Qui sont les nouveaux visages de la scène belge ?

Mis à jour le 27 juin 2018 par Grégory Escouflaire Photos: Alexandre Bibaut
Qui sont les nouveaux visages de la scène belge ?Crédit : Alexandre Bibaut

Ils sont les nouveaux visages de la scène musicale belge. Les porte-paroles d’une génération biberonnée au hashtag et au streaming, sans labels à leurs basques ni étiquettes à leurs baskets. Ils se moquent des protocoles, font leur truc en cachette.

Ils sont libres et libertins, sans oeillères ni préjugés. Ils parlent français et néerlandais, habitent et créent ensemble. Ils s’organisent en famille ou en bande, donnent du corps à leurs rêves et du coeur à l’ouvrage. Voici le futur, leur futur, en neuf portraits sans fard.

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JUICY

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Crédit : Guillaume Kayacan

Après s’être fait les dents sur des covers pétillantes de classiques rap/r’n’b so nineties, les deux copines de Juicy passent enfin en mode V.O. avec leur premier EP « Cast A Spell ». Et c’est toujours aussi chaud.

C’était quoi à la base cette idée de reprendre du TLC et du Destiny’s Child ?

Julie Rens : C’est parti d’un pote qui nous avait demandé il y a deux ans de jouer au vernissage de son expo… On est parties dans ce délire de reprendre 2-3 morceaux hip hop/r’n’b bien sexistes et de les refaire à notre sauce. Les gens ont tout de suite accroché !

Sasha Vovk : Du coup on a commencé à démarcher dans des bars et les demandes ont afflué. Au final on a fait plus de 200 concerts !

Vous vous êtes rencontrées où ?

Julie : Au Conservatoire Royal de Bruxelles il y a 7 ans.

Sasha : On a fait plein de petits projets ensemble avant Juicy : des projets soul, gospel, jazz,… Les covers c’était vraiment de l’impro à la base, mais comme ça plaisait vraiment aux gens on a continué !

Julie : Et puis un jour on s’est mis à écrire nos propres compos sans aucune pression, on est parties 10 jours dans la Drôme pour s’isoler et c’est comme ça qu’est né « Cast A Spell »…

Vous parlez notamment de sexisme dans ces nouveaux morceaux. Vous le ressentez dans le milieu hip hop auquel on vous rattache ?

Julie : Ben c’est de là que Juicy est parti, c’est ça notre thématique : reprendre les clichés hip hop et r’n’b qui sont hyper misogynes et les retourner, les renverser. Après on en rigole complètement, même si c’est un sujet sérieux.

Dans votre premier clip (« Count Our Fingers Twice »), le mec se fait quand même couper le sexe !

Sasha : Ouais ! (elle se marrent toutes les deux) Mais on y est pour rien, c’est notre pote réalisateur Jan Schmicker qui a eu cette idée… Ca fait un an qu’il bosse dessus sans nous en parler !

Du coup le jus, c’est quoi ?

Julie : Le jus ? C’est de la bombe ! On s’est juste dit qu’il nous fallait un nom un peu kitsch et r’n’b.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour le futur ?

Les deux : Vivre de la musique, enregistrer plein de disques, faire des milliards de concerts !

Un disque : "Cast A Spell"

En concert le 22 mars à l'AB (sold out), le 23 mars au Beursschouwburg (sold out), le 18 avril au Reflektor, le 6 mai aux Nuits Botanique et cet été à Couleur Café, aux Ardentes, à Dour et à Esperanzah! 

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RUN SOFA

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Un duo carolo qui fait bouger les lignes de l’indie rock et du hip hop, dans une ambiance post-indus’ qui rappelle le Manchester de Ian Curtis… Dans le genre gueule(s) de contrastes, run SOFA se pose là, en outsider de premier choix.

Comment vous vous êtes rencontrés ?

Julien Tassin (guitare) : En fait on se connaît depuis toujours, puisqu’on est cousins !

Antoine Romeo (chant) : On traîne ensemble depuis qu’on est tout petits. Au début c’est lui qui jouait de la guitare pour moi, qui me faisait découvrir des disques… On a toujours eu cet échange-là autour de la musique. C’est vraiment notre passion. On écoute vraiment de tout, et je pense que ce côté hybride se ressent bien dans notre son.

Comment définiriez-vous le style de musique que vous jouez ? On y sent de fait pas mal d’influences…

Antoine : Je pense que l’adjectif « hybride » correspond assez bien à ce qu’on fait ! Et disons que le rock résume bien notre attitude. En fait on aime autant des trucs cool comme Chet Baker que des artistes plus dark comme Björk ou Suuns ou du hip hop à la Death Grips ou Shabazz Palaces.

Jusqu’à ce patronyme qui sonne comme un oxymore… Cela correspond à votre état d’esprit ?

Antoine : Clairement. On a toujours été dans un truc clair-obscur. Notre musique oscille sans cesse entre le lumineux et le limite glauque : ça fait partie de nos personnalités.

Dans votre bio vous dites que vous venez de « Manchester-sur-Sambre »…

Julien : (rires) C’est parce que le parallèle entre Manchester et Charleroi nous semblait tellement évident : même passé industriel, mêmes racines rock,…

Antoine : Avant on écoutait quasiment que des groupes de Manchester : les Stone Roses, Joy Division, les Happy Mondays,… Ce sont tous des groupes qui ont fait de la musique pour s’échapper d’un quotidien assez morose, qui venaient de quartiers ouvriers et qui zonaient dans des paysages d’usine. Un peu comme nous quoi ! Il y a un côté très dur et très rock qui colle à Manchester, et Charleroi c’est pareil.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour le futur ?

Antoine : De continuer à faire de la musique, tout simplement. D'avoir les moyens de le faire, et de développer notre style... Bref de toujours aller plus loin !

Un disque : run SOFA, « SAY. » (La Base ASBL)

En concert le 5 mai aux Nuits Botanique et cet été à Dour et aux Ardentes

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CHARLOTTE

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Chant, danse, vidéo, photo : Charlotte maîtrise déjà le biz comme personne… Et tout comme Christine, dont elle partage aussi la poésie du rythme, son prénom - c’est sûr – sera bientôt sur toutes les lèvres.

Raconte-nous tes débuts.

J’ai commencé à faire de la musique il y a deux ans sur mon petit ordi, mais rien de sérieux : je chantais surtout sous ma douche ! Puis j’ai rencontré Nicolas D’Avell (un jeune producteur/compositeur/arrangeur, ndr) qui m’adonné confiance en moi… Faut dire que j’avais une grosse pression au-dessus de ma tête !

Tu parles de tes parents ? (Alec Mansion et Muriel Dacq, deux ex-« Stars 80 » qui ont vendu des camions de disques avec « C’est l’amour » pour monsieur (Leopold Nord & Vous) et « Tropique » pour madame)

Oui, je sentais qu’il fallait que je fasse du lourd, pour pouvoir l’assumer complètement. En fait ils ne m’ont jamais poussé dans cette voie-là, c’était même plutôt le contraire ! Ils avaient peur que ce soit trop hard pour moi… Ils me disaient que c’est un milieu où on donne beaucoup sans forcément recevoir en retour Aujourd’hui ils préfèrent rester en retrait, même si je suis toujours curieuse de savoir ce qu’ils en pensent…

Ils te donnent pas de conseils ?

Un petit peu, mais franchement j’ai pas envie de les mêler à ça ! Et quand j’ai envie de leur faire écouter ce que j’ai fait, j’attends vraiment que ce soit abouti parce qu’ils sont très critiques ! (rires)

En tout cas tu sembles désormais savoir ce que tu veux ! Il suffit de regarder ton tout premier clip (pour le single « Ta Peau ») et ton compte Instagram : c’est net et précis.

Oui, c’est un concept quoi ! Y a l’image, la vidéo, la photo, ma sœur qui fait la choré,… J’adore mixer toutes ces formes d’art, c’est le pied !

C’est quoi pour toi une chanson réussie ?

Quand elle prend aux tripes ! Et quand c’est fait avec sincérité.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour le futur ?

Que cette harmonie que j’ai trouvée continue comme ça pour les prochaines chansons. J’espère que c’est pas juste un coup de chance, mais du solide !

Deux singles, « Pars » et « Ta Peau » (Sony)

En concert le 28 avril aux Nuits Botanique, le 23 juin à la Fête de la Musique (Namur) et le 19 juillet aux Francofolies de Spa 

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SAM RENASCENT

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Anversois d’origine congolaise au CV musical imposant, Sam Renascent a tout du petit Stromae en herbe. Retenez bien ce nom.

Tu as étudié la musique à Anvers, Amsterdam, Londres et aux States… Balèze pour un mec de 23 ans !

Disons que j’adore la musique et que j’ai mis toutes les chances de mon côté pour en faire mon métier, ouais ! (rires) Dans ma famille tout le monde est à fond dedans : mon père et mes frères sont musiciens, ma mère chante dans une chorale…

A quel moment tu t’es dit : je veux y consacrer ma vie ?

Après avoir visité ma famille biologique au Congo, à 18 ans. Je suis le seul de ma fratrie à avoir été adopté. C’est là que je me suis rendu compte de la chance que j’avais, et que je devais rien lâcher.

Tes racines africaines sont-elles du coup une source d’inspiration ?

C’est évident ! Mais en même temps j’ai grandi en Europe, j’ai pas mal voyagé… Et tout ça se retrouve dans ce que je fais. J’essaie de mixer toutes ces influences : la musique africaine, l’électronique, la pop, le r’n’b…

On pense un peu à Stromae à l’écoute de ton tout premier single, « Kobotoma »…

C’est l’un de mes artistes favoris ! Il est vraiment très fort dans sa façon de mixer les styles, et pas seulement dans sa musique… Il gère aussi tout le reste : la mode, le live, le visuel, l’online,… Franchement c’est la classe !

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour le futur ?

Que les gens sachent qui je suis, et ce que je fais. Qu’ils apprécient ma musique pour ce qu’elle est : un mélange de plusieurs continents... Et que ma carrière décolle !

Un single : « Kobotoma » (V2 records)

En concert le 9 avril au Depot à Leuven et le 12 mai à l'Ancienne Belgique

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TODIEFOR

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Crédit : Guillaume Kayacan

Petit prince de l’électro-pop made in Bruxelles, Luca Pecoraro cartonne déjà sur la bande FM. Et si ce « cool kid » était le fils caché de Diplo et de Martin Solveig ?

L’aventure Todiefor a commencé comment ?

Quand j’ai arrêté l’école à 18 ans ! C’était d’abord un hobby, puis j’ai fait ce morceau très club (« Deez Nuts ») qui a bien marché sur Internet, du coup je me suis dit pourquoi ne pas continuer ? C’était ça ou des stages chez Actiris ! (rires)

C’est quoi ce blaze ?

Au début c’était 2D4 – phonétiquement ça donne « to die for », tu vois ? Je me trouvais malin à l’époque ! (rires)

T’es parti à L.A. récemment en compagnie de JeanJass et de Caballero (en feat. sur son tube « Cool Kids »). Raconte un peu !  

C’était incroyable ! (ses yeux pétillent) On en a profité pour enregistrer des trucs, faire des clips et des photos… J’y retournerais bien direct ! C’est à la fois démesuré et très européen… On a même rencontré The Alchemist (le producteur de Mobb Deep et d’Action Bronson, entre autres)… Et on a bouffé comme des porcs ! (rires)

T’es pas le seul à aligner les tubes dance en ce moment en Belgique... Alex Germys, Henri PFR, Lost Frequencies,… Vous êtes tous potes ?

Oui, on se connaît tous ! Henri je le connaissais avant de faire de la musique, et Alex on s’est rencontré par hasard… Y a pas vraiment de compète entre nous… Et là je bosse sur un single avec blackwave., sur des trucs plus électro/hip hop.

Tiens c’est qui cette Helen qui chante sur « Beautiful » et « Never Met You », tes deux premiers tubes ?

C’est une Roumaine qui écrit et compose pour plein de pop stars slaves ! Je l’ai rencontrée par hasard sur Internet et je suis tombé direct amoureux de sa voix… Et le courant est tellement bien passé entre nous qu’on a fait 6-7 morceaux ensemble !

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour le futur ?

Luca : Un disque d’or !

« Cool Kids »/« Beautiful EP » (Sony)

En concert le 5 mai à l'Inc'rock Festival, le 18 mai au Seneffe Festival et cet été à Rock Werchter, aux Francos et au BSF

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PHASM

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MC et beatmaker stakhanoviste, ce brusseleir pure souche déroule les prods pour tous les rappeurs qui comptent dans le game. Il était temps de lui rendre justice.

Pourquoi Phasm ?

C’est parti d’un pote qui m’a appelé comme ça parce que je suis grand et maigre, et parce que j’ai ce côté mimétique : je traîne aussi bien avec des rappeurs qu’avec des métalleux – d’ailleurs à la base je viens du death metal ! Le hip hop c’est venu quand j’ai commencé mes études d’ingé son. Je trouvais que c’était ce qu’il y avait de plus éclectique en termes de musiques électroniques…

Et tu préfères quoi ? Rapper, produire, composer ?

La scène. Parce que c’est vraiment là que la musique se partage. Et puis en concert les gens sont plus attentifs et ils comprennent tout de suite où tu veux en venir !

Tu bosses aussi pas mal avec des rappeurs néerlandophones (Stikstof, Zwangere Guy, Berrykrimi,…). T’es parfait bilingue ?  

Ben non je parle pas un mot de néerlandais… Mais pour avoir beaucoup bossé avec eux, je préfère les Flamands, ils sont mieux organisés ! (rires) Après ce mélange il peut se faire qu’à Bruxelles où il y a les deux langues. En Wallonie et en Flandre, ça ne se passe pas comme ça.

La scène hip hop belge tu la vois comment ?

En pleine expansion. En pleine professionnalisation. Le début d’un business.

Parle-nous un peu de ton projet Swiss Bank : “Tous les bénéfices que le groupe génère vont à des bonnes causes comme Gucci, Prada, Hermès, Lacoste, Versace,…” C’est quoi, du rap de riches ?

(il se marre) Swiss Bank c’est parti d’un bon délire avec mon ami Jazz de Stikstof : on était posé chez moi à bosser sur des tracks en se disant : ‘Rappons sur les marques de luxe’ ! Puis l’idée nous est venue de pousser le truc plus loin en sortant ces tracks sur vinyle à 50 exemplaires, qu’on vendrait hyper cher pour pouvoir nous acheter des accessoires de luxe ! Du coup on a fait la pochette le soir-même avec mon coloc’ qui est graphiste, et puis on a organisé un concert… Et on a tout vendu ! Ça a bien fait marrer les vendeurs de chez Gucci…

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour le futur ?

Rester en bonne santé. C’est le plus important.

Un disque : "Dracula EP" (Studio 87) 

En concert le 8 mai au Kriekelaar à Schaerbeek dans le cadre du festival Stoemp!

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BLACKWAVE.

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Déjà deux tubes bien coolos (« Elusive » et « BIG Dreams ») qui passent en boucle à la radio, ils sont beaux, ils sont chauds : attention, déferlante de grosses vibes !

Vous vous connaissez depuis longtemps ?

Willem Ardui (à la prod’) : On s’est rencontrés sur Internet, en bons « millenials » que nous sommes! (rires) Je cherchais quelqu’un pour rapper sur mes beats, et je suis tombé sur Jay !

Jaywalker (au mic’) : C’est comme ça qu’est né blackwave., avant même qu’on se rencontre dans la vraie vie ! Maintenant on crèche ensemble, tellement ça matche entre nous ! (rires)

Quelles sont vos principales inspirations ?

Jaywalker : Y en a tellement ! Pour commencer je dirais NWA, parce que c’est vraiment le premier groupe dont j’étais fan… Quand j’essayais d’être gangsta en fait ! (rires) Et puis Notorious B.I.G., 2Pac, Kendrick Lamar, Anderson .Paak, Outkast,…

Willem : Moi j’ai étudié le jazz pendant deux ans au Conservatoire d’Anvers, tout comme le band (The Dots) qui nous accompagne sur scène. Et j’adore sampler de vieux disques de jazz ! On essaie de s’inspirer de plein de trucs différents, du hip hop au folk en passant par le funk.

Et la scène rap francophone, ça vous branche ?

Jaywalker : Carrément ! Des mecs comme Romeo Elvis et Le Motel commencent à bien tourner en Flandre, c’est vraiment génial… Ils sont juste tous un peu tarés ! (rires)

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour le futur ?

Willem : Plus de concerts pour payer notre loyer ! (rires) On va juste essayer de continuer à faire du bon son, et sortir un album… Que le public aime notre musique, c’est le plus important !

blackwave., « Mic Check » EP (Sony)

En concert le 26 avril aux Nuits Botanique (sold out), le 3 mai aux Aralunaires, le 23 novembre à l'AB et cet été à Couleur Café et à Rock Werchter 

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BLU SAMU

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Intense. C’est l’adjectif qui colle le mieux à ce petit bout de femme qui claque des punchlines comme si sa vie en dépendait. On est déjà bleu d’elle.

La musique c’est le meilleur moyen pour exprimer tes émotions ?

Oui. Dans la vie de tous les jours je suis quelqu’un de très sociable, mais ça m’arrive aussi d’être un peu dans ma bulle et de ne pas réussir à exprimer ce que je ressens vraiment… Mais quand je fais de la musique, je lâche tout… Et puis c’est tellement fun !

Et ton blaze, Blu, c’est parce que t’es du genre mélancolique ?

En plein dans le mille ! (rires) Je suis assez nostalgique, c’est vrai. Mon nom sur Soundcloud par exemple, c’est Salamenderijn : c’est comme ça que m’appelait mon ex, et je l’ai pas changé parce que ça me rappelle de bons souvenirs… J’aime bien me remémorer le passé.

Et le futur justement, tu le vois comment ?

J’essaie de pas trop y penser, mais je sens que cette année va être très excitante ! J’ai pas mal de trucs sur le feu et j’ai envie d’apprendre et d’évoluer… Et de tout casser !! mais le plus important c’est l’amour, la santé, et l’amitié de mes bro’s !

En parlant de mecs, ça va la coloc’ avec les “bawlers” du 77 ?

Oui, on est vraiment très proches, on est un peu comme une famille ! Je suis fille unique et j’ai toujours voulu avoir des frères et soeurs… Là je suis comblée ! On a tous traversé des moments difficiles dans nos vies, du coup on est vraiment là les uns pour les autres…

Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

Nathy Peluso et IAMDDB ! Elles sont tellement talentueuses et spontanées… Elles me donnent des frissons quand elles chantent ! Et Lauryn Hill. J’aurais tellement de questions à lui poser. Elle me touche énormément.

En concert le 14 avril au Palais à Arlon, le 5 mai aux Nuits Botanique, le 23 juin à la Fête de la Musique (Charleroi) et cet été à Couleur Café, à Dour et aux Ardentes

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LE 77

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C’est du rap style syndrome de la Tourette, voire limite pompette : Le 77 (prononcez « le sept sept ») c’est trois potes en coloc’ qui dézinguent la zwanze. Des vrais cracks.

Alors vous venez d’où les mecs ?

Peet (MC et beatmaker) : Le 77 c’est le numéro de notre baraque en fait : le groupe n’existait pas avant. Mais on se connaissait : Félix (aka Félé Flingue, MC et ex-L’Or du Commun) et Morgan (beatmaker, DJ) se sont rencontrés à l’internat, Rayan (manager) et moi on a fait l’INRACI, et depuis on s’est jamais quittés. Et comme on faisait déjà de la musique chacun de notre côté, on a fini par faire un groupe ensemble.

Votre nouvel album s’intitule « Bawlers ». C’est quoi en fait ?

Morgan : Un bawler c’est un mec qui n’a rien à prouver à personne. C’est un mec qui s’assume totalement, peu importe son style où sa manière d’être.

Justement, vous assumez tous vos délires ? C’est pas mal la déconne !

Peet : C’est vrai qu’on aime bien déconner, mais on essaie de faire ça bien : c’est du travail ! On n’est pas là seulement pour rigoler, mais pour faire de la musique, et de la bonne. Mais bon c’est clair qu’ensemble on est des grands gamins… Même si on peut être très sérieux !

Un de vos tracks s’intitule « Helly Hansen ». La mode ça vous parle ?

Morgan : On n’a pas de thunes mais si on pouvait on aurait tous des garde-robes de dingue ! On kiffe les fringues, on est des gros fripiers, c’est là-dedans qu’on se dégote des bonnes vieilles marques à l’ancienne, bien larges, des belles petites vestes !

Comment vous avez rencontré Blu Samu ?

Morgan : En gros on l’a découverte lors de son premier show à Anvers, et on l’a trouvée géniale ! Et comme elle avait envie de bouger de là et de faire du son on lui a proposé de rejoindre notre coloc’… C’est vraiment une fille super ouverte et cool ! C’est un peu notre petite sœur à tous.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour le futur ?

Félé Flingue : Une tournée mondiale !

Peet : Et des sponsors, pour nous acheter des beaux vêtements !

Un disque : « Bawlers » (La Brique)

En concert le 29 mars au Reflektor à Liège et le 14 avril au Palais à Arlon et cet été à Couleur Café, à Dour ou encore aux Ardentes