Le minimalisme Birkinien de Stéphanie Anspach

StephanieAnspach-Portrait
Stephanie Anspach

Stephanie Anspach, a développé une collection épurée qui associe basiques et pièces plus travaillées. Directement inspirée par le style de l'icône 70's, Jane Birkin.

Elle nous parle de sa mode qui s'articule autour d'une devise "less is mode".

Quel est ton parcours ?

De mes 15 ans à mes 20 ans, j’ai fréquenté la Cambre, des amis y étudiaient. Ça m’a vraiment intimidée, si pas carrément découragée. Certaines personnes se mettaient dans des états nerveux incroyables pour des « fringues ». J’ai également fait un an à l’Atelier Lannaux, mais ce n’était pas pour moi. Et pourtant, je voulais vraiment réaliser mes propres vêtements. Je me considère comme un électron libre, à la différence des créateurs qui sortent des grandes écoles. Ce n’est pas ça, qui détermine le parcours. J'ai donc appris par moi-même.

Comment as-tu lancé ta marque ?

En 2014, à 22 ans, je me suis lancée avec une dizaine de pulls. J’ai eu la chance de bénéficier de l’appui de mécènes qui croyaient en mon projet, ce qui m’a permis d’avoir une liberté de création. J’ai donc commencé uniquement à travailler le haut, pas le bas avec comme devise « less is mode », empruntée au « less is more » de l’architecte minimaliste Ludwig Mies van der Rohe. Mon idée, si un pull est beau, on n’a pas besoin de pantalon ! C’était le concept de ma première vidéo qui filmait des nanas en pull et petite culotte dans le métro. Après le buzz de cette vidéo, je suis allée démarcher les boutiques, une tringle de vêtements dans ma voiture. Et ça a marché ! Ma marque est vendue dans cinq boutiques en Belgique.

L’été 2015 est ma première collection complète. J’y ai ajouté des pantalons très sobres qui ne détournent pas le regard du pull, qui reste la pièce maîtresse, une belle pièce réalisée à la main.

Comment se passe le processus créatif ?

Pour réaliser mes pièces, j’ai deux ateliers en Belgique. De mon côté, j’imagine, je dessine, je conçois les patrons avec une couturière et ensuite, on envoie le tout à l’atelier qui finalise les premières pièces. C’est ce qui explique les coûts, entre 100€ et 500€ à l'achat. Je mise sur des pièces intemporelles, confortables. J’utilise comme matière tout ce qui se travaille avec la maille, principalement la laine, mais j’aime aussi les gros cotons, comme pour les jeans, les cotons enduits, le velours côtelé, le jersey, la soie etc.

Comment définis-tu le style de ta marque ?

Ma silhouette est élégante et décontractée. Pour moi, l’effortless chic, c’est l’association d’un bon basique et d’une pièce travaillée. C’est comme ça que je construis mes silhouettes. J’admire les marques comme Jil Sander, Acne, Cédric Charlier. Quand j’imagine des collections, j’écoute du rap. Eminem, Jay-z, Drake ça m’inspire. Cette influence se traduit dans mes pièces avec les coupes loose, oversize. Ça me booste, ils ont une rage et une envie d’y arriver dans lesquelles je me retrouve.

Quelles sont tes inspirations ?

De façon générale, je suis très inspirée par Jane Birkin. Ça a toujours été ma muse, le déclencheur de ma créativité. Pour moi, elle traduit l’effortless au sens strict : un jean, un t-shirt, un tricot, des baskets, beaucoup de classe. Très basique, très naturelle. D’ailleurs, le mannequin de ma campagne lui ressemble. Elle dégage une pureté incroyable, de la modernité, de la fraicheur. Une élégance nonchalante. Dans mes vidéos, c'est un autre modèle, Esther au look très seventies.

Jane Birkin

Au-delà de Jane, il y a également le couple qu’elle forme avec Serge Gainsbourg. J’ai des vestes lignées inspirées de lui. Le paradoxe attrayant de sa pureté à elle à côté du rebelle, du génie. Un couple très moderne, scandaleux, romantique, sensuel, érotique. J’aime traduire cette sensualité en ne faisant porter qu’une culotte à mes mannequins.

Jane Et Serge

Les photos de la campagne AH16:

À quoi rêves- tu pour ta marque?

Mon rêve ? Que les jeunes de ma génération portent mes pièces !

www.stephanieanspach.be

Auteur Marie Guérin
Journaliste - responsable de la rubrique mode
Trop fauchée pour m'habiller bon marché - Marie Guérin

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