Urban Therapy: l’afterwork arty et ses cocktails au thé

Publié le 7 juin 2018 par Laurence Donis
Urban Therapy: l’afterwork arty et ses cocktails au thé

C’est nouveau et c’est très cool. L’idée? Découvrir un artiste tout en sirotant un gin infusé au thé. Le concept-store Urban Therapy propose un tea time corsé à base de cocktails originaux et de scones salés.

Réservez votre 15 juin, on vous emmène loin. A Londres plus précisément, mais tout en restant à Bruxelles. Urban Therapy, l’un des concept-stores les plus cool de la capitale, organise une tea time party très arty. En mode afterwork, on s’y rend en début de soirée pour siroter du thé sous toutes ses formes. Chaud ou glacé, dans un cocktail (avec du gin, des baies de genièvre, du gingembre et de la menthe) ou infusé dans de la bière (une blonde avec de l’écorce de citron et du thé blanc). Surprenant.

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Un verre à la main, un scone salé dans l’autre, nos yeux, eux, sont libres. Et on en profite, parce qu’on est surtout là pour découvrir un nouvel artiste. Il s’appelle KRYL, il a 25 ans et vit à Bruxelles. On a rencontré le cool kid pour l’occasion. Interview.

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Ton parcours ? « Ma famille est d’origine russe et polonaise. Mes parents et mes grands-parents m’ont fait tomber dans le pot de peinture quand j’étais petit. A 20 ans, je pars un an en Erasmus à Prague. J’ai envie d’en apprendre plus sur cette Europe de l’Est dont on me parle depuis toujours. Les cours sont hyper light, on part à Berlin, Varsovie, Budapest (entre autres), on fait la fête tout le temps... Et comme j’ai beaucoup de temps libre, j’explore le dessin comme jamais. Je vais voir beaucoup d’expos, j’apprends énormément sur les arts visuels en général. Je dessine sur des morceaux de bois récupérés dans la rue ou au feutre noir sur les avant-bras de mes potes en soirée, façon tatouage. A Prague, je rencontre aussi ma copine, je réalise souvent son portrait. Et deux mois après l’avoir rencontrée, je décide de ne pas rentrer en France mais de la suivre à Bruxelles et d’y finir mes études de droit. »  

Ton style ? « J’explore différents styles, différents médiums (feutres, bombes, aquarelle...) Je dessine souvent des figures animalières. Pour moi, ça représente la diversité, l’exotisme, l’ouverture, le voyage. Depuis longtemps, j’aime le travail artistique de précision et jouer sur les textures (visuellement), notamment le hachurage. Le travail à l’encre noire donne de la profondeur, du relief au dessin. Je m’intéresse aussi beaucoup au tatouage, je trouve les artistes super innovants dans leurs tracés, leurs façons de dessiner, de se démarquer. » 

Ton but ? « Je suis clairement en quête d’une identité visuelle forte, c’est un travail sur la durée. Lorsqu’on voit le travail de certains artistes, comme Expanded Eye, Carlo Amen ou Nils Goldgrund, on repère directement que c’est eux. C’est ce que je recherche : pas la perfection artistique/technique, mais la distinction, ma marque de fabrique. » 

Ta collab avec Urban Therapy ? « On a réalisé des coques d’iPhone en bois, mes dessins sont gravés dessus par un artiste chinois, une fresque et des t-shirts. Il y aura des séries pour mecs et pour filles. Pour celle des femmes, on s’est inspiré des tees en soutien au mouvement « Free The Nipple ». On trouvait ça sympa de mettre de la bouffe sur les seins des filles, mais pas des cerises ou des avocats comme c’est souvent le cas. Ici, on est parti sur des donuts avec des pilules en guise de glaçage et des cornets de glace (à la place des boules, on retrouve des gros burgers juicy). Ça remplace le petit sorbet à la framboise, si tu veux. L’idée, c’est de célébrer la diversité. De dire que les filles ont autant le droit que les mecs de manger ce qu’elles veulent et qu’il faut arrêter avec la nourriture genrée. »

Et ta fresque ? « J’en dévoile une petite partie sur mon compte Insta mais il faudra venir le 15 pour la voir en entier. Avec Anis (le boss d’Urban Therapy), on s’est vite mis d’accord sur le thème. On a repris la philosophie de la boutique : « Support the makers » (traduisez : supportez les fabricants, les créateurs), et j’ai travaillé sur le concept. Celui qui était maker avant que les makers deviennent trendy, c’est Dieu. Le mec, c’est un influenceur. Je suis donc parti de cette idée, la création divine, en utilisant le produit phare du concept-store : les terrariums. Sur la fresque, on peut voir une figure divine cachée dans les nuages. Dans ses mains immenses, elle tient des pots en verre et déverse délicatement le contenu sur une planète. Les couleurs et personnages sont surnaturels, composants d’un univers imaginaire. Tout est entouré d’un cadre brisé pour signifier que la création n’est ni classique ni parfaite mais originale. » 

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Vous en voulez encore ? 

Ça tombe bien, Urban Therapy lance deux nouveaux concept-stores. Les petits derniers de la bande s’appellent Capsule et Warehouse. « Capsule, c’est le même concept qu’Urban Therapy mais la spécificité, c’est qu’on présente beaucoup plus de produits belges », explique Anis. « On a toujours mis les artistes sur le même pied d’égalité, qu’ils viennent de chez nous ou de pays étrangers. Mais en lançant notre première boutique à Bruxelles, on a rencontré énormément de Belges très talentueux et on avait envie de les mettre à l’honneur ». 

Et Warehouse ? « Comme son nom l’indique, l’idée, c’est de retrouver une ambiance d’entrepôt ». Imaginez que vous puissiez vous balader dans le dépôt de votre magasin préféré, découvrir les produits bruts, fouiller dans les grandes caisses en bois fraîchement arrivées… C’est dorénavant possible. Dans une déco industrielle, on navigue ici entre les colis et on se renseigne sur leur voyage. « On veut raconter aux gens l’histoire d’une marchandise. Elle n’arrive pas directement à Bruxelles depuis Bangkok par exemple. Avant ça, elle est passée par toute une série de pays, tout dépend des autorisations, des accords bilatéraux, des taxes, etc. », raconte Anis. « L’idée de la boutique, c’est d’offrir aux gens la crème de la crème des produits étrangers. S’il ne fallait en importer qu’un seul, ce serait celui-là. On a du savon comestible pour bébés ou encore un thé d’une qualité exceptionnelle parce qu’il pousse à une telle altitude que les insectes ne viennent pas manger les feuilles. »  

Infos pratiques

>Afterwork tea time et exposition KRYL: Chez Urban Therapy le vendredi 15 juin à 19h30. Rue de Flandre 84, 1000 Bruxelles. Plus d’infos sur la page de l’event.

>Capsule: Avenue de la Toison d'Or 17A-20, 1050 Ixelles

>Warehouse: Rue Léon Lepage, 57 – 1000 Bruxelles.