by-bar appartient à la deuxième catégorie. Barbara Brenninkmeijer, fondatrice de la marque néerlandaise, avait cette certitude dès l’enfance : elle travaillerait dans la mode. « À dix ans, j’étais déjà déterminée. Je voulais faire partie de cet univers. Ce n’était pas le cas de toutes les filles, mais pour moi, c’était une évidence », raconte-t-elle.

Après ses études à Amsterdam, elle commence sa carrière comme acheteuse pour de grandes enseignes de prêt-à-porter. Un poste qu’elle aime, mais qui ne la comble pas totalement. « J’appréciais mon travail, mais je trouvais que les magasins manquaient de personnalité. J’avais envie de le faire autrement, à ma manière », se souvient-elle. Le déclic viendra presque par hasard, à un moment inattendu : son congé maternité.

© presse – portrait de Barbara Brenninkmeijer.

Le voyage et l’artisanat comme passion

Voyageuse passionnée, Barbara ramène de chaque déplacement des bijoux et accessoires en quantité. Ses amies les lui réclament sans cesse. Pendant sa grossesse, elle décide de franchir un cap : elle contacte un artisan de Jaipur, Pradeep, et lui envoie de l’argent via Western Union pour une petite production d’essai. « J’espérais seulement que quelque chose reviendrait », dit-elle en riant. Deux semaines plus tard, un colis de boucles d’oreilles arrive. Elle photographie les pièces, envoie les images à ses amies. Résultat ? En une semaine, tout est vendu. « C’était le vrai début de by-bar », affirme-t-elle.

L’histoire aurait pu rester une anecdote, mais elle se transforme en aventure. Et l’un des plus beaux détails de ce début est que Pradeep fabrique encore aujourd’hui 95 % des bijoux de la marque. « Il a maintenant 77 ans. Son équipe est la même qu’à l’époque. Cette fidélité, c’est une des forces de by-bar », souligne Barbara.

De l’accessoire à la mode

© presse by-bar

Les bijoux sont rapidement rejoints par d’autres accessoires : sacs en cuir, écharpes… Puis viennent les premières blouses, produites en Inde en 2008. « J’avais encore mon emploi à l’époque. Je partais en Inde pendant mes congés pour rencontrer des artisans. Petit à petit, la collection s’est enrichie », explique-t-elle. En 2009, Barbara décide de se consacrer 100% à by-bar. Un an plus tard, elle ajoute la maille à la collection. Les quantités restent modestes, le site internet est encore la seule vitrine, mais l’envie et l’énergie sont là. En 2012, Carla rejoint l’aventure en tant que partenaire business. Leur synergie de compétences complémentaires leur ouvre rapidement de nombreuses portes. Et en 2016, by-bar entre dans une nouvelle phase : la distribution en gros. La collection compte alors quelques pièces de maille, des jerseys, des pantalons, beaucoup de bijoux et des sacs. « Nous avons toujours avancé avec ce que nous avions sous la main. C’est comme ça que nous avons construit la marque »,résume Barbara.

Aujourd’hui, la production est répartie entre l’Italie, le Portugal, l’Inde et la Turquie. Les partenaires d’origine sont toujours présents. « Je crois que la clé de notre succès, ce sont ces relations solides. 95 % de nos fournisseurs sont des entreprises familiales. Nous allons chez eux, nous dînons ensemble, nous célébrons les réussites. Ils considèrent presque by-bar comme leur propre marque. »

Un style fidèle, une identité claire

Malgré les années, l’ADN stylistique n’a pas changé mais bien évolué. « Depuis le début, c’est une simplicité scandinave avec une touche française féminine. La collection a gagné en maturité, en variété de matières, mais le fil conducteur reste le même », assure Barbara. Les boutiques partenaires le confirment : on reconnaît by-bar au premier coup d’œil. La créatrice admet que le plus difficile aujourd’hui n’est pas de trouver des opportunités, mais de choisir. « Quand une marque grandit, les fournisseurs veulent travailler avec vous. Le vrai défi, c’est de rester fidèle à soi-même. » Cette fidélité vaut aussi pour les clientes. La femme by-bar n’a pas d’âge : elle peut avoir 18 ans comme 77. « Je porte 90 % de la collection moi-même. Je crois que la femme by-bar, c’est forcément un peu moi, même si je suis trop timide pour le dire haut et fort », confie Barbara. L’idée est de proposer une mode moderne mais intemporelle, qui dure au fil des saisons.

La route vers le succès

Comme toute aventure entrepreneuriale, celle de by-bar est faite de moments symboliques. Barbara en cite trois : la visite de la reine Máxima dans les bureaux de la marque, l’entrée aux Galeries Lafayette à Paris avec toute l’équipe, et l’obtention de la certification B-Corp. Cette dernière correspond à une conviction ancienne. « Dès mes débuts en Inde, j’avais envie de montrer comment et avec qui je travaillais. Je publiais déjà des photos des ateliers sur Facebook. J’étais fière de ces collaborations »,explique-t-elle. La certification B-Corp donne un cadre officiel à cette démarche. « Ce n’est pas seulement la production, c’est aussi la diversité dans l’équipe, la façon dont nous expédions nos colis, nos choix stratégiques, comme celui de ne pas avoir d’outlet. Cela nous aide à décider, à garder le cap. »

Un hiver en maille avec des touches métallisées

Et la mode, dans tout ça ? L’inspiration de Barbara reste fortement liée au voyage. « L’Inde est mon grand amour, mais l’Italie, le Portugal ou bientôt Tokyo m’inspirent aussi. Et en réalité, l’inspiration est partout : dans la rue, dans un musée, lors d’une fête… » Pour l’hiver, by-bar mise sur la maille italienne, douce et fluide. Les laines sont choisies avec soin pour leur confort et leur tenue. Des pièces métallisées viennent compléter la collection, comme la blouse Christi, parfaite de jour comme de nuit. Grande nouveauté : l’arrivée des chaussures. « Je suis une vraie shoe addict, je rêvais d’en faire depuis longtemps. Il me manquait le bon fournisseur. Un costume sobre prend une autre dimension avec une ballerine python ou une paire en cuir métallisé », explique-t-elle.

Et demain ? Barbara rêve d’élargir l’univers by-bar au lifestyle et à la maison, mais reste prudente. « Nous grandissons pas à pas. L’important, c’est de rester concentrés sur la qualité et de continuer avec nos partenaires actuels », dit-elle. Dans cinq ans, elle imagine by-bar comme une marque internationale, présente en Allemagne, en France et en Espagne, choisie par des femmes conscientes et attachées aux beaux produits. Mais la croissance n’est pas qu’une question de marchés : elle concerne aussi l’équipe. « Nous sommes plus de cinquante au bureau. Voir nos collaborateurs grandir personnellement est aussi une priorité. »

Quand on lui demande quel conseil elle donnerait à quelqu’un qui voudrait lancer sa marque aujourd’hui, elle répond sans hésiter : « Il faut croire en sa vision, même quand on se sent insécurisée. Écouter son instinct, s’entourer des bonnes personnes. La croissance, ce n’est jamais linéaire : on tombe, on se relève. Et surtout, prendre soin de ses relations. On ne réussit jamais seul. »

© presse by-bar

La Belgique, un marché de cœur

Avant de conclure, Barbara insiste sur un point : son attachement au marché belge. « Nous sommes très heureux de notre développement en Belgique. C’est un pays où la marque fonctionne très bien, et nous en sommes fiers. » De Jaipur à Anvers, de la boîte à bijoux aux Galeries Lafayette, by-bar a tracé sa route avec succès, sans brûler les étapes. Pas de plan de développement précipité ni de promesses intenables, mais une vision claire : créer des vêtements féminins, authentiques, joyeux et durables, tout en gardant les pieds sur terre.