Du 7 au 10 juillet, la Fashion Week Haute Couture automne-hiver 2025-2026 s’est installée à Paris. Moins tapageuse que la semaine du prêt-à-porter, plus ramassée aussi — 25 maisons au programme, pas une de plus —, elle a confirmé ce que l’on pressentait déjà : la couture revient à l’essentiel. Le fait main, le geste, la coupe. Une mode pensée pour durer, parler, bouleverser.

Clap de fin chez Chanel

Sans doute le défilé le plus scruté de la semaine. Mardi 8 juillet, dans le Salon d’Honneur du Grand Palais, Chanel présentait la toute dernière collection imaginée par son studio de création interne. Une équipe anonyme et pluridisciplinaire en place depuis 2019 et restée dans l’ombre de Virginie Viard, partie en juin dernier. En fond de salle, discret mais bien présent, Matthieu Blazy, futur DA de la maison, observait.

Côté collection, Chanel rejoue ses classiques, mais en mode allégé : un tweed assoupli qui flirte avec le tricot, des tailles basses agrémentées de plumes, des sequins, des perles… On retrouvait aussi des juxtapositions subtiles de voiles, des cuissardes à bouts ronds, et cette palette archi-Chanel : noir, blanc, beige. Bref, une élégance sans surenchère. La stratégie de la maison ? Afficher une transition douce pour préparer le terrain à la signature Blazy, attendue pour octobre. Une leçon business très couture.

©Chanel

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Schiaparelli : retour vers le futur

C’est Daniel Roseberry qui a ouvert le bal lundi matin, au Petit Palais. Intitulée « Retour vers le futur », la collection fouille dans les archives d’Elsa Schiaparelli pour mieux les transfigurer : robes sculptées, tailleurs droits piqués d’yeux en céramique, silhouettes noires et blanches à l’allure fantomatique, ponctuées de rouge sang. Le vocabulaire est surréaliste et les références ultra-conceptuelles. En front row : Cardi B, Dua Lipa, Hunter Schafer, Philippine Leroy-Beaulieu. Le gotha est là, l’émotion aussi.

©Schiaparelli

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Armani : noir c’est noir

Dans l’antichambre feutrée du Palazzo Armani, rue François Ier, la couture rend hommage au noir, décliné ici en 78 nuances (peut-être même plus). Pour cette collection intitulée Noir Séduisant, Giorgio Armani, absent pour raisons de santé, orchestre un ballet de textures : velours liquides, drapés charbonneux, satins cendrés.

Les silhouettes oscille entre féminité et androgynie. Elles flirtent tantôt avec le vestiaire de nuit, tantôt avec des smokings à même la peau, des robes coupées au cordeau et des bérets rétro. En filigranes, une déclaration d’amour à Paris, orchestrée à distance par le maestro de 91 ans, toujours debout.

©Armani

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Iris van Herpen : sous l’océan

Iris van Herpen, après quelques saisons en retrait, a signé le 7 juillet un come-back aussi magistral qu’aquatique. Dans le théâtre halluciné de l’Elysée Montmartre, sa collection « Sympoiesis » sonne comme un manifeste en fusionnant l’humain, la nature et la technologie dans un seul vêtement.

Robe de méduse bioluminescente, corset d’algues cultivées, silhouettes flottantes qui semblent respirer… Plus qu’un défilé, une expérience sensorielle, rehaussée par la fragrance marine imaginée par Francis Kurkdjian. Chaque modèle semble sorti des fonds marins. Une mode habitée, rare, radicale et nécessaire.

©Iris van Herpen

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Balenciaga : le dernier salut de Demna

Mercredi 9 juillet, entre les murs des salons historiques de la maison Balenciaga, la mode retenait son souffle. Demna, arrivé en 2015, signait son dernier défilé. Et comme souvent chez le créateur géorgien, le show oscillait entre irrévérence assumée et révérence sincère.

Sur une bande-son murmurée où les noms de ses collaborateur·rices défilaient, ponctués par “No Ordinary Love” de Sade, il réactive ses archétypes : tailleurs bancaires, cols de Nosferatu, silhouettes bodybuildées, et robes hollywoodiennes portées par Naomi Campbell, Eva Herzigova ou Kim Kardashian, parée des diamants d’Elizabeth Taylor. Mais derrière les excès, une coupe parfaite. La relève est déjà là, en front row : Pierpaolo Piccioli, ex-Valentino, désormais prêt à écrire le nouveau chapitre.

©Balenciaga

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Dior absent, Margiela en embuscade

Grande absente du calendrier : Dior. En pleine transition, avec l’arrivée de Jonathan Anderson à la tête des lignes masculines, féminines et haute couture, la maison a préféré se retirer du calendrier. Une pause stratégique, mais qui laisse un vide. En embuscade, Glenn Martens s’apprête à faire ses débuts très attendus chez Maison Margiela, avec la difficile mission de succéder à John Galliano.