Mode : Les 8 improbables de l’été

Mis à jour le 15 février 2018 par Elisabeth Clauss
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En matière de mode, rien n’est interdit. Tout est question de dosage, et de moment. Quelques pistes pour éviter les fashion faux pas de l’été.

Le slogan féministe

On se lance si :

Si on adhère ! Le célèbre « We should all be feminists » de Maria Grazia Chiuri chez Dior qui est sorti en juillet a déjà séduit Rihanna (qui en connaît un rayon sur la défense de la dignité des femmes, comme on le sait). Pour se l’offrir, « We should also all be quite rich », parce que ce luxueux manifeste coûte 550€. Chez Pimkie, avec la même verve militante mais pour un budget plus « féministe-au-sens-pour-tout-le-monde », on peut revendiquer « Fight Like A Girl », pour quelques euros, et désormais en soldes. Que l’on opte pour l’un ou pour l’autre, la liberté n’a pas de prix.

(Dior)

On oublie si :

Si on a décidé de résister à la déferlante des vêtements à message (or la rebélion, pour le coup c’est hyper féministe), ou si on rêve d’être l’épouse au foyer dépendante financièrement d’un homme infidèle, « parce que les mecs, ils ont besoin de séduire, c’est normal ». Ou plus concrètement, si on est incorruptible à la tendance (auquel cas on arbore « Punk is Not Dead » dans le dos, écrit en gras sur un tee-shirt made in Bangladesh, qu’est-ce qu’on est à contre-courant!)

(Pimkie)

1/

Les cuissardes d’été

On se lance si :

On est petite : les bottes hautes sur des jambes courtes, ça flatte par effet d’optique, et ça donne un air innocent de petit poucet. On les adopte en tissus (velours, ou satin comme dans la collab’ VETEMENTS X Manolo Blahnik), ou carrément en cuir serpent, à l’instar des modèles A.F Vandevorst ou Y/Project. Ces cuissardes nous habillent toute entière, et on fait supra profil bas sur le reste (sinon l’ogre du bon goût viendra nous dévorer).

On oublie si :

On a tendance aux bouffées de chaleur (« chuis chaud, chuis chaud, comme dirait Soprano), on aime beaucoup les décolletés (effet « Pretty Woman » en première partie de carrière pas forcément recherché), ou si on veut avoir les jambes bronzées.

2/

La combi de garagiste

On se lance si :

On sait dépanner un moteur. Non, c’est pour rire. Mais on adopte la combi si on a une bonne résistance à l’envie de filer « se laver les mains », comme on dit. Un vêtement qu’on doit déboutonner ou dézipper de haut en bas dix-huit fois par jour, et dont les manches risque de traîner dans la boue quand on se baisse, il faut bien en calculer les pour et les contre. Mais cette pièce intemporelle et indémodable sera flatteuse sur quasi toutes les morphologies : avec des talons, on gère les rondeurs sans avoir l’air d’un carburateur.

On oublie si :

Le total look « de travail » ne s’accommode que d’un mode de vie oisif. Par exemple, ça ne viendrait jamais à l’idée d’une vraie infirmière qui enchaîne les gardes de nuit et qui soigne vraiment de vrais gens de se balader en bottines blanches et toute nue sous sa blouse courte. Pour la combi, c’est pareil : si vous bossez dix heures par jour les mains dans le cambouis, le plâtre ou la tambouille, vous voudrez un fourreau lamé. En revanche, la pièce pas pratique qui incarne le job manuel, c’est pour les rentières. Qui ont une grande vessie.

3/

Le looks Deschiens

On se lance si :

On maîtrise le second degré, et qu’on n’a plus rien à prouver. Cette dérive d’un mariage stylistique contre-nature entre les « rétrosexuels » et les nerds, dérive de la transversalité des genre, mène à assembler n’importe quoi avec un truc qui ne va pas avec, et à se sentir le roi du monde. Donc, on cède à ce manifeste complexe de supériorité qu’à la condition de supporter le look androgyne (attention, ça n’est pas donné à tout le monde), et à TOUJOURS vérifier que ça pourrait défiler chez Gucci. Sinon, on passe son tour et on s’habille normalement, non d’un (Des)chien !

On oublie si :

On est trop premier degré, un peu timorée, ou si on a peur d’être un jour hantée par le fantôme de la lucidité d’Alessandro Michele.

4/

Les boucles d’oreilles de 4 kg

On se lance si :

On a un grand cou (ou un « dikkeneke », vu qu’il faut assumer l’affaire). On boucle la boucle (d’oreille) des pendants imposants si on a de bonnes cervicales, et qu’on estime qu’on a un trop grand nez, un menton en galoche, des yeux trop rapprochés ou quelque autre complexe plus ou moins fondé : les grosses dormeuses endormiront les observations légitimes à l’égard de vos menus défauts, attirant l’attention sur vos lobes chargés. C’est une manœuvre politique primaire. Prenons, au hasard, le sémillant président américain. Tandis que tout le monde s’excite sur sa coupe banane et son bronzage carotte – cinq fruits et légumes par jour rien qu’en maquillage – trop peu de gens s’intéresse à inanité de son discours. Prenez-en de la graine (germée).

On oublie si :

On a de longs et volumineux cheveux, ça fera trop d’éléments prégnants dans le champ de vision de nos interlocuteurs, qui ne sauraient plus où regarder. On évite aussi la boucle d’oreille XXL si on est  courtaude et gourmande, parce que c’est un cou(p) à ressembler à un sapin de Noël.

5/

Le nano sac

On se lance si :

On  a une vie privée qui tient dans un sac de la taille d’un charms. Si on vit dans une maison sans clef, qu’on peut caser son téléphone dans son soutien gorge, qu’on ne fume pas, et qu’on a une équipe de make-up qui nous suit à la trace pour les retouches, et qu’on n’a pas besoin de transporter son poudrier. Et bien sûr, si on est en milieu de cycle.

On oublie si :

On est une fille normale qui refuse de limiter ses essentiels à une carte de crédit, même gold. On se repose avec soulagement sur une besace de 28m³ si on est une jeune maman avec des biberons, des bananes et des biscuits à trimballer au milieu des couches, de notre agenda, d’une bonne brosse à cheveux, un lampadaire, un phare breton, une locomotive, un dromadaire…

6/


Le rose malabar

On se lance si :

On a bonne mine. Sans quoi, le contraste sera contre-productif (imaginez un chewing-gum collé sur l’intérieur d’un bidet dans un hôtel de passes désaffecté, voilà). On passe au rose vif si on se sent d’humeur romantique et Amazone, et on le mixe impérativement avec du noir, des cuissardes (voir plus haut) de préférence. Et on parle beaucoup : le rose Malabar, c’est pour celles qui ont la langue musclée.

On oublie si :

En total look, on évitera la crinière blonde sinon on se réveillera en plastique avec des articulations mécaniques, et de toute façon, on fuira le blanc et le doré. La vulgarité, qui s’y frotte, s’y pink.

Le duo robe-pantalon

On se lance si :

On est frileuse, si on est complexée par ses jambes (mais dans ce cas le pantalon doit plus ressembler à un legging), ou si un essaye de cacher une grossesse en floutant les lignes. On peut aussi opter pour la robe sur le futal si on a compris que les superpositions seront encore longtemps une super prise de position, pour qui aime accumuler (les vêtements ou les amants).

On oublie si :

On n’est pas mince comme un fil. Ne nous voilons ni la face, ni les hanches en double couche : les courbes c’est comme le café Maxwell, ce n’est pas la peine d’en rajouter (sinon on n’arrive plus à dormir). Ou alors, on assume ses multiples personnalités : si vous êtes plusieurs à vivre dans ce corps, laissez tout le monde s’exprimer.