Redonner du volume aux fesses ou aux seins sans devoir passer par une liposuccion ? C’est ce que promet AlloClae, avec toutefois une précision de taille : le produit injecté contient de la graisse provenant de donneurs décédés. Et le traitement connaît un essor fulgurant. Selon Google Trends, les recherches ont augmenté de 1 300 pour cent en trois mois et de 5 000 pour cent par rapport à la même période l’an dernier. Le fabricant Tiger Aesthetics a lui-même indiqué à CNN que plus de 2.000 patients avaient déjà été traités avec AlloClae depuis mai 2025.

Qu’est-ce qu’AlloClae exactement ?

AlloClae est un produit injectable à base de tissu adipeux humain issu de dons. « Pour faire simple, il s’agit de tissu adipeux humain traité, utilisé pour réparer ou augmenter les tissus mous, sans que le patient doive lui-même subir une liposuccion pour prélever sa propre graisse », explique la chirurgienne plasticienne Dr Melissa Doft dans une interview accordée à Harper’s Bazaar.

Le tissu adipeux donné est d’abord minutieusement contrôlé, traité et stérilisé. Son ADN est également entièrement éliminé, de sorte que l’organisme ne reconnaît pas la substance comme un corps étranger et qu’il n’existe aucun risque de rejet. AlloClae n’agit donc pas comme une greffe de cellules vivantes, mais comme un tissu de soutien structurel dans lequel les propres tissus du corps peuvent ensuite se développer. L’effet est par ailleurs immédiatement visible : là où Sculptra et d’autres produits de comblement similaires nécessitent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour créer du volume, AlloClae apporte aussitôt un gain de volume naturel.

D’où vient la graisse ?

Avant d’aborder les résultats esthétiques, commençons par le sujet qui fâche : la graisse provient de tissu adipeux donné par des personnes décédées. Cela peut sembler difficile à concevoir, mais le recours aux dons de tissus humains n’est pas nouveau en chirurgie plastique. Ils sont utilisés depuis longtemps pour les rhinoplasties, les reconstructions des ligaments croisés et les interventions sur les hernies. AlloClae n’est d’ailleurs pas le premier produit à base de tissu adipeux provenant de dons. Renuva existe depuis une dizaine d’années et repose sur le même principe. La principale différence réside toutefois dans le volume qui peut être injecté. Alors que Renuva est généralement administré en doses de 3 cc maximum, AlloClae est proposé dans des flacons pouvant contenir jusqu’à 100 cc, ce qui le rend plus adapté aux zones de traitement plus étendues, comme les fesses ou les seins.

Une réponse à l’épidémie de perte de poids

La popularité croissante d’AlloClae pourrait être liée à l’essor des médicaments GLP-1 tels qu’Ozempic et Wegovy. Les patients sont de plus en plus minces, ce qui réduit la quantité de graisse disponible pour une autogreffe. Dans le même temps, un nouveau groupe de patients ayant perdu du volume et souhaitant le restaurer à certains endroits a émergé.

Le traitement est pour l’instant exclusivement destiné au corps et pas encore au visage. Les applications les plus courantes consistent actuellement à combler les hip dips ou les asymétries au niveau des hanches, à corriger des irrégularités consécutives à de précédentes opérations, à apporter un léger gain de volume aux fesses, le « zombie BBL », à effectuer des retouches après une reconstruction mammaire lorsque le bord d’un implant devient visible, voire à remplacer totalement les implants mammaires.

Comment se déroule le traitement à base d’Alloclae ?

L’intervention dure entre vingt et trente minutes et se déroule sous anesthésie locale. La zone traitée est ensuite sensible et raide, mais les patients peuvent se doucher et reprendre leurs activités habituelles le jour même. Les résultats dureraient entre un et trois ans, même si les données à long terme restent pour l’instant limitées.

AlloClae est actuellement proposé uniquement aux États-Unis, par une sélection de chirurgiens plasticiens. Son éventuelle commercialisation en Europe reste incertaine.