La fille que les Français veulent nous piquer

Mis à jour le 10 janvier 2018 par Juliette Debruxelles
La fille que les Français veulent nous piquer

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Brillante, drôle et décalée, la journaliste belge Charline Vanhoenacker met le Tout‑Paris à ses pieds. 2015 sera son année.

Il arrive encore qu’on lui demande si elle mange des frites et ce qu’elle pense de la « vague belge » qui déferle depuis quelques années sur l’Hexagone. Des questions lassantes auxquelles elle semble répondre de bonne grâce, si l’on s’en réfère à l’impressionnante quantité de papiers qui lui sont dédiés depuis quelques semaines. « La Belge que la France écoute », « L’effrontée », « Portrait d’une anti-pétasse »... Des titres qui en disent long sur l’état d’esprit des Français qui restent bouche bée face à son talent qui lui permet d’insuffler tant d’humour et de décalage dans une démarche journalistique rigoureuse.

La preuve par son intervention, le dimanche matin, avant les débats politiques de « Mise au point », sur la première chaîne télé de la RTBF. Comme Myriam Leroy, Charline Vanhoenacker se qualifie de journaliste et « humeuriste ». Un qualificatif qui ne décrédibilise en rien son travail. Au contraire. Grâce à cette liberté de ton et d’analyse, elle finit par susciter l’intérêt de ses collègues français.

C’est en s’interrogeant sur l’indépendance des journalistes politiques chargés de suivre en permanence le candidat Hollande pendant la dernière campagne présidentielle française qu’elle a balancé le flocon qui allait devenir boule de neige. De rencontres en chroniques brillantes, la voilà engagée – en plus de ses fonctions à la RTBF – sur deux créneaux très exposés à France Inter, aux côtés de grands noms des médias français, mais aussi d’Alex Vizorek, autre trésor national.

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Conséquence : le rush tout le temps, un Thalys coincé entre les dents. Arrivée à la rédaction de France Inter à sept heures du mat’, retour à la maison vers 20 h 30. Une vie de Parisienne qui ne lui a pas fait perdre sa pointe d’accent louviérois...

À l’heure où nous bouclons, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend pour 2015. C’est comme ça, à la radio : on signe pour une saison, de septembre à décembre, puis on attend la grille suivante. Clair que dans son cas, on ne s’inquiète pas : les propositions pleuvent, en particulier depuis que les audiences radio sont tombées, la consacrant « fille à suivre et à débaucher ».

Elle prétend refuser de céder aux sirènes de la télé, préférant la liberté qu’offre la radio. Reste, pour les indéboulonnables visages dépassés du paysage audiovisuel français, à s’accrocher : cette fille-là pourrait (devrait ) finir par les remplacer.  C’est tout le mal qu’on lui souhaite.