Rencontre avec Dvtch Norris, le nouveau prodige du rap belge

Publié le 27 juin 2019 par ELLE Belgique Photos: Extensa
Rencontre avec Dvtch Norris, le nouveau prodige du rap belge

Un flow reconnaissable parmi des centaines, des textes profonds voire intimes et un look bien à lui. Dvtch Norris est sans conteste le nouveau rappeur à suivre. Rencontre avec cette étoile montante de la musique belge. 

Dvtch Norris ou Fahad Seriki, de son vrai nom, est originaire d'Anvers. Après un premier EP réussi, il vient de sortir son second projet, Fahad Seriki, I Hate you. On y retrouve des titres comme Blessed ou Save Us, qu'il jouera bientôt sur les scènes de nombreux festivals comme Couleur Café ou Dour. On a retrouvé le jeune artiste en compagnie de sa styliste Kate Housh pour discuter musique, mode et projets.

Après I'm Sad, I Wanna Make It, tu viens tout juste de sortir ton nouvel EP. Quelle est l’histoire de ce nouveau projet ? Quand est-ce que tu as commencé à travailler dessus ? 

Dvtch Norris : C’est assez confus, parce que j’ai eu quelques démos durant l'été 2018. Mais j’ai vraiment commencé à travailler dessus à partir de septembre quand j’ai déménagé à BruxellesC’est à ce moment que j’ai trouvé toute l’inspiration dont j’avais besoin. Tout ce que je devais prendre en compte pour le projet. 

On retrouve beaucoup d’histoires compilées. Mais le message de cet EP est l’insécurité, s’ouvrir, être transparent à propos de choses personnelles.  Je peux même dire que le concept est la haine de soi, ce qui est assez brutal. Mais c’est drôle parce que quand j'écrivais et que j’enregistrais les musiques, ça ne me paraissait pas aussi dur. 

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C'est juste sorti de mon système. Je ne m'en suis pas rendu compte mais le projet était là. Un EP sur mes vices et mes démons personnels.

Comment tu définirais ton style ? 

Dvtch Norris : Je pense que si tu écoutes le projet tu vois que j’aime prendre des directions différentes avec mon travail, la façon dont je m’habille ou ce que j’aime écouter. Donc, si je devais définir mon style, je dirais : divers.

Quelqu’un a dit que mon premier EP était comme un “coloring book” ( un livre de coloriage). J’aime cette idée de dire que tu obtiens, captes différentes couleurs quand tu écoutes ma musique. "A colorful artist" ( un artiste coloré) ! 

Comment tu te positionnes dans la scène rap actuelle ?

Dvtch Norris : Je remarque que beaucoup de gens me soutiennent et attendent mon moment. Je joue dans beaucoup de festivals, je fais pas mal de concert, mais on me dit toujours "tu mérites mieux" ou "tu mérites plus". Donc je sens que ma position est celle de “l’underdog”, de l’outsider

Parlons de ton look maintenant ! Tu es toujours accompagné de ta styliste Kate Housh. Comment vous êtes- vous rencontrés ?

Kate Housh : C'est grâce à Coely (rappeuse belge). Je travaillais déjà avec elle. Dvtch était souvent invité à se produire sur scène à ses cotés. C’est comme ça que nous avons fait connaissance.

Et comment avez vous décidé de travailler tous les deux ?

Kate Housh : Je pense qu’on n’en a jamais discuté. Notre collaboration semblait juste évidente et naturelle. Ça fait maintenant 2,3 ans qu'on travaille ensemble.

Est-ce que vous avez créé une sorte de personnage pour la scène ou vous avez juste amélioré ton propre style ? 

Dvtch Norris : J’essaye d'être la meilleure version de moi-même en tant qu’artiste sur scène. Au début, je disais toujours à Kate "je veux ci" ou "je veux être comme ça". Mais en fait mon travail prend tout son sens quand je suis simplement moi. Si tu me vois sur scène et que tu vois l'énergie que j’apporte, c’est exactement la même que celle que je donne aux gens en dehors. Même les vêtements que nous avons créés ou personnalisés nous-même, tout a une histoire personnelle.  

Et justement en terme de style, quelles sont vos inspirations ? 

Kate Housh : Le but n’était pas que Dvtch devienne juste une icône fashion. Il voulait être humble et authentique sur scène. Il avait envie de créer quelque chose avec le "workwear", les vêtements de travail parce qu'il veut représenter la classe ouvrière, les personnes qui travaillent dur, comme son père.

C’est un véritable processus parce que on s’est beaucoup plantés, mais c'est surtout un travail d’équipe. Sa vision est très détaillée et très folle des fois. Pour moi c'est très intéressant de travailler avec lui parce qu'il y a toujours un effet de surprise.

Et pour la sortie de ce nouvel EP, quelles sont vos idées ? 

Kate Housh : Aujourd’hui, on continue d’incorporer le “workwear”. Mais ce nouvel EP est basé sur l’insécurité, on a donc créé la veste Insecurity. Elle s'adresse aux gens qui manquent de confiance et ils la portent comme si c’était leur profession. On a reçu de nombreux commentaires positifs parce que c’est détaillé. Chaque pièce que nous créons est comme customisée, il y a une histoire derrière. C’est lui tout simplement.

Pour finir Dvtch, quels sont tes objectifs ? 

Dvtch Norris : Tout d’abord, je veux prendre soin de ma famille. Quand j’ai quitté l'école, je n’avais pas de diplôme, pas de boulot donc ça a toujours été mon objectif numéro 1. Je n’ai pas besoin de millions. Si je peux pourvoir aux besoins de ma famille en faisant quelque chose que j’aime, ça serait l’idéal.

Je veux aussi avoir un impact. J’ai toujours senti que c'était ce qui me manquait durant mon enfance, être le mec qui est important et que les gens respectent. C’est ce dont j’ai envie en ce moment. 

 

Retrouvez Dvtch Norris, le vendredi 28 juin à Couleur Café et le 14 juillet à Dour.

Pour plus de dates, rendez-vous sur son Facebook : https://www.facebook.com/DvtchNorris/

 

Charlotte Médot (stagiaire)