rapporté quoi que ce soit, à part un déficit en sommeil ? Avez-vous l’impression d’être valorisée pour tous vos efforts ? Payée de l’or au boulot ? Affectionnée par tous ceux auquel vous avez consacré de l’attention ? Vous soupirez devant l’injustice flagrante de tous ces dilettantes qui s’en sortent magnifiquement, et en attendant, vous révisez, vous bûchez, vous faites des pilates trois soirs par semaines, vous êtes à 100%. La nuit cependant, vous doutez.

Comment vous battre pour cocooner ?

Ces jugements que vous fuyez, ce gâchis qui vous terrifie, avouez : ce sont vos propres obsessions auto-immunes. Le droit à la glandouille implique une guerre idéologique interne. Il suffira donc de déplacer l’objet de vos expectations, et de viser l’excellence dans la somnolence. Rattrapez votre retard en streaming, gommez vos cernes, revendez vos extracteurs de jus (qui vous ont déséquilibré les intestins) et offrez-vous un kit de coussins.

Pour prendre soin de soi, la meilleure défense, c’est la fuite.

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