Pendant la Fashion Week de Paris, aucun sujet de conversation — ni aucune invitation déballée sur Instagram — n’a autant circulé que le dernier défilé de Pieter Mulier pour Alaïa. Le designer belge avait rejoint la maison en 2021, et l’on apprenait plus tôt cette année qu’il avait été nommé directeur artistique de Versace, fonction qu’il prendra en juillet 2026.

Pour ce défilé été/automne 2026, le premier rang réunissait ainsi plusieurs figures majeures de l’industrie. Matthieu Blazy, aujourd’hui chez Chanel, et Raf Simons, de Prada, étaient notamment présents.

Le lieu, un espace industriel, affichait complet. Le show s’est achevé sous une standing ovation émue tandis qu’une musique triomphante emplissait la salle.

Le message d’unité traversait tout le défilé. Dans ses notes de collection, Mulier a remercié l’ensemble de son équipe, tandis que des écrans disposés sur les murs diffusaient les portraits de chaque membre de l’atelier, réalisés par le photographe Keizo Kitajima.

Sous la direction de Mulier, la simplicité, le corps et la précision de la coupe sont restés le langage amoureux ultime d’Alaïa. La collection s’ouvre sur des slip dresses d’une simplicité radicale, moulantes et épurées, qui font écho à deux obsessions majeures des podiums ces dernières saisons : l’esthétique des années 1990 et la silhouette bodycon.

Alaïa FW26

photo: Umberto Fratini / Gorunway.com

Ces premiers looks constituaient cependant les fondations d’un chant du cygne résolument minimaliste. Au programme : de longs manteaux croisés à la ligne élancée portés avec des gants, des robes drapées ponctuées de panneaux géométriques en cuir effet crocodile brillant, des maxi-robes colonne et des robes volantées fendues très haut sur les collants.

Les explorations d’archives étaient également de la partie, avec des robes à capuche drapées et un outerwear généreusement oversize qui rappelait l’héritage sculptural de la maison.

La facette la plus ludique de l’univers de Mulier — celle que ses admirateurs scrutent avec passion — s’est révélée dans les derniers passages. Chaque silhouette incarnait ces manières de s’habiller nuancées et immédiatement reconnaissables pour ses fidèles.

 

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Conceptuelles, certes, mais jamais totalement éloignées d’un usage réel pour celles et ceux qui aiment expérimenter. On y voyait des swing coats moelleux aux accents sixties revisités, des tailleurs-jupes soulignés de touches de fourrure inattendues, des manteaux transformés en tenues complètes grâce à des étages de volants, et surtout des vestes de tailleur en cuir associées à des tutus plissés rigides en cascade.

Une robe tube sculpturale couleur marmelade, dont les poignets se fixaient aux chevilles dans le dos, a offert l’un des exemples les plus audacieux de la manière dont Mulier s’aventure hors des silhouettes conventionnelles.

Un dernier moment d’étrangeté. Un dernier regard sur l’ère Mulier chez Alaïa.

 

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La suite reste à écrire — la maison n’a pas encore annoncé de successeur. Mais une chose est sûre : l’ensemble de l’industrie attend désormais de voir comment Mulier interprétera l’héritage de Versace dans les mois à venir.