Mannequin “Grande taille”: quand la toile se fout de ta gueule de ronde

Mis à jour le 21 février 2018 par Juliette Debruxelles
Mannequin “Grande taille”: quand la toile se fout de ta gueule de ronde

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La toile s’affole après qu’un article sur le Huffington Post ait présenté la nouvelle mannequin «grande taille» qui buzze.
Sauf que la fille, souriante, en maillot de bain, doit faire à tout péter un petit 40. Thigh gap (le creux entre les cuisses considéré comme le Saint Graal de la maigreur) inclus.
Leah Kelley «affiche sans complexe ses formes» peut-on lire.
Et là on hésite entre le fou rire et la crise de larmes.
Ça s’appelle une double bourde, ou l’art de choquer les minces qui, du coup, se posent des questions quant à leur place dans la chaîne alimentaire, tout en scandalisant les vraies rondes qui traquent, à coup de zoom, les éventuels bourrelets de la donzelle.
Car mes chéris, une ronde, une grosse, une plantureuse, une bien en chair, une charpentée, une gourmande, ce n’est pas ça.
Une dodue, c’est une femme qui rentre au chausse-pied dans un XL de chez Zara, les jours où elle a de la chance et/ou une gastro. C’est quelqu’un qui bénit Asos Curve, Marina Rinaldi et Prima Donna. C’est une femme qui ondule dans une robe en jersey, avec un tanga qui déborde, des hanches dans lesquelles l’index peut s’enfoncer de plus de deux centimètres, ce qui, oui, de l'avis de nombreux(se), est ultra sexy.
C’est une fille qui n’aime pas montrer ses bras, qui ne se pose plus la question de sa silhouette tant elle est heureuse d’avoir réussi à glisser la fermeture éclair jusqu’en haut. C’est quelqu’un qui, souvent, ne s’aime pas en photo. C’est une personne qui peut énumérer et définir plus de 10 sortes de régimes farfelus. C’est quelqu’un qui travaille chaque matin sur l’estime de soi, sur la qualité de sa peau, sur l’image qu’elle renvoie.
C’est une fille qui pète un câble quand on lui dit que la solution, pour être «belle», c’est de se mettre au burlesque. On n’a pas toutes envie d’afficher une féminité offensive, de porter des talons hauts pour s’allonger le cuissot, de se saucissonner dans de la lingerie qui gratte si elle est cheap.
Une ronde, elle fait du 44, minimum. Et elle n’a pas été conçue avec un logiciel Photoshop intégré qui lui lisse le capiton et réduit son double menton.
Une ronde, c’est quelqu’un que l’on n’a pas à insulter en lui collant sous les yeux l’image de Leah Kelley en insinuant que la normalité, dans sa catégorie, c’est ça.
Libérez le gras !