Interview : égalité entre hommes et femmes au travail

Mis à jour le 30 octobre 2019 par Cellule commerciale
Interview : égalité entre hommes et femmes au travail

Alors qu’en Belgique, les femmes sont rares dans les comités de direction du secteur banque et assurance, AXA change la donne et vit la parité comme un atout à valoriser.

Des chiffres éclairants suffiraient presque à résumer une info précieuse : chez AXA Belgium, le comité de direction compte 10 membres statutaires : cinq femmes et cinq hommes. Point. Ici, on croit aux résultats positifs d’un management équilibré et à la justesse de décisions prises par ces deux genres.

« La parité telle qu’appliquée chez AXA Belgium est unique dans une grande institution financière belge. AXA a décidé, dans le monde entier, d’atteindre l’égalité des genres dans ses organes de direction : 50% d’hommes et 50% de femmes d’ici 2023 à tous les niveaux de senior directors.», indique Jef Van In, CEO.

Jef Van In, CEO AXA Belgium. Photographe : Marco Mertens

« Chez AXA, 50% de femmes hautement qualifiées occupent des postes depuis des années. Il est donc tout à fait logique qu’elles soient également présentes dans nos organes de gouvernance. Ces cinq femmes qui occupent ces sièges ne sont pas des perles rares que nous avons dû chercher durant des mois ici ou à l’étranger. La réalité, c’est que leur ascension est le résultat d’une promotion interne dans notre entreprise et d’une gestion du personnel structurée. Les comités de direction des grandes institutions sont majoritairement occupés par des hommes. Je compare cela à un internat pour garçons, comme il y a 40 ans : les décisionnaires vivent et évoluent entre eux. Là où se trouve le pouvoir exécutif d’une entreprise, la présence de femmes reste anecdotique, du moins au sein des grandes entreprises financières de Belgique. Mais c’est sans doute pareil dans d’autres secteurs. », constate-t-il.

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La parité pour de vrai

« Je suis issu d’une famille de six enfants : trois garçons et trois filles et ma mère, tout comme mon père travaillait. Ça a construit chez moi une évidence : le plafond de verre est une hérésie. Les femmes intelligentes, travailleuses, brillantes, motivées, sortant des mêmes universités et des mêmes filières que les hommes n’ont pas à être confrontées à des discriminations dans le cadre de leurs fonctions. Elles ne doivent pas être freinées. »

Et pour passer en force cette évidence auprès des entreprises qui ne sont pas prêtes à reconnaitre les compétences des femmes ?
« Les quotas prennent là tout leur sens », poursuit Jef Van In. « Je suis un partisan des quotas dans toutes les grandes entreprises. On préfèrerait tous s’en passer, utiliser d’autres moyens pour parvenir à l’égalité et à la parité, mais pour l’heure, c’est un outil nécessaire pour atteindre des changements structurels et éradiquer le sexisme. »

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Challenger les réflexes éculés

Si Jef Van In affiche cette conviction, il va encore plus loin, challengeant les processus de recrutement : « Si un poste est ouvert en interne et qu’un manager propose une short-list uniquement composée d’hommes, Jef va systématiquement interroger quant à la possibilité d’intégrer des femmes aussi compétentes que leurs collègues dans cette présélection », confie un proche collaborateur.
« Lors de ma nomination au poste de Chief Information Officer, plusieurs personnes m’ont demandé si ce choix avait été dicté parce que je suis une femme », témoigne Sophie Marchal. « J’ai, moi aussi, posé la question à Jef. Ce qu’il m’a répondu était très clair : « J’ai totalement confiance en toi, c’est toi que je veux à ce poste. » Un autre CEO aurait interprété ma réaction comme de la peur, aurait raccroché ça à mon genre, mais pas lui. »

Sophie Marchal, Chief Information Officer et Jef Van In, CEO AXA Belgium. Photographe : Marco Mertens

« Je suis persuadé que les hommes, majoritaires dans les comités de direction, devraient se demander comment peut se sentir une femme seule au milieu d’une réunion où ne trônent que des hommes. », termine Jef Van In. « Nous visons, ensemble, à développer une culture d’entreprise centrée sur la personne, sur les relations humaines constructives, sur les débats intellectuels éclairés. C’est là l’essentiel. »

Cet article a été réalisé en étroite collaboration avec AXA Belgium.
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