C’est nouveau, c’est cool? Yeezus le dernier album de Kanye West

Mis à jour le 13 février 2018 par Elsa Fralon
C’est nouveau, c’est cool? Yeezus le dernier album de Kanye West

yeezus

Alors on va commencer par la base : les goûts et les couleurs...

Reçu ce matin à la rédaction : Yeezus, le nouvel album de Kanye West qui tourne déjà sur internet depuis quelques jours. Pour pouvoir fournir un jugement vierge de toute influence on a rien écouté, pas lu une critique, fermé les yeux devant les statuts facebook de nos potes criant au génie ou au scandale, nous étions donc, comme écrit plus tôt, vierges des tympans, à l'écoute de ce cd ce matin.

Première réaction, qui n'a rien à voir avec la musique (mais on va y venir): Oh génie de cette pochette. "L’effet de transparence, l’absence de logo, le coté kraft : complètement Margiela. L’aplat rouge, évoquant Mondrian, Saint Laurent à mort. Le concept, un CD qui symbolise sa musique dématérialisée qui leake partout depuis des semaines : politique, complexe, intellectuel", comme le disait si bien notre collègue Lauren Bastide sur le DailyELLE.

À regarder, l'album de Kanye est, selon nous, une pure merveille.

À écouter, c'est une autre histoire.

On est peut-être, sans doute, pas assez pointues, trop délicates (il fait un peu mal aux oreilles ce disque non?), mais franchement on n'a pas aimé, mais alors pas du tout.

Kanye pourquoi t'es si fâché? Pourquoi tu massacres Nina Simone? Pourquoi tu nous donnes envie de sauter par la fenêtre un lundi matin?

Probablement parce que tu ne te sens pas très bien. En écoutant les paroles, le flow vomissant de Kanye sur Yeezus, c'est un gros malaise qu'on ressent.

En apprenant que Rick Rubin est intervenu à la dernière minute sur cet album en modifiant la quasi-totalité du projet à peine trois semaines avant la deadline fixée par le label, modifiant les arrangements pour les épurer au maximum, on imagine le producteur légendaire poussant un Kanye trop bling, trop mégalo, trop Kardashiantisé dans ses retranchements.

Mais c'est là que le bât blesse. On a du mal à prendre dans la tronche les revendications, les pleurnichements, l'égocentrisme débile d'un mec comme lui. C'est un peu réducteur, mais c'est comme ça.

On regrette de n'avoir ressenti aucun petit frisson de plaisir déclenché par les premières notes d'un sample ou d'une prod (surtout quand on check les collabs: Daft Punk, Gesaffelstein, Brodinski, Rick Rubin...), mais on ne peut pas enlever à Yeezus le fait d'être le parfait reflet musical du chaos actuel dans lequel on vit: inaudible.