On a testé : le yoga du rire pour retrouver la banane

Publié le 21 juin 2018 par Eloïse Pirard
On a testé : le yoga du rire pour retrouver la banane

Les études le prouvent, nous rions de moins en moins. Pourtant, une minute à s’ésclaffer équivaudrait à 45 minutes de relaxation. Pour contrer l’ambiance parfois morose ou le stress du quotidien, de nombreuses personnes rejoignent les clubs de yoga du rire. Pour mieux nous rendre compte de cette thérapie, on a testé pour vous une séance. 

Le yoga du rire repose sur un principe fondamental : le cerveau ne fait pas la différence entre un rire spontané et un rire provoqué. Dans les deux cas, il libérera de l'endorphine, cette petite hormone du bonheur. Sans faire la posture d'hirondelle sous le soleil couchant, on se détend et on fait donc le plein d'énergie en riant tout simplement.

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L'inscription

Le rendez-vous est pris. Mercredi 20h30, je vais tester le yoga du rire à Ixelles. Pour rester vierge de tout a priori, je décide de ne pas faire de recherches sur internet. J'ai tout de même une petite appréhension. Plusieurs pour être honnête. Premièrement, je n'ai jamais fait de yoga de ma vie (vous verrez que ce ne sera pas un problème par la suite). Deuxièmement, je suis incapable de me forcer à rire, même par politesse. Et cela m'a déjà valu quelques moments de solitude, croyez-moi.

Ensuite, prise de panique à l'idée de devoir faire rire les autres, j'essaie de me remémorer les quelques blagues que je connais depuis l'enfance. J'ai beau chercher, aucune ne me revient en tête. Pire, je me souviens alors que je n'ai jamais été très douée pour les raconter. J'essaie de relativiser en me disant que s'ils ne rient pas avec moi demain, les autres pourront toujours rire de moi.

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1/

Jour J

Je suis en retard. J’enfourne donc ma bouteille d'eau, mon plaid et un tapis de yoga emprunté (matériel demandé par le professeur) dans un sac visiblement trop petit et m’engouffre dehors direction ma séance de rire.

A peine arrivée dans la salle ce qui me frappe c'est la luminosité, ou plutôt son absence. Une espèce de clair-obscur règne au sein de cette salle de gymnastique. Au sol, de grands et longs tapis rouges. Le professeur accueille tous ses élèves chaleureusement et les invite à faire un cercle au centre du revêtement. Il y a beaucoup de quadras et quelques jeunes qui ont l’air de venir pour la première fois également. Tous ont déjà le sourire aux lèvres.

En guise d’introduction, Paul Flasse, le maître de cérémonie, nous rappelle que nous sommes ici pour nous détendre, pour passer un bon moment et pour évacuer tout le stress accumulé. En premier lieu, on nous demande donc de visualiser une boule remplie de tous nos tracas, nos problèmes, nos emmerdes et de la jeter au centre en poussant un grand « Je m’en fou » puis, de reprendre cette boule de négativité pour la jeter en l’air vers « l’univers » en s’exclamant «Et hop ». Débarrassés de toutes nos inquiétudes, on passe alors aux mouvements. On relâche ses bras, on tourne sur soi-même et on est parti sur la posture que j’appellerai du « flamand rose ». On se déplace à cloche-pied dans la pièce en échangeant des sourires timides ou des pouces en l’air en guise d’approbation avec ceux que l’on croise. Les exercices suivants s’enchaînent rapidement. On frappe dans ses mains vers le haut en poussant des « Oh Oh » et puis vers le bas avec des « Ha Ha Ha ». Une cadence que l’on reproduira plusieurs fois tout au long de la séance tel un gimmick. S’ensuivent des roulages d’épaules, des balades à travers la pièce en riant les doigts pointés vers le nombril, des duels de rire, mais aussi des exercices de respiration.

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Les rires jaunes et forcés se détendent et deviennent de plus en plus spontanés. On s’amuse de voir les autres s’esclaffer. L’ambiance est bon enfant. Après plus d’une heure, le moment est venu pour nous de passer à la méditation. On s’allonge sur le dos, et on nous demande de rigoler à nouveau. On sent alors plus précisément ces secousses de joie envahir notre corps et nos poumons se gonfler de bonne humeur. On entend les autres se marrer et on se laisse aller à son rythme. Certains ont énormément de coffre, d’autres en profitent simplement pour les écouter en souriant les yeux fermés. Quand les rires se taisent. Les soupires de contentement et autres bâillements s’entendent. Le professeur pose alors sa voix sur une musique douce et apaisante. Il nous demande de prendre conscience du relâchement de chacun de nos membres. De la douceur que représente le fait de s’être vidé l’esprit pendant plus d’une heure. On ferme les yeux, notre respiration ralentit et notre corps se délasse. Puis, paisiblement, chacun se réveille à son rythme. On bouge les extrémités, on sent l’énergie rejaillir et on se relève délicatement. Pour finir la séance, tout le monde s’applaudit chaleureusement.

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Bilan 

L’avantage avec le yoga du rire c’est que l’on sait rapidement si cela nous plait ou pas. Personnellement, même si je suis sortie détendue de cette expérience, je pense ne pas être très réceptive à ce genre de thérapies. Et alors que j’étais convaincue de ma capacité d’autodérision, je m’aperçois qu’il n’est pas toujours aisé de lâcher prise et d’abandonner son sérieux. Il faut parfois deux à trois séances pour arriver à se libérer totalement en présence des autres. Néanmoins, je me suis très vite rendu compte que les autres participants prenaient énormément de plaisir à simuler des rires, et que ces derniers devenaient spontanés au fur et à mesure que la séance avançait. Les bienfaits du rire ne sont plus à démontrer. Ces cours sont donc d’excellentes thérapies pour les gens stressés, anxieux, un peu déprimés ou qui ont simplement envie de se dérider. Je les conseille donc vivement aux personnes qui n’ont pas peur de se lâcher. Si le ridicule ne tue pas, il nous fait en revanche mourir de rire.

Infos 

Le cours que j'ai suivi se donnait à Ixelles. Mais les écoles du rire ne manquent pas en Belgique, retrouvez plus d'informations ici .