Success story: Nicola Mendelsohn, vice-présidente de Facebook

Publié le 4 juin 2018 par Laurence Donis
Success story: Nicola Mendelsohn, vice-présidente de Facebook

Comment en est-elle arrivée là? Quels sont ses conseils de businesswoman pour percer? Rencontre avec Nicola Mendelsohn, vice-présidente de Facebook pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.

Petite, Nicola rêve de devenir actrice. Elle étudie l’anglais et le théâtre à l’université de Leeds en Angleterre mais décolle vite des planches pour aller briser le plafond de verre. Elle ne jouera jamais dans le dernier Ridley Scott mais finira tout de même sous le feux des projecteurs : aujourd’hui, elle est vice-présidente de Facebook pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Et elle en impose. D’ailleurs, lorsqu’on la rencontre dans les bureaux du réseau social à Bruxelles, on dirait une star.

Sourire à la Julia Roberts, cuissardes et cheveux wavy impeccables... On oublierait presque qu’elle arrive directement de l’aéroport. Mais plus que son look, c’est son audace qui nous impressionne. Avant de rejoindre l’équipe de Mark Zuckerberg en 2013, Nicola se lance dans le marketing sur les conseils d’une copine. Elle passe par plusieurs agences et devient la première femme à la tête de l’industrie de la pub en Angleterre. (Elle a été la première présidente de l’IPA (Institute of Practitioners in Advertising), l’institut des professionnels de la publicité.) 

Ses conseils pour monter dans la hiérarchie ? Garder un esprit curieux et oser. « Quand j’étais en agence, j’étais toujours volontaire pour travailler sur les nouveaux projets digitaux. À l’époque, on bossait sur les CD-Rom. Ça paraît old school maintenant mais c’était très excitant, explique-t-elle en riant. C’est important aussi de se faire confiance. Plus jeune, je ne m’exprimais pas lors des réunions. J’avais peur de paraître stupide. Mais quelqu’un d’autre finissait par donner mon idée, et c’était souvent un homme. » Nicola recommande aussi aux femmes d’être claires avec leur boss :

« Ton manager ne lit pas dans ta tête. C’est à toi de lui dire ce que tu veux et comment tu vois ton évolution dans l’entreprise. Je me souviens de ma première entrevue pour une augmentation de salaire. C’était terrible, je n’avais rien préparé contrairement à mes collègues masculins ! Il faut prendre le contrôle de sa propre carrière.» Quand on lui demande qui l’a inspirée, elle répond sa mère et sa grand-mère. Deux working girls à une époque où ce n’était pas forcément la norme. Féministe, elle encourage les femmes à se soutenir et à choisir des modèles auxquelles elles peuvent s’identifier : « Ce sont des collègues qui vous ressemblent mais qui sont quelques étapes plus loin. Si ton role model, c’est le CEO, le parcours pour y arriver semblera trop compliqué. On ne passe pas directement du bas de l’échelle au sommet. » 

Et Facebook dans tout ça ? Nicola explique que la compagnie a lancé une série d’initiatives gender-friendly. Logique : les recherches montrent que lorsque l’équilibre homme-femme est atteint, l’entreprise est plus performante... Un exemple ? La formation « Gérer vos biais inconscients ». « On a tous des préjugés, le but c’est déjà de s’en rendre compte pour essayer de les dépasser, raconte la businesswoman. Ce sont des petites choses qui peuvent faire la différence. Il y a quelques années, je suis allée à un event sur l’égalité qui rassemblait des experts en la matière. Je suis arrivée en avance et je buvais un café avec d’autres femmes lorsqu’un homme est entré dans la pièce. Il nous a regardées et il a dit : “ Tiens, je dois être le premier.“ Dans sa tête, il n’imaginait même pas que nous étions là pour le meeting, comme lui. » 

Mais il en faut plus pour déstabiliser Nicola Mendelsohn. Maman de quatre enfants, elle voyage constamment pour son job et se bat également contre un cancer du sang. Et elle semble tout gérer de front avec aplomb. « J’adore ma famille mais j’adore aussi mon boulot. Forcément, je ne peux pas être partout à la fois mais c’est la vie. J’essaie d’être honnête avec mes enfants, je m’assieds avec eux et je leur demande ce qui est important . Je déteste le mot “ équilibre “ parce que ça présume qu’une situation est bonne et qu’une autre est mauvaise. Chacun gère sa vie comme il peut, comme il veut. » Inspirant et déculpabilisant.