Qui sont ces belges rois de l’e-shopping?

Mis à jour le 8 octobre 2013 par Elisabeth Clauss
Qui sont ces belges rois de l’e-shopping?

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Demain, on s’habillera sur le web. Rencontre avec celles - et celui - qui mettent en place aujourd’hui les vitrines virtuelles. 

 1. Charlotte Ooms (24 ans) et Gaëlle Verwest (32 ans) --> Le social shopping

Gaëlle travaille comme commerciale pour une dizaine de marques de mode et d’accessoires, pour la plupart belges (Mia Zia, les coques d’iPhone Poker, les bougies Sens…). Charlotte, au moment de leur rencontre en 2010, est étudiante. Elles deviennent immédiatement super amies, partageant leurs coups de cœur mode. Charlotte est une collectionneuse de fringues, folle d’accessoires. En avril dernier, elle ouvre une boutique à Rhode-Saint-Genèse, Fashion Family, où elle vend des vêtements, des éléments de décoration, des sacs.

Leur site

www.blondiemarket.com, un blog d’humeur et de tendances, avec un e-shop mode et accessoires.

Comment elles ont démarré

Au départ, elles voulaient partager leurs bons plans avec les internautes. Elles créent donc un blog, et dès qu’elles font une trouvaille en mode, déco ou food, elles la commentent avec une photo. Rapidement, l’e-shop suit.

Qui fait quoi ?

Gaëlle gère le côté commercial du site. Elle contacte les marques, elle est est le côté « visible » du blog. Charlotte gère le côté créatif. Elle écrit les articles, tandis que Gaëlle prend les photos. C’est aussi Charlotte, « la fille derrière l’ordi », qui va traquer les dernières tendances. Elles postent en fonction de leurs goûts perso : « On ne va pas s’inventer de fausses passions. »

Le plus de leur site

« Nous avons peut-être une sélection plus large que les autres blogs, qui proposent des pièces en fonction de ‘‘l’humeur du matin’’. Nous partageons de nouvelles adresses, nous parlons des toutes dernières ouvertures de boutiques ou de restos à Bruxelles, et quand nous sommes en vacances, nous postons chacune notre petit reportage. »

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2. Charlotte Collard --> La personal shoppeuse de luxe

Belgo-colombienne, elle commence sa carrière de mannequin ici, s’installe à New York à 18 ans, puis à Los Angeles, Milan, Barcelone… Aujourd’hui, à 31 ans, elle  est de retour à Bruxelles avec une plate-forme commerciale qui fonctionne à la manière des « editor’s picks » des magazines, sauf que ses produits sont cliquables et achetables, sans surcoût. Le truc de Charlotte Collard, c’est le « tag me for shopping », un concept super malin qu’elle déploie sur les réseaux sociaux : on poste une photo de soi en cabine ou l’image d’une paire de chaussures dont on a envie, on tagge
@charlotte_collard, et elle répond gratuitement, en direct (si elle n’est ni dans un avion, ni, maman de trois bambins, en train de donner un biberon). Elle prête aussi son œil à des femmes qui n’ont pas forcément de gros moyens, et collabore avec Sammy Mourabit, le maquilleur de Madonna.

Son site

soyouthinkyoucanshop.com 

Un site d’inspirations, de conseils, d’online personal shopping : le premier au monde.

Comment elle a démarré

Après avoir étudié la gemmologie, elle s’est lancée dans la consultance de mode et la joaillerie. À 26 ans, elle s’installe à Zurich où elle  commence à créer ses tenues virtuelles. Net-à-porter lui propose de la vente par collaboration. De fil en aiguille, elle crée en 2009 un site de vente par affiliation, qui devient aujourd’hui
soyouthinkyoucanshop.com.

Le plus de son site 

Conseiller mais ne rien vendre, et toucher une commission sur nos achats. Son créneau : le haut de gamme. Sa sélection est élégante, avec une touche de modernité. Bref, elle s’adresse à celles qui souhaitent investir, pas changer de tenue à chaque saison.

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3. Sarah Levin Weinberg et Cathy Pill --> Les dompteuses de muses

La première, Française, a combiné études en comnunication, école de commerce et expérience en marketing en ligne. On ne présente plus la seconde, Bruxelloise, ex de La Cambre et un temps créatrice ultra-prometteuse.

Leur site

www.musestyle.com (en ligne à l’issue des fashion weeks, c’est-à-dire ces jours-ci), entre site d’inspiration et e-shop. Des muses (comme les it-girls Tiany Kirilof, Charlotte Collard, des stylistes stars, Cathy Pill herself et même « notre » Béa Ercolini) postent des tenues d’elles-mêmes, nourrissent leur moodboard online. C’est le principe du « click & buy » : on craque pour une tenue ? On clique et on est redirigée directement sur la boutique vendeuse d’origine.

Comment elles ont démarré

Quand elle se consacrait à 100 % à sa griffe, Cathy Pill passait son temps à répondre à des lectrices de magazines qui lui demandaient où trouver ses collections. Elle a participé à un « boost camp », trois mois de réflexion encadrée par des pros pour affiner son concept, qui a remporté le prix Bruxelles Capitale. Amies et complémentaires, Cathy et Sarah ont alors planché sur leur site, avec une équipe de développeurs et de designers web.

Qui fait quoi ?

Cathy Pill dévore les médias fashion mais aussi business et stratégie, et elle gère son « écurie » de muses. Sarah Levin Weinberg s’occupe du développement pratique et du marketing.

Le plus de leur site

MuseStyle est un site de curation visuelle. Ça signifie qu’on peut à la fois y découvrir du contenu éditorial et acheter ces mêmes looks prescripteurs de mode. Une tendance qui monte mais qui reste rare en Europe. Leur plate-forme permet aussi de shopper des pièces introuvables en Belgique et en France.

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4. Julie Wouters et Isabelle Gaudissart  --> L’épicerie fine de la mode belge

Julie Wouters tombe dans l’e-commerce pendant son parcours universitaire, elle y consacre son mémoire en économie. Elle fait ses armes dans une multinationale en marketing puis chez eBay Belgique. Isabelle est avocate puis juriste, puis fait son coming out dans la mode en 2005 chez Bellerose. Plus tard, marketeer au ELLE Belgique, elle croise la route de Julie, qui œuvre  au web du magazine.

Leur site

Famousbox.be, qui appartient au groupe Caméléon, est le premier e-department store avec une large sélection de créateurs et enseignes belges.

Comment elles ont démarré

À deux, en novembre 2010, elles lancent une boutique en ligne rassemblant des créateurs belges (vendredichic.com). Puis Julie et Isabelle croisent la route de Jean-Cédric Van der Belen, le fondateur des comptoirs privés Cameleon et du site de ventes événementielles snapstore.be. Il souhaite développer un e-department store belge et leur demande de mettre en place le projet avec ses équipes de développeurs et designers. En mars 2012 naît famousbox.be.

Qui fait quoi ?

Aujourd’hui, à 42 ans, Isabelle gère le contenu visuel et éditorial du site, et oriente le positionnement de l’offre. Julie, 37 ans, prend en charge le marketing et la com’.

Le plus de leur site

« Famousbox.be souhaite vraiment soigner et mettre en exergue son positionnement belge (Clio Goldbrenner, OMSK…) à côté de marques internationales. » La sélection est pointue, et le site constamment alimenté en éditorial sur le blog avec des idées de looks, des humeurs…

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5. Arthur Spaey et Valentine Witmeur --> Le seconde main 2.0

Moins de 50 ans à eux deux et déjà un solide parcours. Valentine étudie la com’ à Bruxelles, puis le management en luxe et mode à Milan. Au retour, elle lancé son blog d’inspiration (valentinewitmeur.com). C’est là qu’Arthur la repère (« J’aime son style, le fait qu’elle arrive à mélanger intelligemment luxe et fast-fashion »). On est en 2012, le jeune homme est manager d’un Pain Quotidien à Bruxelles. Il a en tête son projet de vente en ligne de vêtements de seconde main soignés. Sa mère adore organiser des vide-dressings, ses copines traquent les ventes de fripes sur Facebook : l’ancien étudiant en marketing flaire un potentiel.

Leur site

www.ohmydress.be, un site de vente de vêtements féminins de seconde main milieu de gamme, en excellent état et de bonne qualité, avec un service de prise et évaluation à domicile.

Comment ils ont démarré

Arthur démissionne de son job et lance l’affaire en fonds propres. Oh My Dress est en ligne depuis mars et le site a déjà brassé 1400 articles. Les fondateurs rencontrent les vendeuses et s’occupent ensuite de l’interface avec les acheteuses. Ils sont commissionnés sur les ventes, de 50 % pour les petits prix à 27 % pour le luxe.

Qui fait quoi ?

Arthur s’occupe de l’aspect business et de la partie opérationnelle du site. Valentine gère la mode : elle organise les rendez-vous avec les vendeuses, vérifie les pièces, fixe avec elles un prix juste.

Le plus de leur site

Des vêtements et accessoires impeccables (lavés et repassés, de collections récentes, avec un choix de marques très large), des services innovants (les vendeuses peuvent poster un lien vers leurs pièces sur leur mur pour les promouvoir auprès de leurs contacts), des événements (pop-up stores, ventes privées)…