Y/Project : les vêtements qui nous habillent, la collection qui nous habite

Publié le 7 mars 2017 par Elisabeth Clauss
Y/Project : les vêtements qui nous habillent, la collection qui nous habite

Pour l'hiver prochain, Y/Project fouille encore son identité « Renaissance d'avant-garde » qui repousse les codes des références historiques, streetwear, subculturelles… et éthiques. Entretien (extrêmement peu) objectif avec le directeur artistique brugeois, Glenn Martens.

C'est une troisième collection, mais chaque pièce est déjà un vêtement de collection.

« Ce sont toutes les pièces qu'on connaît, que nous avons twistées pour leur insuffler une forme d'aliénation. Ce serait comme un filtre de schizophrénie qu'on poserait sur les basiques qui nous entourent, pour brouiller la compréhension. Un jogging passé dans un bain de Belle Époque, avec un tutu, qui devient une pièce romantique. »

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Pourquoi cette obsession du détournement ?

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« On veut tous être ce qu'on est, et ce que l'on n'est pas à la fois. Moi, je retourne les codes. Ça a l'air de pièces sérieuses, mais ça tourne au surréalisme. L'androgynie même est dévoyée, puisqu'elle devient hyper sexy. Je cultive les différents niveaux de lecture. »

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Avec vous, la Belle est la Bête…

« Ça découle du culte de l'excès. La neutralité est sclérosante : il faut dévorer la vie. Alors, chaque pièce peut devenir un jouet. On se pose la question : « aujourd'hui, comment puis-je porter ça ? » Il faut s'approprier chacun de ses vêtements, avec la conscience que pendant la journée, on pourra l'adapter, et changer à l'envi notre propre identité. »

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Le Glenn qui avait 10 ans, que dirait-il aujourd'hui en voyant la collection ?

« Cet enfant-là adorait les contes de fées, et l'Histoire n'était qu'une féerie. Devenu adulte, je dessine une mode qui rêve. Les gens qui sont attirés par cette collection le sont parce qu'elle intrigue, que chaque pièce doit être retournée dans tous les sens comme un tableau de MC Escher. En toute chose, on désire ce qui n'est pas servi sur un plateau.»

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Vous présentez cette collection dans une ancienne université de Notre-Dame, on s'attend à voir débarquer Esméralda et Quasimodo, pour sonner les cloches pendant les ventes.

Il rit. « Ils ne dépareraient pas, d'autant que toute notre équipe est très variée et internationale, avec des visions différentes et complémentaires. C'est cette diversité qui nourrit notre propos. »

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On se promène parmi les hautes cuissardes qui semblent taillées pour le Petit Poucet, et chaque pièce que l'on touche pourrait être de la haute couture, en version accessible. Les vêtements alignés dans cette annexe de la cathédrale de Notre-Dame déploient toute leur ampleur, comme le propos de Glenn Martens.

On lui demande à quoi il rêve maintenant : « de calme ».

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Chaque pièce est ainsi adaptable et transversale, et les pièces de fourrure sont exclusivement taillées en matière synthétique. D'ailleurs, Glenn Martens pousse actuellement des recherches pour travailler des cuirs les plus respectueux de l'environnement qu'il est possible. Cette collection, jeune et structurantes, est aussi super chic et stupéfiante. On devine plusieurs femmes dans chaque silhouette. Où trouve-t-il tous ces influx créatifs ?

« Je n'ai pas beaucoup le temps de lire en ce moment, mais je me nourris de mes voyages, en Écosse sous la pluie. Je m'inspire de décalage, et de nature. »

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Et quand vous ne travaillez pas ?

« Je fais alors l'exact contraire de ma vie à Paris. Je décompresse complètement. »

Qu'est-ce que vous avez compris que les autres cherchent encore ?

« D'abord, je ne m'occupe pas de « ce qu'il faut faire pour plaire », je me fais plaisir. Mais je suppose que tout le monde peut répondre la même chose. En tout cas, je n'ai pas le stress d'être le plus cool, le plus street, le plus je-ne-sais-quoi… Je crée mon propre langage visuel. Je suis moi-même différente personnes, et ça se traduit dans mes collections. » Sublime et schizophrénique Belgique…

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