Dans une industrie de la mode pleine de questionnements, de vraies passions et de faux semblants, Walter Van Beirendonck expose des masques. Comme souvent, alors que l’actualitรฉ secoue, le crรฉateur Flamand pose sur la sociรฉtรฉ le regard le plus pรฉnรฉtrant.

Il est fascinรฉ par les masques depuis les annรฉes 80, l’รฉpoque oรน il รฉtait รฉtudiant ร  l’Acadรฉmie d’Anvers dont il dirige dรฉsormais la section mode. Les vรชtements permettent de s’exprimer, de dire ou de cacher, et ceux qu’il crรฉe sont toujours porteurs de rรฉvรฉlations visionnaires sur l’รฉpoque. Pour frapper l’imaginaire plus fort encore, et coller ร  son univers occasionnellement fรฉtichiste, il use souvent des masques.

Walter Van Beirendonck FW2011-12ยฎRonald Stoops

W&LT (Wild&Lethal Trash) FW 1995-96 Ronald Stoops

 

Au Wereldmuseum de Rotterdam, sous son รฉgide,ย  POWERMASK explicite le pouvoir des masques. Leurs signes d’appartenance, leurs dรฉmonstrations de force. A travers l’art et l’Histoire, รฉvoluant dans une scรฉnographie envoรปtante, on rรฉalise que plus on masque, plus on raconte. En l’occurrence, ces “visages mis en scรจne” sont au nombre de 125. Il y a des photographies, aussi.

A gauche : Coco Fronsac, Cโ€™est la fรชte, ร  Rotterdam au Wereldmuseum, 2017
A droite : Levi Napatalai, Kavat-mask, Baining (culture), New-Brittannia, Bismarck-archipel, 2000-2004, Collection Wereldmuseum Rotterdam, inv. nr. 75542, collected by conservator C.H. van den Meiracker, 2004

L’exposition explore les arts occidentaux et africains, on passe par l’Ocรฉanie, on pรฉnรจtre les rituels et le surnaturel, la mode, le fรฉtichisme. L’Humanitรฉ dans ses peurs et ses parades, dans ses revendications aussi.

A gauche : Maison Margiela, Artisanal, Spring/Summer 2015
A droite : Liga:le-mask, Gogodala (culture), Gulf of Papoea, Melanesia, Oceania, avant 1995, Collection Wereldmuseum Rotterdam, inv. nr. 73853, Galerie Fine Arts Collections, 1995

L’expression des visages est un thรจme qui a fondรฉ la gloire des Maรฎtres Flamands; les masques de pierreries รฉtait un thรจme rรฉcurrent des dรฉfilรฉs de la Maison Martin Margiela. Une authenticitรฉ crue, et Bas les Masques.

A Paris, le Dรฉjeuner des collectionneurs de tรชtes

Cette dรฉcouverte initiatique, jubilatoire, se dรฉploie dans des installations imaginรฉes par les artistes contemporains Brian Kenny, Coco Fronsac et Charles Frรฉger.

Dirk Van Saene FW 2016-17 ยฎ-Ronald-Stoops

Les masques s’affichent et dรฉvoilent, la vรฉritรฉ qui se cache mรชme sous le maquillage. On s’instruit des cultures primitives (y compris, ร  un certain niveau, la nรดtre), et on en ressort plus vrai.

Sally Wassink Postcard (After Hoรซch) 2007

Pour poursuivre le voyage, masquรฉ ou pas, les Editions Lannoo ont sortis un livre sur l’exposition :

La galerie, ici :