Je rêve de devenir mannequin, je fais quoi?

Mis à jour le 12 février 2018 par Laurence Donis
Je rêve de devenir mannequin, je fais quoi?

On vous emmène dans les coulisses de la plus grande agence de mannequins belge, Dominique Models. Pour connaître les secrets qui permettent de percer, c’est par ici !

« Feuilletez les magazines de mode, entraînez-vous devant votre miroir et apprenez à connaître votre corps. Vous devez identifier vos atouts et vos faiblesses », conseille Jessie Van Osselt. Cette styliste pétillante fait office de coach de mannequins. En face d’elle, six jolies filles. Elles sont toutes différentes, mais toutes minces et grandes. Leur point commun ? Ce sont les « new faces », traduisez les nouvelles recrues, de Dominique Models. Nous avons rendez-vous aujourd’hui dans les bureaux de la plus grande agence de tops du Benelux, Dominique Models, à Bruxelles. Et c’est Pepa, le chien du directeur Marc Dochez, qui nous accueille. Le braque hongrois trottine tranquillement dans le grand open space lumineux, comme pour nous faire faire le tour du propriétaire.

Un homme ondule avec grâce devant un photographe, de jeunes femmes discutent sur un canapé et une dizaine d’employés pianotent frénétiquement derrière leur écran. Parmi eux, on retrouve surtout des « bookeurs », des agents comme il en existe pour les comédiens. « Ce sont les intermédiaires, ils font la liaison entre les clients et les mannequins. Ils effectuent les premiers tests avec les filles, voient si elles ont du potentiel et gèrent ensuite leur carrière », nous explique Marc Dochez. L’homme est aujourd’hui à la tête de l’agence, qui a été créée en 1985 par la Bruxelloise Dominique Fache. Elle est rapidement devenue une référence en attrapant dans ses filets de jolies sirènes : Ine Neefs, Yumi Lambert, Elise Crombez, Marine Deleeuw ou encore An Oost. Des tops aujourd’hui célèbres que l’on associe à de grands noms comme Valentino, Gucci et Chanel.

« Ce qui nous différencie des autres, c’est la stabilité », indique le manager.  « Certains employés sont chez nous depuis une vingtaine d’années. Nos bookeurs sont très expérimentés, ils ont l’œil. Nous investissons aussi beaucoup dans le scouting : nous recherchons activement de nouveaux visages dans les centres commerciaux, les festivals, etc. » Ces chasseurs de têtes arpentent les rues en quête de personnalités intéressantes. Ils distribuent alors leur carte de visite et planifient un rendez-vous à l’agence. C’est de cette façon que les mannequins se font généralement repérer, parfois dès l’âge de 12 ans. Et si votre minois n’a pas encore croisé la route d’un scout, direction le site de Dominique Models. Vous pouvez tenter votre chance en envoyant deux photos naturelles. Inutile de se rendre chez un photographe, un joli selfie fera l’affaire.

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Marc Dochez insiste sur ce point, cela ne sert à rien de dépenser de l’argent pour un book ou pour une école de mannequins : « Si la fille est intéressante, on investit. Nous nous occupons du book, nous travaillons avec de jeunes photographes qui ont besoin d’acquérir de l’expérience. Lorsqu’un modèle présente un fort potentiel, l’agence paie un vrai professionnel afin d’être certain d’avoir de bons résultats. » Le manager est clair : qu’une fille doit mesurer au minimum 1,73 m et un garçon 1,85 m. La qualité la plus importante, selon lui ? La photogénie. Un top doit être en forme et avoir un beau corps, mais pas nécessairement être ultramince. Excepté pour les défilés. Ici, les stéréotypes
se confirment, le tour de hanches des filles n’excède pas 90 cm. Et pour celles qui n’ont pas la taille mannequin ? Comme de nombreuses autres agences, Dominique Models s’est enrichie d’un département pour les femmes plus-size.

« Cela n’a pas pris la vitesse que l’on pensait mais, petit à petit, la demande pour les filles rondes augmente. Il y a davantage de travail et le budget est plus conséquent. Les requêtes pour les tops hommes grande taille sont en revanche rarissimes », explique Marc Dochez. Il existe aussi un département « Talents » au sein de l’agence. On y retrouve des personnalités destinées à jouer dans des publicités : tous les âges et tous les styles sont alors représentés. Pour en faire partie, il est important d’être bien dans sa peau. « Ce n’est pas rare qu’un directeur de casting dise à un mannequin : “Je t’aime bien mais tu es un peu trop ronde pour le job.” Nous expliquons aux filles qu’elles ne doivent pas se sentir mal si elles ne sont choisies. Cela ne veut évidemment pas dire qu’elles ne sont pas belles, elles ne correspondent simplement pas à ce que le client recherche. » Dès qu’un top signe chez Dominique Models, les bookeurs font face à un nouveau challenge. Quelle stratégie adopter pour que sa carrière décolle, et surtout perdure ?

« Le marché est saturé aujourd’hui, explique le directeur de l’agence. Internet s’est développé et nous voyageons beaucoup plus facilement. Les clients ont donc énormément de choix. C’est important de ne pas surexposer une jolie fille. Elle ne doit pas poser pour trois marques différentes dans le même magazine, par exemple. C’est aussi une question de chance. Certaines filles sont très belles, polies, souriantes et professionnelles, mais elles ne seront jamais découvertes. Personne ne sait pourquoi. D’autres n’ont même pas envie de travailler dans la mode et pourtant elles sont engagées tout de suite sur base d’un seul Polaroid. Il n’y a pas de justice dans ce business. »

Crédit photos: Thierry Bervoets