Depuis que les Nรฉerlandais Viktor & Rolf ont arrรชtรฉ le prรชt-ร -porter et concentrent leur imaginaire sur la Couture, ils construisent, saison aprรจs saison, un musรฉe vivant de postulats passionnants.
Aprรจs le dรฉfilรฉ performance de la saison Couture AH15-16, oรน des mannequins dressaient, littรฉralement le tableau de la mode comme un art (ou de l’art comme une mode ?), aprรจs le lancement de leur court-mรฉtrage “Nightwatch”, dans lequel l’art prend corps (ร moins, une fois encore, que รงa ne soit le contraire ?), Viktor & Rolf ont prรฉsentรฉ ร Paris un dรฉfilรฉ d’objets vestimentaires d’art contemporain. Des statues, inspirรฉes des visages de Cocteau peut-รชtre, des dรฉconstructions de silhouettes que n’aurait pas reniรฉ un Picasso avide de 3D. Une matiรจre technique, gaufrรฉe et rembourrรฉe, faconnat des gรฉantes รฉchappรฉes de l’Ile de Pรขques et finalement, une question : les saisons tournent, se dรฉvorent, se digรจrent et s’oublient : que restera-t-il de tout รงa ? La mode quand elle aura fusionnรฉe ร l’art, dare-dare. Poser des questions, c’est salutaires, y compris quand c’est statuaire.