La fille du vendredi: Pauline Cousseau de Polette

Publié le 29 juin 2018 par Marie Guérin
La fille du vendredi: Pauline Cousseau de Polette

Pleine d'énergie et de charisme, Pauline Cousseau a l'aura des personnalités lumineuses qui en ont dans le pantalon. On a tout de suite craqué pour cette jeune patronne qui a lancé son business à 22 ans et qui, depuis, multiplie les succès avec sa marque de lunettes, Polette. Un concept en phase avec son temps.

Entrepreneure précoce

À 19 ans, la jeune Nantaise, alors étudiante en commerce et en langues, s'envole pour la Chine. C'est là qu'elle rencontre un autre expat', Pierre Wizman, son futur associé. "On s'est demandé pourquoi les lunettes étaient si peu chères là-bas. Pour comprendre le business, nous avons visité les usines et on a très vite compris qu'ils faisaient d'énormes économies d'échelle en produisant toutes les lunettes commercialisées en Europe. Toutes les grandes marques produisent là-bas. Il y a un grand distributeur avec un quasi-monopole (Luxotica - ndlr) qui fixe les prix et se prend des marges de dingues" explique Pauline qui a choisi la transparence comme stratégie de com'. "Nous, ce n’est pas notre idée, on veut être le Zara de la lunette. Rendre accessibles les lunettes accessibles à tout le monde, même si elles sont produites dans les mêmes usines." La comparaison avec Zara n'est pas innocente, car c'est évidemment un business model triomphant: des petits prix, une image branchée, une qualité préférable aux autres acteurs du segment. Mais quid de la production ? " Nos valeurs sont la transparence, la qualité du service et la responsabilité. Aujourd'hui en Chine, les salaires ont vraiment augmenté. On fait attention aux conditions de travail des Chinois. Richard Branson a dit « je prends soin de mes employés qui prennent soin de mes clients ».

La fille du vendredi: Pauline Cousseau de Polette - 1
Le modèle Angie, 42,99€

Le concept

En 2011, Pauline a 22 ans et elle lance Polette, c'est le surnom que lui donne son associé. À l'époque, c'est encore un pure player qui ne vend que sur le web et son siège social est à Amsterdam, une ville internationale et centrale. " On a commencé avec Pierre à deux, à la débrouille. On a produit notre première paire de lunettes que l'on a mise en ligne. On l' a vendue, puis on en a racheté deux et ainsi de suite. On a commencé avec 2000 balles ! " En 2015, Polette ouvre son premier showroom à Amsterdam et rapidement, l'entreprise grandit. "Il y a cinq boutiques, les prochaines seront à Lyon, Berlin et Londres. Nous avons cinquante employés en Europe. Quand tu commences dans un petit appartement pourri, tu es contente d’arriver là" ajoute Pauline fièrement. Et il y a de quoi être fière, car le projet repose sur un concept totalement innovant, le showroom: on se rend en boutique sans jamais sortir avec le produit, uniquement pour le service. Il n'y a pas de pression à l'achat, pas de file, pas de monde. À la place, on rencontre des conseillers (à ce stade, on oublie l'idée de vendeurs, c'est désuet) qui nous testent la vue, nous aident à choisir les lunettes et, si nécessaire, à les commander en ligne. Pour le prix (à partir de 14,95€ pour une paire d'optiques), évidemment, on ne se limite pas. Notre commande arrive après trois semaines à la maison. C'est long, mais c'est le seul effort à faire.

La fille du vendredi: Pauline Cousseau de Polette - 3
Ambiance 'Dolce farniente' cet été

Le look

"On réinvente des classiques et on crée des modèles excentriques". C'est le studio composé de six designers qui s'occupe d'imaginer les montures. Avec 15 nouveaux modèles par semaine, il n'y a pas de quoi se reposer sur ses lauriers. La conséquence: les modèles sont sold-out rapidement et donc, on ne se retrouve pas toutes à porter la même paire. Quel est le look Polette ? Notre style est varié et s'adresse à tout le monde, mais on aime aussi lancer des collections capsules excentriques. Pour la solaire, on a des thèmes par saisons. Pour l'instant, c’est le Dolce Farniente. On est influencés par les tendances. Pour l'optique, il y a des formes qui reviennent régulièrement et on en change la matière, la couleur."

Dans les rayons, il n'y a pas de distinction de genre, chacun choisit ce qui lui correspond du plus tradi au plus farfelu. Et c'est sans doute cette hétérogénéité qui fait leur succès !

Le showroom Polette est à découvrir au n°68 de la rue du Marché aux herbes à Bruxelles. www.polette.com