Lors du dernier jour de la Paris Fashion Week, Nicolas Ghesquière a présenté la collection printemps-été 2027 de Louis Vuitton. Le défilé s’est tenu sous un embouteillage de voitures « volantes » suspendues dans la Cour Carrée du Louvre. Le futurisme est un terrain familier pour le créateur, mais cette saison, il a clairement choisi de se concentrer sur l’ici et maintenant.
Ghesquière a ouvert le défilé sur un aperçu tout en légèreté et en blanc : une robe midi semi-transparente à panneaux, un modèle fluide à col V orné d’une épingle à nourrice, ainsi qu’un T-shirt associé à une jupe en soie sous un cardigan ajusté en maille. Le décor avait beau évoquer le futur, ces pièces appartenaient pleinement au présent.

Ont suivi des tops ajourés ultrafins, des car coats et des anoraks en nylon. Tous affichaient des coupes et des couleurs d’une simplicité frappante. Un contraste net avec les expérimentations plus avant-gardistes de Ghesquière lors de son défilé automne-hiver 2026, dominé par des volumes extravagants aux accents extraterrestres. Son goût pour l’abstraction restait néanmoins bien présent.

Ghesquière a également insufflé une part d’étrangeté à des pièces familières. Des jupes d’inspiration mod et des robes midi étaient parsemées de détails irisés dessinant un motif proche de l’argyle. Des encolures prolongées de capes froncées apportaient une touche décalée. Le résultat semblait ancré dans le passé, notamment dans l’esthétique mod des années 60 et la sobriété minimaliste des années 90. Le regard restait toutefois tourné vers l’avenir.

Comme souvent sur les podiums cette saison, les silhouettes étaient souples et libérées de toute contrainte. Elles semblaient pensées pour répondre aux exigences de la vie urbaine. Dans ses notes de défilé, Ghesquière évoquait une « vision du design fondamentalement façonnée par les contraintes, les possibilités et les mouvements du corps humain ». Une idée qui se lisait clairement dans les matières techniques et les proportions décontractées.


Même le tailoring affichait une décontraction réjouissante. Des manteaux habillés aux revers relevés étaient associés à des pantalons fluides en soie. Un gilet noir recevait une torsion typique de Ghesquière : le mannequin passait les bras par les ouvertures latérales plutôt que par les emmanchures prévues à cet effet. Lors du final, un tailleur-pantalon noir structuré était complété par un carré imprimé flottant derrière le mannequin. Le look gagnait ainsi en fluidité.
Une conclusion parfaitement adaptée à une collection qui garde un pied dans le futur et l’autre fermement posé dans la rue. La vision de demain selon Ghesquière prenait vie dans des vêtements qui semblaient déjà conçus pour parcourir la ville aujourd’hui. Les voitures volantes pouvaient encore attendre un peu.

