Le rendez-vous est donné le mardi 2 décembre. Un retour dans la Grosse Pomme sept ans après le très remarqué « Paris-New York » signé Karl Lagerfeld au Metropolitan Museum of Art, et surtout une manière pour le designer franco-belge d’imprimer sa patte dans l’ère post-Viard.

Première fois, grand format

Ce sera son tout premier défilé Métiers d’Art pour la Maison au double C. Et s’il faudra attendre octobre pour découvrir sa première collection de prêt-à-porter femme à Paris, Blazy donne déjà le ton avec ce choix hautement symbolique. Un clin d’œil à son propre parcours – il a officié à New York de 2016 à 2019 chez Calvin Klein sous Raf Simons – autant qu’à l’histoire de Gabrielle Chanel, dont les premiers allers-retours transatlantiques remontent aux années 30. « Il fera résonner l’énergie créative de la ville qu’il connaît si bien avec les savoir-faire exceptionnels de la Maison », glisse Bruno Pavlovsky, président des activités Mode de Chanel. Le ton est donné : faire dialoguer l’artisanat d’exception et la pulsation contemporaine de New York, mégalopole-monde et carrefour culturel.

Une tradition en mouvement

Lancé en 2002 par Lagerfeld, le défilé Métiers d’art s’est imposé comme un ovni dans le calendrier de la mode. Une ode annuelle aux brodeurs, plumassiers, paruriers, bottiers, chapeliers, plisseurs et autres artisan·es d’élite qui officient dans l’ombre, aujourd’hui réuni·es au sein du 19M, l’écrin parisien de Chanel dédié à ces savoir-faire. Chaque édition rend hommage à ce patrimoine vivant tout en s’ouvrant à une ville, une culture ou une histoire. Après Dakar, Manchester, Paris ou encore Hangzhou en Chine, c’est donc à New York que s’écrira le prochain chapitre.

Le mystère reste entier

Pour l’heure, Chanel garde jalousement le secret autour du lieu exact du défilé. Metropolitan Museum of Art ? Brooklyn Navy Yard ? Un rooftop en plein Soho ? Impossible de savoir. Tout juste sait-on que l’événement cherchera, une fois encore, à faire dialoguer un lieu, une ville et une vision de la couture ultra-exigeante.

En attendant, les projecteurs restent braqués sur Matthieu Blazy. Habitué des maisons prestigieuses (Raf Simons, Celine, Maison Margiela, Bottega Veneta), le créateur entame un passage à la vitesse supérieure. À lui de composer avec l’héritage titanesque de Chanel, sans tomber dans le pastiche. Et de prouver, peut-être, que l’artisanat – loin de perdre son souffle – peut rimer avec énergie contemporaine. Affaire à suivre à New York City.