Vacances: c’est quoi le nouveau luxe ?

Mis à jour le 14 février 2018 par ELLE Belgique
Vacances: c’est quoi le nouveau luxe ?

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Le nouveau luxe: c'est l'authentique. Voyageuse pas pigeonne, vous misez sur le local. Votre truc : quitter le troupeau et choisir les vrais bons plans façon saine incruste. Vous êtes une néo-travelleuse et ce guide est pour vous.

1. Mettre son appart en location

Pour voyager loin ou longtemps, il faut de l’argent. La première chose, c’est donc de diminuer les dépenses liées à la vie quotidienne qu’on quitte pour une semaine, un mois, un an : abonnements (internet, téléphone…), charges d’habitation… Pour éviter de laisser une maison ou un appart vides derrière soi tout en continuant à rembourser loyer ou emprunt, on peut les mettre en location et proposer un package incluant tous les frais. Parfois, quand elle est bien gérée et anticipée, la (sous-)location peut même générer un petit pécule, de quoi améliorer le quotidien dans un trip au long cours. Concrètement, pour recruter des occupants temporaires, le plus efficace est de placer une annonce sur des sites d’expats. Avec la présence de la Commission européenne, à Bruxelles, ils sont nombreux : craigslist.be, www.expatriates.com, ou airbnb (www.airbnb.be) dont le succès, exponentiel, a néanmoins fait gonfler l’offre par rapport à la demande.

Pourquoi on signe: parce que c’est gratuit, donc le montant qu’on fixe sur le site est aussi celui qu’on empoche. Il n’y a pas de commission retenue à la base. En revanche, il faut éviter de taper trop haut dans les prix ou être prêt à négocier : vu l’offre, vous n’êtes plus seules sur la place.

Là où on fait gaffe: il faut être prête à retrouver son appart avec des traces d’huile dans la salle de bains, une cuvette un peu entartrée et le frigo pas très frais. Le prix à payer pour s’offrir trois mois de surf en Australie.

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 2. Passer au Nightswapping 

Un cran plus loin que la simple mise en location de son appart, il y a le « nightswapping ». C’est de l’économie collaborative : grâce à une plate-forme en ligne (le site www.cosmopolitehome.com, une start-up française, est le mieux rodé), on « gagne » des points sous forme de nuits en mettant son nid à disposition d’autres voyageurs. On peut ensuite échanger ces points pour voyager à son tour. Il peut s’agir d’une chambre d’amis ou de tout le logement, on peut être présent ou non, propriétaire ou locataire, c’est ouvert à tous.

Pourquoi on signe: parce que l’hébergement est gratuit ! Ce n’est plus de la location, c’est du troc. Il n’y a plus d’argent en jeu. Ça permet de réduire sérieusement son budget logement en voyage. En visant loin, c’est aussi un concept écologique : plus on ouvrira sa maison aux autres, moins on construira de grands complexes hôteliers et moins on endommagera le décor.

Là où on fait gaffe: il faut être vigilant quant aux assurances. Le plus souvent, l’assureur propose un avenant à votre contrat d’habitation. Quand on est locataire, il suffit de déclarer le nom de la personne qu’on va accueillir et la durée du nightswap. C’est gratuit. Par contre, l’inscription sur le réseau de nightswapping est payante, elle. Mais pas très chère : les forfaits vont de trois mois à deux ans, de 34,90 € à 149,90 €. Et on reçoit jusqu’à sept nuits gratuites au moment de l’adhésion. Déjà une semaine de vacances à l’œil, pour l’hébergement en tout cas…

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 3. Oser le couchsurfing

« Couchsurfer », c’est littéralement « surfer d’un canapé à l’autre ». Cette formule, déjà un peu connue, s’adresse surtout aux baroudeurs qui parcourent le monde les mains dans les poches (vides), en quête d’expériences et d’aventures. C’est l’ancêtre de Airbnb, le rêve d’une poignée d’utopistes qui sont aujourd’hui un immense réseau étendu à travers le monde. Solidarité et hospitalité en sont les mamelles et pour s’y greffer, rien de plus simple : on s’inscrit sur le site www. couchsurfing.org et on s’y connecte via Facebook.

Pourquoi on signe: parce que la formule est gratuite et cool si on n’a pas peur de passer la nuit sur un matelas pneumatique (savoir qu’on n’est pas toujours accueilli dans un Molteni). Et puis, dormir dans le salon, ça crée des liens. Si l’hébergeur est « avenant », il peut vite se transformer en guide.

Là où on fait gaffe: on peut tomber de haut sur un vieux futon pourri mais, d’après les utilisateurs, les bonnes surprises sont plus nombreuses que les bad trips.

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4. Tenter le wwoofing

Pour jouer au gaucho en Argentine ou faire l’Uruguay de la plus roots (et la plus économique) des façons, on peut non seulement partager le gîte des locaux, mais aussi leur vie. évidemment, ça ne marche pas avec tous les business : on ne va pas squatter le bureau d’un trader quand on fait New York. Par contre, grâce au wwoofing (pour « Willing Workers On Organic Farms »), on peut jouer l’immersion totale dans des contextes plus agricoles. On est intégrée dans une famille, on partage ses repas, on dort sous son toit et la journée, on l’accompagne aux champs une partie du temps. Le reste, on le passe à crapahuter dans le décor, aiguillée par les conseils des autochtones. Il y a des fermes-accueil (whosts) aux quatre coins du monde, on google « wwoofing » + le nom d’un pays et on obtient la liste des membres. Pour tenter l’expérience pas trop loin de chez soi et en moins exotique (quoique, il y a une ferme bio à Orval qui déplace les foules), savoir que la Belgique compte trente-deux whosts.

Pourquoi on signe: en travaillant par exemple vingt-cinq heures par semaine à la ferme Nalolicious à Hawaai, Mark et Katie, un couple de « vagabonds in training », se sont offert un mois de mi-farniente près de la plage. Le journal de bord sur leur blog swoondivers.com présente une journée tradi entre le compost et les vagues. Ça a l’air plutôt cool.

Là où on fait gaffe: la pratique est un peu hors-la-loi. Quid en cas d’accident ? Pour éviter l’assimilation avec la main-d’œuvre illégale, on ne parle pas de travail mais de temps de partage, et on limite « l’effort » à quatre ou cinq heures par jour.

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5. Pratiquer le food surfing

Il y a se loger, et puis s’alimenter. On peut préférer le côté anonyme ou l’isolement d’un hôtel design et chercher les battements du cœur de la ville jusqu’au plus profond de ses tripes. Justement, c’est là que ça se passe. Après le couchsurfing qui consiste à dérouler son sac de couchage sur le divan d’un autochtone, on peut tenter le foodsurfing. Le concept : vous êtes affamée dans une ville, lassée des restaus formatés et de leur service dépersonnalisé et pourquoi pas, un peu fauchée ? Vous surfez sur www.cookening.com, et bim, c’est réglé, vous décrochez votre place à la table de gens accueillants (c’est l’idée) pour un repas homemade. Fini les restaus en tête à tête avec son Lonely Planet quand on voyage en solo, avec le food surfing, on n’est jamais seule loin de chez soi.

Pourquoi on signe: parce qu’en partageant la pitance d’un New-Yorkais, vous entrez dans sa vie, voire dans son corps (« Tu es ce que tu manges »… ) et ça, c’est gage de plein de choses très réjouissantes. En faisant cheesecake commun, il y a par exemple beaucoup de chances qu’il/elle vous en donne la recette, ou troque son ticket pour un showcase privé de Pharell Williams contre votre veste Acne. Le système fonctionne : le jour de son lancement, en mai 2013, cookening.com recensait déjà 1 500 inscriptions.

Là où on fait gaffe: la garantie du bon goût ne fait pas partie de la charte, mais des photos des spécialités des gens qui ouvrent leur table sont visibles sur le site. Ça permet de se faire une idée (le Paris-Brest de Benjamin, à Paris, ou les verrines de Philippe, à Ham-sur-Heure). En Belgique, le concept a encore du chemin à faire : on ne compte que trois inscrits.

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6. Lâcher le guide pour le greeter

On peut visiter une ville avec un guide à la main ou… main dans la main avec un guide. Ça s’appelle un « greeter », c’est gratuit et ça vous promène là où les guides (papier) ne vous emmènent pas forcément. Cette personne, on peut lui parler, lui faire part de ce qu’on (re)cherche… Comme elle est vivante et forcément volontaire (puisque bénévole), elle vous observe, vous cerne et répond avec une offre adaptée à la demande. Du coup, ça permet d’aller un peu plus loin dans les échanges culturels. Voire de se faire un ou une pote. Certains greeters poussent le bouchon un peu plus loin et proposent des services plus complets : entre la bonne copine et le concierge d’hôtel. C’est le cas par exemple de Rue Amandine, un concept créé par une Parisienne plus futée que le « Petit Futé ». Sous forme d’un roadbook, elle organise votre séjour de A à Z avec une formule d’hébergement en appartement, la réservation de spectacles ou de restaus… La fille vient de la pub, elle a ses bons tuyaux et sait y faire pour les communiquer. Surfez sur www.rueamandine.com (forfaits à partir de 150 euros pour une sélection de bonnes adresses et événements).

Pourquoi on signe: parce qu’on ne découvre jamais aussi bien une ville qu’à travers les yeux de ceux qui la vivent au quotidien. Et parce que ça ramène de l’humain dans le virtuel.

Là où on fait gaffe: depuis que les greeters sont cotés sur  Tripadvisor, on y va les yeux fermés. Sylvie, par exemple, a passé « un super moment » avec Philippe en découvrant le MuCEM, à Marseille. Allô, Philippe ? Le très cher est surbooké...

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  • Share c’est moins cher

Pour diminuer le coût des transports et rencontrer du monde, que ce soit des expats de retour au pays ou des voyageurs qui partagent notre goût de la wild life, il y a le toujours très actif système de covoiturage. En s’inscrivant sur le site (www.karzoo.be ou www.covoiturage.be), on a vite un aperçu des destinations et des dates disponibles. À raison de 20 € pour
un trajet Bruxelles-Paris, on bouge vite sans se ruiner.

  • Transit par la toile

Une autre façon de voyager pas cher, c’est de passer par la toile. Une bonne blogueuse, comme Khlauda Mollard (upupup.fr, lancé il y a quatre ans) finance 40 % de ses voyages grâce aux invitations liées à son blog. En mal de bons plans, pour se trouver LE bikini canon à Copacabana, elle se tuyaute via ses followers/amis sur Twitter et Facebook. Et quand elle ne « travaille » pas, elle se loge à prix cassé via des sites comme splendia.com ou sejourning.com.

  • Junk tourisme, mode d’emploi

Savoir qu’où qu’on soit, on est toujours le touriste d’un autre. Alors, si on veut sortir des sentiers battus et se fondre dans la masse pour vivre l’expérience localissime assortie à son hébergement, il faut aussi la jouer caméléonne. Arrêter le « airport look » et taper dans le plus ethnique, c’est tout l’art du junk touriste. Alors seulement, déguisée en fille du cru,
on pourra promener ses babouches loin des bus open-top et se laisser porter par la ville.

Manuella Damiens