Comment ont-ils réussi dans la mode ?

Mis à jour le 12 février 2018 par Elisabeth Clauss
Comment ont-ils réussi dans la mode ?

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Sur un coup d'audace. Alors vive l'impertinence ! 

Même pour les meilleurs, émerger du lot n’est pas évident. Alors, avoir  la bonne attitude au moment décisif, c’est payant. La preuve.

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  • Serge Bensimon

Créateur de la marque éponyme

« Je me suis toujours fié à mes intuitions. Mon credo, c’est “aller à contre-courant de la mode et se démarquer dans le monde du lifestyle”. Quand j’ai lancé  ma première ligne de vêtements, dans les années 80, tout le monde faisait du noir. J’ai pris le contre-pied, j’ai fait de la couleur, encore de la couleur, que de la couleur. Encore aujourd’hui, vous ne trouverez jamais de noir dans mes collections ! »

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  • Jean Touitou

Fondateur d’A.P.C.

« J’étais devant un banquier de mauvaise foi. Il avait tort, il le savait. Nous étions réunis autour d’une grande table avec l’ensemble de ses associés. Chacun à leur tour, ils me chargeaient d’arguments que  j’estimais irrecevables. Il était question de haute finance, je vous épargne les détails, mais l’enjeu était important pour moi : je risquais de me trouver embarqué dans une lourde procédure contre la banque, un processus long et usant. Au beau milieu la réunion, j’ai sorti un harmonica et je me suis mis à jouer. Je les ai regardés, sans rien dire, mais mes yeux disaient “Don’t fuck with me”. Non seulement j’ai eu gain de cause, mais j’ai été remboursé des pertes occasionnées. »

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  • Alexis Mabille

Créateur Haute Couture et prêt‑à-porter

« C’était en 2008. Je travaillais chez Christian Dior avec John Galliano. Je m’y sentais très bien, mais, sur un coup de tête, j’ai quitté Dior, monté ma propre marque, et organisé un défilé complet en une semaine. »

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  • Jean-Claude Jitrois

Créateur de la griffe éponyme

« J’avais eu une conversation avec un chirurgien esthétique qui m’avait expliqué que la peau est élastique : quand on la distend, elle revient en place. J’ai eu l’idée de transposer ça au vêtement. On était au début des années 90, et j’explorais déjà toutes les manières d’embellir et de transformer le cuir. J’ai rassemblé des ingénieurs, qui m’ont démontré que si on découpait dans l’épaisseur le cuir en tranches extrêmement fines, en l’encollant sur du coton élastique, et en chauffant la matière ainsi obtenue, on pouvait faire gagner au moins 30 % d’ampleur de mouvement à la peau. Grâce à ce procédé, avec une peau de mouton, non seulement on en obtenait six, mais une nouvelle matière naturelle et extraordinairement sensuelle était née. J’ai commencé avec les tout premiers pantalons de cuir stretch, puis j’ai développé le concept sur l’ensemble de mes créations. »

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  • Alexander Wang

Directeur artistique de Balenciaga et de sa propre marque 

« J’avais tout juste 21 ans, j’étais encore à l’école de mode, en deuxième année. Je l’ai quittée du jour au lendemain pour créer ma propre marque, sans attendre d’avoir fini mes études. J’étais encore très jeune et je ne connaissais rien à la gestion d’une société, mais je me suis lancé parce que j’y croyais. Un autre moment décisif où j’ai senti qu’il fallait absolument que je saute le pas, c’était il y a un an – j’en ai 30 aujourd’hui. J’ai accepté de prendre la direction artistique de Balenciaga. Je passe ma vie à jongler avec mes collections, et chacune de ces décisions a respectivement été la meilleure de ma vie. »

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  • Anthony Vaccarello

Créateur de la griffe éponyme

« Je travaillais chez Fendi à Rome, avec Karl Lagerfeld. Pendant deux ans, j’y ai appris la réalité du business. Que la mode, ça n’est pas que du dessin ni de la recherche, que ça se porte, que ça se vend. À la fin de mon contrat, je me sentais un peu frustré de ne pas pouvoir évoluer dans mes aspirations propres, alors je suis parti à Paris. Pendant un an, j’ai cherché la maison de couture où je me sentirais bien. Le temps s’est écoulé, et j’avais de plus en plus envie de créer : des pièces, une collection forte. En 2007, pendant la fashion week, j’ai fabriqué, avec les moyens du bord, cinq robes que j’ai présentées en vitrine de la boutique Maria Luisa, sans trop savoir ce que je pouvais en espérer. Les réactions ont été très positives, notamment de la part de Carine Roitfeld et de Rick Owens. L’argent qui rentrait, je l’ai tout de suite réinvesti : cinq pièces, puis sept, puis vingt et j’ai finalement fondé ma maison et ma société. »

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  • Lutz Huelle

Créateur de la griffe éponyme

« En 2001, la deuxième collection de la maison que je venais de lancer était basée sur l’univers de la boxe. J’avais créé quelques pièces à partir de serviettes, celles qu’on pose sur ses épaules ou en paréo en sortant de la douche. J’en ai fait quelques robes pour la blague, sans penser qu’on allait les vendre. Puis Wolfgang Tillmans, l’un de mes amis photographe, a été nominé pour le Turner Prize, un événement très important et très mondain au Royaume-Uni. Il m’a invité, et j’y suis allé accompagné d’une amie. Elle est arrivée à mon bras, vêtue de cette seule serviette de bain tenue par deux bretelles, au milieu des robes de soirée. On n’a regardé qu’elle. L’effet obtenu m’a frappé, et m’a ouvert les yeux pour tout le reste de ma carrière : plus c’est simple, plus ça peut avoir d’impact. C’est devenu mon leitmotiv. Depuis, Kate Moss a été photographiée dans cette robe. »

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  • Sébastien Meunier

Directeur artistique chez Ann Demeulemeester

« Un article paru dans la presse annonçait le lancement de ma première collection en nom propre. C’était faux, je n’avais jamais parlé de ça, je ne l’avais même pas envisagé sérieusement. Mais j’aime les défis. Alors j’ai créé cette maison à mon nom, et je l’ai lancée, cette collection. »