Le blokecore, c’est quoi ?
Le mot vient du terme anglais « bloke », qui signifie « mec lambda ». L’équivalent british de notre bon vieux « beauf » ou « gars normal » en somme. Ajoutez-lui un soupçon de nostalgie footballistique et une grosse louche de culture working class britannique, et vous obtenez ce mix improbable : un look inspiré des tribunes de Manchester ou de Liverpool dans les années 80-90, remixé version 2025.
Au programme ? Des maillots de foot vintage (plus c’est kitsch, mieux c’est), des baskets Adidas Samba, des jeans baggy ou des shorts cargo, un anorak zippé, parfois une banane en travers du torse ou une casquette vissée sur la tête. Bref, un style faussement négligé mais hyper étudié, dans la veine du normcore, du gorpcore, et de toutes ces tendances qui détournent des univers bien codés pour mieux les faire muter.
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Jouer les footix
Comme souvent, tout est parti de TikTok, où le hashtag #blokecore explose depuis 2022. Mais en réalité, le blokecore puise dans une histoire bien plus vaste. C’est la rencontre entre le foot, la mode et la culture pop. Celle des « casuals », ces supporters anglais qui se faisaient remarquer dans les stades autant pour leur sens du style que pour leur mauvaise réputation.
Aujourd’hui, le blokecore est beaucoup moins politique, et beaucoup plus esthétique. On ne cherche plus à afficher son club de cœur, mais plutôt à dégager une vibe, entre virilité molle et nostalgie 90s. Le tout avec une volonté manifeste de brouiller les genres, les classes sociales et les identités de genre.
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Pourquoi maintenant ?
Derrière cette tendance a priori potache, il y a une vraie réponse culturelle. Le blokecore, c’est un peu une manière de détourner un uniforme de mec de base, et d’en faire un statement mode. C’est autant un hommage à une esthétique oubliée qu’un pied de nez à l’idée de bon goût. C’est aussi, forcément, une énième vague nostalgique. Après les skateurs, les randonneurs, les clubbeurs berlinois et les fonctionnaires des années 70, la mode s’attaque à une autre figure iconique : celle du supporter de foot du dimanche, sac banane et bière tiède à la main. Et quand des marques comme Martine Rose, Wales Bonner ou Palace s’en emparent, on n’est plus du tout dans le cliché. On est dans une relecture stylée, queer, contemporaine.
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Comment l’adopter ?
La clé, c’est l’équilibre. On évite le total look qui flirte trop avec le cosplay hooligan. À la place, on choisit un maillot fort (de préférence rétro, type AC Milan 1998 ou Manchester United 1994) qu’on associe avec des pièces plus sobres : un jean droit taille haute, un blazer oversize, des baskets pointues ou une paire de mocassins twistée.
Côté accessoires, une banane en cuir ou une veste de pluie techwear suffisent à poser l’intention. On peut aussi mixer le maillot avec une jupe fluide, un trench ceinturé ou un pantalon à pinces pour casser le côté trop « meuf des gradins ». L’important, c’est de ne jamais avoir l’air déguisé, mais toujours un peu à côté. Comme si on sortait d’un match.