Sharing Beauty With All : quels changements pour une beauté durable ?

Mis à jour le 15 février 2018 par Marie-Noëlle Vekemans
Sharing Beauty With All : quels changements pour une beauté durable ?

Sharing Beauty With All, lancé en 2013, est un programme reprenant les nouveaux engagements de L'Oréal en matière de développement durable à horizon 2020. Pourquoi c'est important ? 

Le défi

En se donnant comme ambition d’atteindre encore un milliard de consommateurs dans les années à venir, le défi pour le Groupe L'Oréal est de produire plus, avec moins d’impact. Ce qui signifie améliorer l’empreinte des activités de la marque et en particulier celle des produits.

Cela signifie également associer les consommateurs car 65% d'entre eux  déclarent : «Il en va de ma responsabilité d’acheter des produits qui sont bons
pour l’environnement et la société.» Cependant, les études montrent que
ces propos ne sont pas encore toujours relayés par des actions. Alors comment combler ce fossé ?

LES ENGAGEMENTS ET OBJECTIFS POUR 2020 ?

Pour transformer leur vision en action, L'Oréal a défini 4 domaines d’engagements et au sein de chacun, des objectifs précis.

  • INNOVER DURABLEMENT

En 2020, 100% des produits démontreront un impact environnemental ou social positif.

  • PRODUIRE DURABLEMENT

En 2020, L'Oréal aura réduit son empreinte environnementale de 60%, tout en proposant ses produits de beauté à un milliard de nouveaux consommateurs

  • CONSOMMER DURABLEMENT

En 2020, les consommateurs de produits L’Oréal auront la possibilité de faire des choix de consommation durables.

  • PARTAGER LA CROISSANCE

En 2020, les salariés de L’Oréal auront accès, où qu’ils se trouvent dans le monde, à la couverture santé, à la protection sociale et à la formation. 100% des  fournisseurs stratégiques participeront à ce programme de développement durable. D'ici 3 ans, le Groupe aura permis à plus de 100 000 personnes issues de communautés en difficultés sociales ou financières, d’accéder à un emploi.

LE PROGRèS

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Interview avec Alexandra PALT, Directrice responsabilité sociétale et environnementale chez L’Oréal.

1. Selon vous, à quoi ressemblera la beauté du futur ? Vers quoi se dirige-t-on en termes d’innovation ?

Le métier de la beauté est riche de sens et porteur de valeurs, parce qu’il aide chacun à se sentir mieux avec lui-même et avec les autres. Et L’Oréal veut répondre à une diversité infinie de besoins et de désirs de beauté. Quand on regarde l’évolution de nos sociétés, les transformations que le monde vit et les aspirations de nos consommateurs, je pense que la beauté du futur sera bien sûr plus connectée et plus digitale, et qu’elle sera aussi plus durable, plus respectueuse de l’environnement et porteuse d’une contribution pas seulement au bien-être individuel mais à la société. Ce sont précisément d’ailleurs, digital et développement durable, les deux priorités stratégiques que s’est donné le Groupe L’Oréal pour les années à venir.

2. Quels sont les futurs challenges de l’industrie cosmétique ? Quels seront les prochains changements majeurs ?

Pour la partie beauté durable, qui est ma responsabilité au sein du Groupe, je pense qu’il y a deux challenges majeurs. Premier challenge, identifier des solutions techniques, qui n’existent pas partout sur tous les sujets. Il ne suffit pas d’avoir la volonté de s’améliorer, parfois c’est difficile. Les filières de plastique ou de verre recyclé, par exemple, sont encore en construction dans un grand nombre de pays. Second challenge, réussir à mobiliser nos consommateurs dans cette transformation. Il faut que nous réussissions à rendre le développement durable désirable, nous pensons que c’est de notre responsabilité. C’est un challenge pris à bras-le-corps par L’Oréal il y a trois ans et sur lequel nos marques sont aujourd’hui totalement mobilisées.

3. Pensez-vous qu’il est en train de “se passer quelque chose” dans l’industrie cosmétique et dans la manière dont les hommes et les femmes consomment les produits de soin ?

Le monde de la beauté vit une transformation indéniable. Les marques sont de plus en plus nombreuses et locales. Les marques naturelles, éco conscientes rencontrent des succès nouveaux et élargissent leurs audiences. C’est pourquoi au travers de nos objectifs en matière de développement durable, nous travaillons à la transformation et à l’amélioration de 100 % de nos produits et de nos marques pour répondre à ces aspirations. Améliorer tous nos produits ne nous permet pas seulement d’agir comme une entreprise responsable mais est également une formidable source d’innovation et de créativité, par exemple lorsque nous souhaitons remplacer des actifs de synthèse par des ingrédients présentant une meilleure biodégradabilité ou plus naturels, à efficacité constante bien sûr.

4. Cette tendance est-elle une prise de conscience du côté de L’Oréal ou est-elle née de la demande des consommateurs ?

C’est la rencontre des deux. L’Oréal s’inscrit dans une longue tradition de responsabilité. Et nous avons la chance d’être dirigés par Jean-Paul Agon, qui porte en lui la conviction que cette transformation est nécessaire. Mais cette tendance reflète également les désirs des consommateurs, qui partout dans le monde, souhaitent faire des achats plus durables et responsables. Ils veulent aussi des produits qui respectent la biodiversité, qui ont un impact moindre sur l’eau et qui apportent une contribution positive à la société.

5. Quelle est la plus grosse difficulté dans ce changement de production pour un groupe aussi énorme que L’Oréal ?

Le déploiement de notre programme Sharing Beauty With All avance bien, parfois même plus vite que prévu. Nous avons atteint et même dépassé par exemple en 2016 notre objectif de -60 % d’émissions de CO2, avec quatre ans d’avance. La transformation interne n’est donc pas une difficulté, au contraire d’ailleurs elle est reçue de manière très enthousiaste notamment par nos jeunes équipes. Parmi les défis qu’il nous reste à relever, je reviendrais plutôt sur la question de la consommation responsable, là où l’impact de nos produits est élevé. Il existe un décalage entre l’importance accordée par les citoyens aux questions de développement durable et ce qui prévaut dans leur esprit de consommateur au moment de l’achat. Réconcilier les convictions du citoyen avec les décisions du consommateur reste l’un de nos principaux challenges.

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