
“Cโest une vraie fashion inflation”, estimait rรฉcemment le webzine Business of Fashion. “Une augmentation disproportionnรฉe”, renchรฉrissait The Wall Street Journal : “le prix moyen des biens de luxe a grimpรฉ de 13% en 2013, alors que lโindice des prix ร la consommation, donc des biens courants, montait seulement de 1,5%. Un sac Chanel matelassรฉ coรปte aujourdโhui 4.900 $ (environ 4000 euros). Cโest 70% plus cher que le mรชme il y a 5 ans.โ
Pourquoi augmenter ses prix ? โParce que le prix du cuir augmente, rรฉpond-on chez Delvaux ร Bruxelles. Les gens mangent moins de viande, donc moins de veau (qui reprรฉsente 95 % de nos cuirs), il y en a donc moins sur le marchรฉ.โ Mais ceci ne suffit pas ร expliquer lโemballement des รฉtiquettes. โNos critรจres de qualitรฉ aussi ne cessent dโaugmenter: nous choisissons les peaux avec plus de soin que jamais, nous ne nous fournissons quโen Europeโฆโ Bref, lโindustrie du luxe a bien compris que qualitรฉ = luxe. Et que, plus elle vend du luxe, plus elle vend tout court. Cette stratรฉgie des prix astronomiques fait aussi son petit effet psychologique: un prix รฉlevรฉ, cโest autant de dรฉsirabilitรฉ en plus. Et une certaine exclusivitรฉ: la garantie de ne pas retrouver son cabas au bras de tout le mondeโฆ