(Mauvaise) humeur: la rentrée, ça va pas aller…

Mis à jour le 20 février 2018 par Juliette Debruxelles
(Mauvaise) humeur: la rentrée, ça va pas aller…

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C’est quoi cette humeur de merde et ce temps de chien et cette tronche de brun qu’affichent les gens depuis ce matin ?
C’est juste la rentrée, gamin. Juste ça. Le hic, c’est que depuis que tu as deux ans et demi, tu es conditionnée à flipper ce jour-là. Ta mère en larmes en train de fourrer une mandarine dans ta boite à tartines, ça t’a flinguée dès la maternelle.
« Ça va ? T’as pas peur ? », qu’elle disait. « T’es grande hein maintenant, rholalaaaa ça va être chouetttte ». Sans blague ? T’y a pas cru, et de fait, c’était pas chouette.
Tu voulais même pas être grande, pour commencer. La vie en collectivité, l’odeur des toilettes sous le préau, lever le doigt pour parler, pour pisser, pour bouger. T'as jamais compris ce qu'on lui trouvait à cette vie qu'on t'imposait. La négation totale de ton petit confort familial.
Et ça a été comme ça chaque fin d'été. Avec plus ou moins d’entrain selon le quota d’examens à repasser et le nombre de poils au zizi des gars de ton année.
Alors depuis tu balises. Et tu réagis, parce que ça aussi, on te l’a dit !
Tu prépares ton cartable (même si ton cartable est un it-bag), tu achètes un agenda, tu prends de bonnes résolutions que tu notes sur une liste en papier avec un vrai crayon. Tu parles de digital détox, de ne plus péter les plombs dans les embouteillages grâce aux podcasts de France Culture que tu te promets d’écouter depuis que tu fais la maligne avec tes potes branchés.
Tu vas la winner, ton année !
Ton bronzage commence à foutre le camp mais tu résistes. Et tu colles des couches de « terre indienne » sur ta peau qui se débat. L’automne ne passera pas par toi. Tu t’enduis d’hectolitres de lotion irisée. Tu es huileuse, oui, mais pailletée.
Et c’est brillante et court vêtue que tu conduis tes gamins dans une version améliorée de ce qu’était ta propre rentrée.
Tu entres dans la cour de l’école en marchant sur un tapis rouge (vu sur Facebook), tu pimpes ta marmaille pour qu’elle rentre en rang serré dans le nouveau format carré d’Instagram. Tu les félicites virtuellement alors que le seul effort qu’ils ont fourni aujourd’hui est de répondre à l’obligation scolaire (loi du 29 juin 1983. Flippe pas, c’est pour justifier une once de rigueur journalistique dans ce déversement là).
Ça suffit. Pense plutôt qu’à 21h, les mômes seront crevés. Tu pourras regarder « Fear the Walking Dead » sans risquer de les entendre hurler.
Pense aux excuses impossibles à invoquer pendant l’été : « C’est pas moi c’est la SNCB / le temps qu’il fait / les embout’ à gérer / la grève / la fièvre".
Pense que la rentrée, c’est la fin de l’obligation d’épilation, le début du pyjama informe et du cheveux inutile à coiffer, puisqu'il va quand même finir par frisotter. Ce sont les combats ordinaires bien planquée derrière ton pc (il pleut, tu vas quand même pas aller manifester !), c'est la tête qui implose et t’empêche de penser à autre chose…
Bientôt Noël !