Septembre marque le coup d’envoi d’une rentrée artistique particulièrement dense à Bruxelles. Grands noms internationaux, artistes belges, photographie, installations et sujets très actuels : voici les expositions à inscrire dans son agenda.

1. Ai Weiwei: The Art of Defiance

Avec The Art of Defiance, Bruxelles accueille l’une des expositions majeures de l’automne. Pour la première fois, Ai Weiwei fait l’objet d’une vaste rétrospective en Belgique, réunissant plus de cinquante œuvres réparties sur deux sites dans le quartier du Sablon. Des pièces emblématiques comme Study of Perspective et Han Dynasty Urn with Coca-Cola Logo côtoient des compositions récentes en briques LEGO et des installations monumentales. Un parcours qui montre à quel point l’artiste interroge, depuis des décennies, le pouvoir d’État, la censure, la mémoire culturelle et la liberté de création. Une occasion rare de découvrir de près l’œuvre de l’un des artistes contemporains les plus influents.

Ai Weiwei Studio

Study of Perspective 1995–2011, 1995–2011 Photographies couleur ou noir et blanc 127 × 90 cm Place Tiananmen, 1995. © Ai Weiwei Studio

Patrick Derom Gallery, du 19 septembre au 14 novembre 2026

2. William Kentridge: I am not me, the horse is not mine

Dessins, films d’animation, sculptures, installations et vidéos : Bozar réunit plus de quatre décennies de création de l’artiste sud-africain William Kentridge. Son œuvre est profondément marquée par l’histoire politique de son pays natal, mais aussi par sa pratique du théâtre et de l’opéra. Pour cette vaste exposition personnelle, Kentridge investit un circuit entier de Bozar, crée de nouvelles œuvres in situ et imagine également un programme multidisciplinaire. Un retour particulièrement symbolique à Bruxelles, où sa première exposition personnelle européenne avait été présentée en 1998.

William Kentridge, Beckmann's Self-Portrait with Jam Jar and Scissors, 2022

William Kentridge, Beckmann’s Self-Portrait with Jam Jar and Scissors, 2022

Bozar, du 18 septembre 2026 au 7 mars 2027

3. Hans Op de Beeck: Vanishing Point

Celles et ceux qui ont vu la grande exposition de Hans Op de Beeck au KMSKA l’an dernier savent à quel point ses univers monochromes peuvent être fascinants. Pour sa première exposition personnelle chez Almine Rech, l’artiste belge part du principe du « point de fuite », cet endroit où les lignes de perspective convergent, mais qui devient aussi une métaphore de tout ce qui nous échappe : le temps, les souvenirs, la présence. Sculptures, intérieurs et film d’animation composent un décor où le familier glisse peu à peu vers l’étrange.

Hans Op de Beeck expo Bruxelles

Hans Op de Beeck

Almine Rech, du 10 septembre au 7 novembre 2026

4. Lost and Found

Lost and Found explore le Japon à travers une sélection de photographies autour de la mémoire, de la disparition et du renouveau. Le point de départ est un projet bouleversant de Munemasa Takahashi, qui a rassemblé des photos de famille retrouvées dans les décombres après le séisme et le tsunami de 2011. Hiroshima, le tremblement de terre de Kobe, les sous-cultures hautes en couleur et les expérimentations visuelles des années 1970 et 1980 traversent également l’exposition. Une place importante est accordée aux femmes photographes, longtemps restées en marge du récit dominant de la photographie japonaise.

Ishiguro Kenji, from the series Hiroshima 1965, courtesy of the artist and Akio Nagasawa Gallery

Ishiguro Kenji, from the series Hiroshima 1965. © Ishiguro Kenji & Akio Nagasawa Gallery

A Stichting, du 3 septembre au 20 décembre 2026

5. Ali Cherri: Soul Witness

Qui décide des récits qui entrent dans l’Histoire et de ceux qui disparaissent ? Dans Soul Witness, l’artiste Ali Cherri, né à Beyrouth, examine la manière dont des institutions comme l’armée, l’État-nation ou même le musée façonnent notre mémoire collective. Films, sculptures, aquarelles et installations font dialoguer des corps vulnérables avec des monuments et des fragments archéologiques. Son nouveau film The Sentinel, centré sur une jeune recrue française prise entre la discipline militaire et des rencontres nocturnes qui viennent perturber cet ordre, fait également partie de l’exposition.

Ali Cherri, Counter Monument (for the fallen), 2025 © Courtesy van de kunstenaar & Almine Rech Gallery

Ali Cherri, Counter Monument (for the fallen), 2025 © Ali Cherri & Almine Rech Gallery

WIELS, du 5 septembre 2026 au 3 janvier 2027

6. Matthäus-Passion

Edgar Sarin est particulièrement bien entouré à la Fondation CAB. Ses œuvres récentes y côtoient celles de Nan Goldin, Cy Twombly, Sol LeWitt, Joseph Beuys, Miquel Barceló ou encore Pier Paolo Pasolini. Le titre fait référence à la Passion selon saint Matthieu de Bach, où plusieurs voix autonomes composent un ensemble. Ici, pas question de rechercher l’harmonie à tout prix : c’est précisément la tension entre les œuvres, les générations et les sensibilités qui fait tout l’intérêt de l’exposition.

Fondation CAB,

Fondation CAB

Fondation CAB, du 2 septembre 2026 au 17 avril 2027

7. Casual/Tease

Une vue paisible, un escabeau ou un petit vase en céramique semblent, à première vue, bien éloignés de la guerre. Casual/Tease montre à quel point cette impression peut rapidement se fissurer. Plus de trente artistes internationaux, parmi lesquels Mona Hatoum, Kader Attia, Kapwani Kiwanga, Walid Raad et Danh Vō, explorent la manière dont les technologies militaires, l’économie de l’armement, la pollution et les traumatismes s’immiscent dans le quotidien, même loin des zones de conflit. L’exposition constitue le chapitre bruxellois de The Memorial for Those Who Did Not Fall in War, un projet international développé par le Global Center for Peace Innovation de Columbia University.

Shilpa Gupta, 'Blame', 2002. Fred Dott

Shilpa Gupta, ‘Blame’, 2002. © Fred Dott

Cloud Seven, du 10 septembre 2026 au 21 février 2027

8. Spectral Memories

Que reste-t-il lorsqu’un lieu que l’on appelait chez soi disparaît ? Pour Spectral Memories, Antoine Beaufils et Peter Emmanuilov, alias Pietro Barbarossa, ont posé leur regard sur l’ancien terrain de caravanes Floréal à Boortmeerbeek. Ses habitants ont dû quitter les lieux en seulement 72 heures, avant que le site ne laisse place à de nouveaux logements sociaux. Après plusieurs mois de recherche, le duo a photographié ces espaces désertés en mêlant approche documentaire et mise en scène. Une composition sonore originale et des images documentaires prolongent l’installation.

© Pietro Barbarossa

Twenty Seven Concept Gallery, du 3 septembre au 2 octobre 2026