Quelqu’un a parlé du retour des années 1990 ? Après une Fashion Week de New York marquée par les références à Carolyn Bessette Kennedy et un minimalisme ultra-lisse — suivie d’un défilé Gucci qui faisait clairement un clin d’œil à l’ère Tom Ford de la maison — la Fashion Week de Paris nous a offert une collection Tom Ford qui replonge directement dans cette décennie. Avec, au passage, quelques détours par le corpcore et un glamour très jet-set. Sans oublier l’une des icônes de l’époque, Kate Moss, installée au premier rang.
Plutôt que de défiler sur un podium traditionnel, les mannequins erraient dans un espace minimaliste entièrement blanc, se mêlant et flânant comme les figurants d’un clip stylé.

Tom Ford
Les silhouettes combinaient jupes et robes en cuir ultra-brillant, accents de dentelle et superpositions de maille. Le designer Haider Ackermann s’est amusé avec toutes les formes de transparence : chemises translucides, vestes, jupes et trenchs transparents à l’allure lisse évoquant l’univers d’American Psycho. Même le chapeau de pluie transparent a fait une apparition remarquée sur le podium.

Tom Ford
Ackermann a également rendu hommage au fondateur de la maison avec des pantalons très taille basse, soulignés par une fine sangle de cuir.
L’androgynie constituait un autre pilier de la collection. Des tailleurs à fines rayures apparaissaient sur des mannequins de tous genres — mais ces costumes brillaient subtilement. Deux robes noires aux découpes festonnées proposaient, quant à elles, une version plus mordante de l’élégance du soir.

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Le sens aigu de la couleur d’Ackermann s’est aussi pleinement exprimé. Des nuances de jade, d’écarlate et d’aubergine venaient dynamiser une palette dominée par le noir, le blanc et le gris. Les rouges à lèvres mats dans des teintes inhabituelles apportaient un contraste graphique — et confirmaient au passage que l’esthétique du clean girl makeup appartient désormais au passé.

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Autre aspect particulièrement rafraîchissant : le casting. Des mannequins de tous âges défilaient, avec une apparition très remarquée de l’icône des années 1990 Kristen McMenamy, qui donnait l’impression de revenir en 1997 le temps d’un instant.