Le 28 novembre, à BeCentral Bruxelles, la première édition du Femtech Hackathon réunira développeur·ses, designers, entrepreneur·es et étudiant·es pour une journée marathon (9h–21h) dédiée à la création de solutions technologiques pensées par et pour les femmes. Une initiative signée Clusity, High Her et FutureKind, soutenue par des partenaires comme Belfius, Delhaize, Malt, Sopra Steria ou De Cronos Groep, qui promet de bousculer les codes de l’innovation.

La tech reste un monde d’hommes

« L’idée est née d’un constat : la plupart des technologies et innovations sont encore conçues selon une approche dite “neutre”, qui ne prend pas suffisamment en compte les besoins des femmes », expliquent Juliette Malherbe (High Her) et Kristel Vanderlinden (FutureKind).
Le chiffre donne le vertige : moins de 1 % de la recherche et développement mondiale est spécifiquement dédiée aux femmes, alors qu’elles représentent plus de la moitié de la population et prennent près de 80 % des décisions d’achat.

Un déséquilibre que les fondatrices du Femtech Hackathon veulent contribuer à corriger : « Avec Rein et Elke de Clusity, nous avons voulu créer un espace où femmes et hommes engagés peuvent imaginer ensemble des solutions qui répondent vraiment aux besoins féminins, dans leur corps, leur vie, leur quotidien. »

L’innovation au féminin, bien au-delà de la tech

« Notre mission dépasse la technologie pure », poursuit Juliette. « Nous voulons encourager plus de femmes à se sentir légitimes dans les domaines technologiques, mais aussi inspirer les entreprises à concevoir des produits et services inclusifs. Quand on donne aux femmes la place et les outils pour innover, on crée une économie plus juste et plus performante. »

Au croisement de l’entrepreneuriat, de la créativité et de l’impact social, le hackathon s’annonce comme un véritable laboratoire d’idées et un tremplin pour celles et ceux qui rêvent de changer les choses concrètement.

Douze heures pour imaginer la tech de demain

De 9h à 21h, les participant·es formeront des équipes pluridisciplinaires réparties en quatre thématiques : santé, sport, retail et finance.
Ils auront douze heures pour identifier un défi, concevoir une solution, la prototyper et la pitcher devant un jury d’experts.
« Les profils techniques, business et créatifs seront mélangés, pour recréer l’énergie d’un vrai studio d’innovation où chaque voix compte », souligne Kristel.

Certain·es viendront avec une idée précise, d’autres simplement avec leur curiosité. L’objectif : faire émerger des idées nouvelles, accompagnées par des coachs issus de l’innovation, du design et de l’entrepreneuriat. À la clé : un prix par catégorie et un accompagnement post-événement.

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Quatre terrains d’exploration où les biais sont flagrants

Les organisatrices ont choisi ces quatre secteurs pour une raison simple : c’est là que les écarts entre les besoins féminins et l’offre actuelle sont les plus marqués.

  • Santé : les femmes sont encore sous-représentées dans la recherche médicale. Des pathologies comme l’endométriose, le SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques) ou la ménopause restent mal comprises, et les traitements souvent inadaptés.
  • Sport : la majorité des données et équipements sont conçus pour des morphologies masculines, avec à la clé des blessures plus fréquentes et une performance sous-évaluée.
  • Retail : les produits et parcours clients ne tiennent pas toujours compte de la réalité des femmes, qu’il s’agisse d’alimentation, de beauté ou de consommation responsable.
  • Finance : malgré une montée en puissance spectaculaire — d’ici 2030, les femmes détiendront près de 50 % de la richesse mondiale —, les services bancaires et assurantiels restent souvent pensés sans perspective de genre.

« Ce sont des domaines où les biais sont criants, mais aussi des gisements d’innovation incroyables », affirme Juliette.

Un déclencheur, plus qu’un simple événement

Pour les fondatrices, le hackathon agit comme un déclencheur d’énergie et de conscience.
« Certaines participantes repartent avec une idée qu’elles développent ensuite en startup. D’autres découvrent simplement qu’elles ont leur place dans la tech », raconte Kristel.
Quant aux entreprises partenaires, elles y voient souvent une prise de conscience : comprendre enfin que l’innovation féminine n’est pas un “nice to have”, mais une véritable opportunité économique et sociétale.

Fem Futures Collective : un mouvement en marche

De cette aventure est né le Fem Futures Collective, alliance des quatre fondatrices :
Kristel Vanderlinden (FutureKind), Juliette Malherbe (High Her), Rein Meirte et Elke Kraemer (Clusity).
Un collectif hybride et national dont l’ambition est simple : remettre les femmes au centre de l’innovation.

« Le Femtech Hackathon n’est pas qu’un événement d’un jour, concluent-elles. C’est un catalyseur. L’étincelle d’un futur où les technologies seront enfin pensées avec et pour les femmes. »

Informations et inscriptions sur Femtech-hackathon.com.