Première belge: le sexisme enfin condamné dans l’espace public

Publié le 8 mars 2018 par ELLE Belgique
Première belge: le sexisme enfin condamné dans l’espace public

C'est une première! Une condamnation pour sexisme dans l’espace public a été rendue en Belgique. Un homme doit payer 3.000 euros d’amende pour s'en être pris à une policière en raison de son sexe. 

Vous avez peut-être loupé l'info et on se dit qu'en ce 8 mars, c'est le bon moment pour se rattraper. Parce que c'est important, et que c'est un vrai signe de changement. Il y a deux jours, la section néerlandophone du tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné un jeune homme à une amende de 3.000 euros.

La raison? Des propos sexistes portant une grave atteinte à la dignité dans l’espace public, et un outrage à agent et menaces, d'après Le Soir qui a eu accès au jugement. Concrètement, le prévenu s’en est pris à une policière, en lui conseillant notamment « de trouver un travail plus adapté aux femmes ». Les faits s'étaient déroulés lors d’une simple interpellation pour avoir brulé un feu rouge en juin 2016. Et s'il ne paie pas, l'homme devra purger une peine de prison d'un mois.

Application de la « loi sexisme »

C’est la première fois que la « loi sexisme » adoptée en 2014 est utilisée pour poursuivre quelqu’un! Comme l’explique Gilles Blondeau, le porte-parole du parquet du procureur du Roi de Halle Vilvorde, c'était une belle occasion de tester la nouvelle loi: le cas est concret, clair et les témoins sont nombreux.

Le problème? Cette loi, qui condamne tout propos ou tout acte dans l’espace public qui a pour objet d’humilier une personne en raison de son sexe, est encore très peu connue. Ce qui explique que ce soit seulement la première application, soit plus de trois ans après l’entrée en vigueur de la loi...

L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes se réjouit de cette première condamnation. Il espère qu’elle permettra enfin de mieux faire connaître cette loi, et surtout que celle-ci poussera d’autres victimes à déposer plainte et à davantage de témoins de réagir dans l’espace public. On approuve.

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Anabel Mier Garcia