Plus difficile à voir, à atteindre et à traiter, l’acné du corps obéit pourtant aux mêmes mécanismes que celle du visage. À ceci près que transpiration, frottements et vêtements serrés peuvent sérieusement compliquer les choses. Nomi, experte Ducray, nous aide à distinguer les vrais bons réflexes des fausses bonnes idées.

On en parle moins que de l’acné du visage, sans doute parce qu’elle est plus facile à cacher sous un pull. Pourtant, l’acné du corps, aussi appelée acné tronculaire, repose exactement sur les mêmes grands mécanismes : excès ou modification du sébum, obstruction du follicule, déséquilibre autour de Cutibacterium acnes et inflammation.

« L’acné du corps est fondamentalement la même maladie inflammatoire que l’acné du visage », rappelle Nomi, experte Ducray. Si elle adore particulièrement le dos, les épaules et le torse, c’est simplement parce que ces zones concentrent beaucoup de glandes sébacées et de follicules pilo-sébacés.

Non, transpirer ne donne pas de boutons

Premier coupable souvent désigné : le sport. À tort. « L’exercice en lui-même ne provoque pas l’acné », insiste Nomi. Ce qui peut poser problème, c’est plutôt tout ce qui l’accompagne : chaleur, transpiration, vêtements humides, friction et occlusion. Une brassière moulante, un sac à dos qui frotte toujours au même endroit ou un t-shirt synthétique gardé une heure après l’entraînement peuvent ainsi aggraver une peau déjà prédisposée. On parle parfois d’acne mechanica.

Même principe avec certains produits capillaires ou corporels très riches qui descendent régulièrement dans le dos. Quant aux hormones, elles ont également leur mot à dire : les androgènes stimulent directement l’activité des glandes sébacées et la production de sébum.

Côté assiette, pas question en revanche de condamner le chocolat, le fromage et le lait à perpétuité. Les alimentations à charge glycémique élevée sont les mieux associées à une aggravation de l’acné dans certaines études. Pour les produits laitiers ou la whey, les données existent mais restent moins constantes. « L’alimentation doit plutôt être considérée comme un facteur susceptible de modifier l’acné que comme sa cause principale ou son traitement », résume l’experte.

Tous les boutons du dos ne sont pas de l’acné

Voilà un détail qui peut éviter quelques semaines de mauvais traitements. Une véritable acné mélange généralement plusieurs types de lésions : points noirs, points blancs, papules, pustules et parfois nodules. « La présence de comédons est un indice important en faveur d’une acné vulgaire », explique Nomi.

Une folliculite bactérienne donne au contraire des boutons assez uniformes centrés sur les follicules, le plus souvent sans comédons. Et la folliculite à Malassezia, fréquente sur le haut du dos et le torse, produit souvent de petites lésions très similaires entre elles qui démangent. « Une éruption persistante, très prurigineuse, sévère ou d’apparence inhabituelle devrait être examinée par un professionnel de santé plutôt que automatiquement traitée comme de l’acné », souligne Nomi.

Décaper davantage n’est pas la solution

Face aux boutons du dos, le réflexe est tentant : nettoyer plus fort, plus souvent, avec davantage de grains. Mauvaise stratégie. « L’acné n’est pas due à une mauvaise hygiène. Les savons agressifs, les gommages mécaniques et les nettoyages excessifs peuvent endommager la barrière cutanée et accentuer l’irritation », rappelle l’experte.

Même erreur lorsqu’on imagine devoir débarrasser sa peau de toute bactérie. C. acnes fait naturellement partie du microbiome cutané. Dans l’acné, le problème semble davantage lié au comportement et à l’équilibre de certaines souches qu’à une invasion bactérienne généralisée. « L’objectif ne devrait pas être de stériliser la peau, mais d’aider à restaurer un écosystème cutané plus sain tout en contrôlant l’inflammation liée à l’acné », explique Nomi.

Et oui, même une peau grasse mérite sa crème hydratante. Les traitements anti-acnéiques peuvent eux-mêmes provoquer sécheresse et irritation. Un soin léger et non comédogène aide alors à maintenir une barrière cutanée fonctionnelle. « Il faut distinguer le fait d’hydrater la peau de celui d’appliquer un produit trop occlusif ou comédogène », précise-t-elle.

Les actifs qui ont vraiment un intérêt

Pour l’acné modérée à sévère, les traitements médicaux restent les plus documentés : rétinoïdes topiques, peroxyde de benzoyle, certains antibiotiques dans des indications précises ou isotrénoïne dans les formes sévères, cicatricielles ou résistantes. L’acide azélaïque peut aussi être intéressant grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et à son action sur les marques pigmentaires.

En dermocosmétique, l’acide salicylique constitue l’un des classiques les plus pertinents. Liposoluble, il pénètre particulièrement bien dans l’environnement riche en sébum du follicule et aide à le désobstruer. L’acide glycolique agit davantage en surface en favorisant l’élimination des cellules mortes. Les PHA, comme la gluconolactone, pénètrent plus lentement et sont généralement mieux adaptés aux peaux sensibles.

Après le sport, mieux vaut trois bons gestes que dix produits

La routine idéale est finalement assez peu instagrammable : se changer rapidement après l’effort, se doucher et utiliser un nettoyant doux. Puis appliquer son soin sur l’ensemble de la zone sujette à l’acné, et pas uniquement sur les boutons déjà visibles. « La régularité est essentielle : une routine simple que l’on peut réellement maintenir vaut mieux qu’une routine complexe utilisée occasionnellement », résume Nomi.

Reste un problème très terre-à-terre : atteindre son propre dos. C’est notamment la raison pour laquelle les sprays 360° se développent. « L’un des principaux obstacles au traitement de l’acné corporelle est l’accessibilité », explique l’experte. Un spray permet d’atteindre seul les zones difficiles, même bouteille tête en bas, et de couvrir rapidement une surface importante.

Ducray mise sur ce principe avec son KERACNYL Body Spray, contenant 7 % d’acides glycolique et salicylique, associés notamment à la Myrtacine et à un extrait enrichi en Celastrol. Dans une étude clinique menée par la marque sur 44 sujets utilisant le produit matin et soir, une diminution du volume des boutons a notamment été observée après deux semaines. Les données portent bien sur le produit fini, nuance importante lorsqu’on compare les performances annoncées de différents actifs ou formules.

Et quand faut-il consulter ?

Dès que les boutons deviennent profonds et douloureux, que l’acné couvre largement le dos ou le torse, que des cicatrices apparaissent ou qu’une routine adaptée ne produit pas d’amélioration suffisante. « Traiter tôt et efficacement est important, car une inflammation profonde persistante augmente le risque de cicatrices permanentes », insiste Nomi.

Et une dernière distinction mérite d’être retenue : une marque n’est pas nécessairement une cicatrice. Les traces rouges ou brunes restent planes et correspondent à des phénomènes post-inflammatoires. Une véritable cicatrice implique, elle, une modification de la structure de la peau. Le meilleur moyen de prévenir les deux reste donc de contrôler l’acné active, de ne pas triturer les lésions et de protéger les zones exposées du soleil.

Changer ses draps quotidiennement ne fera donc pas miraculeusement disparaître les boutons, pas plus qu’une séance de bronzage. « Le message essentiel, c’est que l’acné du corps n’est pas un problème d’hygiène », conclut Nomi. Les bons réflexes servent surtout à limiter les facteurs aggravants. Pour le reste, il faut traiter ce qui se passe réellement sous la peau.

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